Sophie Cousineau

Archive du 9 janvier 2012

Lundi 9 janvier 2012 | Mise en ligne à 22h57 | Commenter Commentaires (40)

Équité sur les conseils: là où il y a de l’homme…

La ministre québécoise de la Condition féminine, Christine St-Pierre, a convaincu son ex-collègue Monique Jérôme-Forget de quitter le soleil du Mexique où elle migre en hiver pour une petite semaine à patauger dans la gadoue montréalaise. Et à entendre l’ancienne ministre des Finances du Québec, si elle a enfilé ses bottes d’hiver, c’est uniquement parce que la cause lui tient à coeur.

Monique Jérôme-Forget coprésidera la nouvelle Table des partenaires influents avec Guy Saint-Pierre, l’ancien grand patron de la firme d’ingénierie SNC-Lavalin. Ce comité a pour tâche de conseiller le gouvernement du Québec sur les meilleurs moyens d’inciter le secteur privé à accroître la présence des femmes dans les équipes de direction et les conseils d’administration.

«C’est clair qu’il y a toujours un plafond de verre ou un plancher collant», dit Monique «la Sacoche» avec son sens de la formule proverbial.

Le qualificatif d’influents n’est aucunement galvaudé. Les gens d’affaires qui siègent sur ce comité sont des dirigeants accomplis: Yvon Charest (Industrielle Alliance), Jacynthe Côté (Rio Tinto Alcan), Paule Gauthier (Stein Monast), Serge Godin (CGI), Isabelle Hudon (Financière Sun Life – Québec),  Hubert T. Lacroix (Radio-Canada), Monique Leroux (Mouvement Desjardins), Brian Levitt (Osler).

Plusieurs raisons expliquent la faible représentation des femmes à la tête des entreprises. Il arrive que certaines femmes hésitent à accepter une nomination parce qu’elles refusent de sacrifier leur vie de famille ou leur qualité de vie. Mais le plus souvent, les dirigeantes compétentes ne reçoivent aucun coup de fil, étant hors circuit. «Elles n’ont pas nos contacts et nos réseaux d’affaires, tout simplement», note Guy Saint-Pierre.

Cette discrimination est documentée, déplorée, dénoncée depuis des années. Pour remédier au problème, on a même monté un volumineux répertoire de candidates administratrices avec leurs compétences et leurs expériences. Et pourtant, la situation n’évolue à peu près pas. Enquête après enquête, il y a toujours moins de 15% de femmes sur les conseils au pays. Et le Québec ne fait pas meilleure figure.

«Je suis confiante que nous verrons des progrès prochainement», dit la ministre St-Pierre, sans fixer d’échéancier précis pour atteindre une représentation équitable qu’elle situe dans une fourchette de 40% à 60% de femmes administratrices.

On aimerait tellement partager son enthousiasme !

Les conseils d’administration se renouvellent très lentement, avec les mandats de plusieurs années qui ne viennent pas tous à échéance en même temps. Et à ma connaissance, aucune juridiction n’a réussi à faire évoluer les choses de façon marquée sans une loi contraignante.

C’est ce que la Norvège a fait. Depuis 2008, toutes les entreprises à capital ouvert du pays doivent compter au moins 40% de femmes sur leur conseil.

C’est ce que le Québec a fait en 2006 à l’instigation du premier ministre Jean Charest. Le gouvernement libéral a donné cinq ans aux 22 sociétés d’État du Québec pour atteindre la parité hommes-femmes sur leurs conseils d’administration. Et si neuf de ces sociétés n’ont pas encore atteint cet objectif, toutes s’en approchent.

Bref, penser qu’on va récurer ce «plancher collant» grâce à un pouvoir quasi télépathique de persuasion tient je le crains de la pensée magique. Là où il y a de l’homme, il y a de l’hommerie…

Remarquez, je ne demande qu’à être contredite. Car légiférer la place des femmes à la haute direction des entreprises privées est un moyen hautement controversé qui répugne d’ailleurs à bien des femmes.

Lire les commentaires (40)  |  Commenter cet article






Lundi 9 janvier 2012 | Mise en ligne à 8h44 | Commenter Commentaires (37)

Votre téléphone a-t-il remplacé votre caméra ?

Oubliez Kodak, qui est à l’agonie, comme je l’expliquais dans cette chronique récente. Même les plus grands spécialistes du numérique comme Canon, Samsung et Sony s’arrachent les cheveux devant la perte de popularité de leurs appareils photo.

La cause de leurs angoisses existentielles ? Les téléphones intelligents, dotés de caméras de plus en plus performantes. Au point où plusieurs consommateurs jugent superflu de trimbaler un deuxième appareil.

Demain à Las Vegas, au Consumer Electronics Show, la grande messe du bidule électronique, les fabricants d’appareils photo vont tenter de démontrer qu’ils ne sont pas tombés en désuétude. Et cela, en offrant de nouvelles fonctionnalités qui, espèrent-ils, vont séduire les consommateurs, raconte l’agence Bloomberg dans un papier d’angle.

Caméras qui fonctionnent sous l’eau, zooms intégrés qui permettent de meilleures photos d’objets lointains qu’avec les téléphones, images qui se téléchargent sur l’ordinateur ou la télévision sans connexion filaire.

Les fabricants ciblent ainsi les mères, ces super consommatrices qui sont les plus susceptibles de vouloir des appareils simples d’utilisation en raison de leur (soi-disant) aversion à la technologie, note la consultante américaine Liz Cutting du NPD Group – la parenthèse est de moi.

Pour ma part, je préfère encore prendre des clichés avec mon appareil photo. Mais le fait est que je l’ai rarement à la portée de la main, alors que mon téléphone se trouve toujours au fond de mon sac. Aussi, à moins de se trouver en voyage, la majorité des grands et des petits moments de la vie sont saisis ou filmés grâce au téléphone…

Lire les commentaires (37)  |  Commenter cet article






publicité

  • Catégories

  • Blogues sur lapresse

  • Calendrier

    janvier 2012
    L Ma Me J V S D
    « déc   fév »
     1
    2345678
    9101112131415
    16171819202122
    23242526272829
    3031  
  • Archives

  • publicité