Sophie Cousineau

Archive, février 2012

Mardi 28 février 2012 | Mise en ligne à 14h09 | Commenter Commentaires (40)

Le vrai coût d’être tchum avec un dictateur

Des dépassements de coûts, cela arrive à tout le monde. Ce qui fait freaker les actionnaires de la firme d’ingénierie SNC-Lavalin, dans son avertissement de profits moindres, ce sont les indices de tripotage des comptes.

Ce que cela trahit sur la gestion de l’entreprise est beaucoup plus grave que le montant en cause. Il est question de 35 millions en paiements occultes qui ont été imputés à des projets de construction avec lesquels ils n’avaient aucun rapport. C’est un montant significatif, mais pas énorme pour une entreprise qui a empoché 437 millions de profits l’an dernier sur un chiffre d’affaires de 6,3 milliards de dollars.

On ne sait rien de ces paiements, puisque l’entreprise s’est enfermée dans son mutisme, se bornant à émettre un communiqué de presse de 20 lignes.

Mais, en l’absence d’informations plus élaborées de SNC, il est difficile de ne pas tirer de conclusions. De faire un plus un égale deux.

Cet avertissement de profits moindres tombe moins de trois semaines après le congédiement des deux hauts dirigeants de SNC étroitement associés à l’ancien régime dictatorial de Mouammar Kadhafi. Dont l’ex-contrôleur Stéphane Roy.

Dans quel poste comptable peut-on imputer les dépenses associées à l’évacuation de membres de la famille Kadhafi ? Si ce sont des frais de construction, il s’agit d’une construction très élaborée…

La révélation de ces paiements occultes pointe en direction d’une entreprise prête à tout pour entretenir des relations étroites avec un régime qui lui a donné pour plus de 1 milliard de dollars en contrats. Quitte à fermer les yeux sur toutes les exactions perpétrées sur les opposants et la population civile en Libye.

Cette affaire fait ressortir le prix énorme que SNC paie maintenant pour ses liaisons dangereuses en Libye.

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Lundi 27 février 2012 | Mise en ligne à 15h52 | Commenter Commentaires (3)

La fierté dans Fiera

On a beaucoup écrit, ces dernières années, sur l’érosion de Montréal comme place financière. Mais cette érosion n’est pas inéluctable.

C’est ce que démontre l’achat, par le gestionnaire montréalais Fiera Sceptre, de Natcan, cette filiale de la Banque Nationale née de l’ancienne firme de courtage Lévesque Beaubien Geoffrion. Cette transaction éventée la semaine dernière s’est concrétisée aujourd’hui.

Cette acquisition de 310 millions de dollars en espèces et en actions crée un joueur de plus grande envergure à Montréal dans la gestion d’actif. Or, cette industrie est beaucoup plus morcelée que ne l’est l’industrie bancaire. D’où l’intérêt pour le Québec d’avoir une firme avec une masse critique de 54 milliards en actif sous gestion.

Le crédit revient en grande partie à Jean-Guy Desjardins, le fondateur de Fiera Sceptre, qui conserve son poste de président du conseil et chef de la direction dans la nouvelle Fiera Capital.

Les gestionnaires de fonds ne connaissent pas leurs meilleures années. Les frais de gestion font l’objet de pressions à la baisse, autant chez les gestionnaires institutionnels que chez les gestionnaires au détail. Même si la volatilité en Bourse s’est récemment atténuée, les investisseurs sont encore allergiques aux investissements plus risqués. Ils privilégient des investissements plus sécuritaires avec des frais de gestion moins élevés. La concurrence dans la gestion institutionnelle s’accentue aussi, avec des firmes qui se diversifient dans ce créneau.

Jean-Guy Desjardins reste l’actionnaire de contrôle de Fiera. Mais, la pérennité québécoise de cette firme semble assurée avec la participation de 35% accordée à la Banque Nationale, que l’institution de la rue de la Gauchetière a le loisir de relever à 40%.

Au risque (assumé) de paraître joviale, il y a de la fierté dans Fiera.

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Il n’y a pas que les marchés boursiers qui ont donné des sueurs froides à la Caisse de dépôt et placement du Québec en 2011. L’institution a malgré tout tiré son épingle du jeu en 2011. (Lire à ce sujet le compte rendu de mon collègue Rudy Le Cours.)

Il y a la propriété du principal groupe boursier du pays, qui a fait l’objet d’une bataille pour son contrôle, puis d’une offre d’achat du consortium Maple, dont la Caisse fait partie. Mais cette transaction est en attente d’approbation depuis de longs mois. Et les inquiétudes exprimées par les autorités de la concurrence font craindre un refus.

En conférence de presse aujourd’hui, le grand patron de la Caisse, Michael Sabia, s’est toutefois montré «optimiste» quant à l’approbation, par les autorités réglementaires, de la vente du groupe TMX au consortium Maple.

Michael Sabia fonde son opinion sur ses impressions et les échanges continus entre les dirigeants de Maple et les autorités de la concurrence. Il dit ne pas disposer d’informations privilégiées.

«Si cela ne passe pas, qu’arrivera-t-il ?» a-t-il demandé. Michael Sabia dit craindre une mainmise sur le groupe TMX par un opérateur boursier étranger.

Mais si tant est que les grandes fusions boursières reviennent à la mode, ce qui n’est pas dit, vu les oppositions récentes, rien n’empêcherait un groupe boursier de rappliquer et d’acheter Maple et ses filiales. Feuille d’érable ou pas, les institutions financières membres de ce consortium ne sont pas du genre à résister à une prime alléchante.

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