Sophie Cousineau

Archive du 20 février 2012

Lundi 20 février 2012 | Mise en ligne à 11h49 | Commenter Commentaires (11)

Un bonus avec un élastique

L’ancien grand patron de la Lloyds verra sa prime de 2010 amputée de 40%. Cette banque britannique pénalise Eric Daniels et 12 autres dirigeants actuels et passés en raison de pratiques douteuses dans la vente de produits d’assurance, rapporte l’agence Bloomberg.

Les coupes dans les actions versées en différé vont de 40% à 5%.

Le conseil d’administration de la Lloyds souhaite rendre ces dirigeants imputables des décisions prises par l’institution financière, bien qu’il ne juge pas que ces cadres soient individuellement responsables de la vente des produits d’assurance-prêt hypothécaire que les autorités réglementaires ont dénoncée. Cette banque a mis 3,2 milliards de livres de côté pour faire face aux conséquences financières de ces errements, ce qui devrait entraîner une perte de l’ordre de 2,6 milliards de livres pour l’année financière 2011.

Fait intéressant, c’est la première fois que des dirigeants du Royaume-Uni sont touchés par les nouvelles mesures de récupération de primes adoptées par les pays du G20 à la suite de la rencontre tenue à Pittsburgh en septembre 2009. (La déclaration finale se trouve ici.)

À ma connaissance, aucun grand patron canadien n’a été forcé de rendre sa prime, en tout ou en partie, bien que certain dirigeants aient renoncé à une partie de leur bonus de façon volontaire, ce qui est assurément moins humiliant.

Eric Daniels a démissionné de la Lloyds il y a un an. En 2008, il a piloté l’acquisition du prêteur hypothécaire HBOS, dont les pertes ont forcé le gouvernement à renflouer ce groupe bancaire, aujourd’hui détenu à 41% par les contribuables.

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