Nous le savons tous, la frontière entre le bureau et la maison s’estompe de plus en plus avec les téléphones intelligents. Même avec de discrètes vibrations, les courriels et appels reçus en soirée nous sortent de plus en plus de notre ailleurs pour nous replonger dans le travail.
Pour imposer des limites au travail 24/7, le Brésil vient d’introduire un projet de loi pour le moins étonnant. Il force les entreprises du pays à payer en heures supplémentaires leurs employés qui répondent à des courriels ou discutent affaires sur leur sans-fil à l’extérieur de leurs heures de travail ! Lire à ce sujet cet article du Financial Times.
Ce projet de loi suscite une vive polémique au Brésil, surtout dans les grandes villes où nombre de dossiers se règlent au téléphone lorsque les cadres et salariés sont coincés dans les bouchons de circulation.
Les lois du travail au Brésil sont réputées lourdes et tatillonnes, et les employeurs se plaignent régulièrement de leurs coûts de main-d’oeuvre élevés, comparativement aux autres juridictions.
Que l’on soit pour ou contre, toutefois, ce projet de loi paraît difficile d’application. Imaginez remplir ou traiter des feuilles de temps supplémentaire où les minutes en soirée sont comptabilisées ?
En Allemagne, un pays pourtant réputé pour son efficacité, le géant automobile Volkswagen a mis en place juste avant Noël une mesure encore plus dramatique pour rétablir la frontière entre travail et repos, à l’insistance des syndicats. Les travailleurs et professionnels syndiqués qui disposent d’un BlackBerry fourni par le constructeur automobile ne reçoivent plus aucun courriel 30 minutes après la fin de leur quart de travail. Les serveurs de l’entreprise acheminent ces courriels seulement 30 minutes avant le début de la prochaine journée.
J’en connais qui seraient contents. J’en connais qui vireraient fous.
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