Avec la fermeture de l’usine Mabe, un fabricant de sécheuses de l’est de Montréal mieux connu sous son ancien nom de Camco, disparaît le dernier fabricant d’électroménagers du Québec.
Ce qui frappe dans cette annonce, c’est à quel point cette décision est sans appel. Aucune concession salariale, aucune subvention de Québec ne pourrait faire changer d’idée l’entreprise mexicaine Mabe, contraction de Mabardi et Benondo.
L’écrasante majorité des sécheuses de Mabe de marque GE et Hotpoint sont exportées aux États-Unis. Et avec un dollar canadien qui flirte avec la parité avec le billet vert, une situation qui perdure, rien ne permet de compenser l’appréciation fulgurante du huard observée au cours de la dernière décennie.
Une économie moderne, axée sur le savoir et les services, est appelée à perdre ce genre d’emploi manufacturier. La production de l’usine de Mabe sera déménagée au Mexique et aux États-Unis, ce qui diminue les frais de main-d’oeuvre et les coûts de transport de ces appareils volumineux.
Mais, pour les 625 ouvriers touchés, des hommes et des femmes qui, jour après jour, se font un point d’honneur de bien accomplir leur travail, il s’agit d’un drame. Quand on n’est pas admissible à la retraite, où se trouver un nouvel emploi en industrie ? Comment se recycler à 40 ou à 50 ans ?
Cela me fait penser au discours à la nation du président Barack Obama, qui parlait mardi de la renaissance manufacturière des États-Unis, en citant la relance de Détroit. Le président américain souhaite retirer les avantages consentis aux entreprises qui expédient des emplois outre-mer et récompenser celles qui en rapatrient au pays.
Cela fonctionnera peut-être pour certaines productions plus sophistiquées ou encore celles qui souffrent de coûts élevés de transport. Mais pour les produits manufacturiers moins sophistiqués, l’exode paraît irréversible. Car, si les salaires grimpent en Chine, d’autres pays comme le Vietnam et le Cambodge attendent impatiemment leur tour.
C’est archiplate mais c’est ça.
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