Sophie Cousineau

Archive, janvier 2012

Mardi 31 janvier 2012 | Mise en ligne à 15h16 | Commenter Commentaires (10)

La bonne nouvelle Fortress !

Enfin ! Dans la pluie de fermetures annoncées ces dernières semaines, c’est la bonne nouvelle du mois, voire de la décennie si on habite Lebel-sur-Quévillon, petite municipalité du Nord-du-Québec durement éprouvée par la crise forestière.

L’usine de Domtar à Lebel-sur-Quévillon va renaître après plus de six années d’arrêt. Elle avait été fermée à la suite d’un lock-out déclenché en novembre 2005, ce qui avait privé 700 travailleurs en usine et en forêt de leur emploi.

La société Fortress Paper, de Colombie-Britannique, rachète cette usine, un investissement de 232,7 millions de dollars. Plus de la moitié (132,4 millions) de cette somme provient d’un prêt remboursable sur 10 ans de la société d’État Investissement Québec. Lire à ce sujet cet article.

C’est un engagement significatif de Québec. Mais il se fait dans une production qui paraît porteuse, soit une pâte servant à produire un textile végétal qui entre dans la confection de vêtements.

Lorsqu’elle commencera, à une date encore inconnue, cette nouvelle production devrait créer 300 emplois directs, sans parler des emplois indirects en forêt. Pour une municipalité qui comptait jadis un peu plus de 3200 habitants, c’est très significatif.

Avec la relance de la mine Langlois voisine par la multinationale Nyrstar, annoncée cet automne, Lebel-sur-Quévillon,  «company-town» de Domtar taillée dans la forêt en 1966, peut donc entrevoir l’avenir avec plus de sérénité. Et mettre derrière elle le cauchemar des six dernières années.

Bravo au maire Gérald Lemoyne, qui n’a jamais baissé les bras.

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Lundi 30 janvier 2012 | Mise en ligne à 17h22 | Commenter Commentaires (8)

Taxe Tobin: l’exemple de Nicolas Sarkozy

La France imposera une taxe sur les transactions financières à compter du mois d’août, a révélé le président Nicolas Sarkozy dans une entrevue télévisée diffusée hier sur la chaîne d’informations en continu BFM TV.

«Il n’y a aucune raison pour que la finance dérégulée qui nous a conduits dans la situation que nous connaissons ne participe pas au redressement des comptes qu’elle a singulièrement contribué à dégrader», a dit Nicolas Sarkozy.

L’annonce de cette taxe survient à quelques mois des élections présidentielles, au moment où son rival socialiste François Hollande mène une charge à fond de train contre la haute finance, cet «adversaire sans visage». Bref, il s’agit d’un geste éminemment politique.

Mais il ne s’agit pas d’une taxe sur les transactions financières comme celle que Berlin et Paris espèrent imposer sur l’ensemble des transactions financières en Europe. La taxe française – calquée sur le «stamp duty» en vigueur à la City de Londres, bien que d’un pourcentage cinq fois moins élevé – sera d’une portée plus limitée.

Cette taxe de 0,1% s’appliquera à toutes les transactions d’actions et de titres émis par des sociétés françaises, de même que sur les swaps de défaillance (CDS). Et cela, où que soient situés les négociateurs. Nicolas Sarkozy espère ainsi éviter les délocalisations d’activités financières françaises.

Cependant, cette taxe ne s’appliquera pas aux transactions sur les obligations, contrairement à la taxe proposée par la Commission européenne, qui pourrait rapporter 55 milliards d’euros, selon ses calculs. En comparaison, la taxe française devrait rapporter 1 milliard d’euros sur une pleine année.

Sur le site de Rue89, Luc Lamprière décrit cette taxe symbolique comme un «attrape-nigaud».

Mais cette taxe même modeste pourrait considérablement freiner la spéculation dont les émetteurs français font l’objet, un objectif secondaire qui n’est pas inintéressant.

Nicolas Sarkozy a indiqué qu’il souhaitait «provoquer un choc, montrer l’exemple». Mais, pour l’instant, le seul choc qu’il a provoqué a été enregistré à la Bourse de Paris, où les titres des grandes banques françaises se sont repliés d’environ 7%, rapporte l’agence Bloomberg.

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Vendredi 27 janvier 2012 | Mise en ligne à 9h18 | Commenter Commentaires (58)

La fin de l’électro québécois

Avec la fermeture de l’usine Mabe, un fabricant de sécheuses de l’est de Montréal mieux connu sous son ancien nom de Camco, disparaît le dernier fabricant d’électroménagers du Québec.

Ce qui frappe dans cette annonce, c’est à quel point cette décision est sans appel. Aucune concession salariale, aucune subvention de Québec ne pourrait faire changer d’idée l’entreprise mexicaine Mabe, contraction de Mabardi et Benondo.

L’écrasante majorité des sécheuses de Mabe de marque GE et Hotpoint sont exportées aux États-Unis. Et avec un dollar canadien qui flirte avec la parité avec le billet vert, une situation qui perdure, rien ne permet de compenser l’appréciation fulgurante du huard observée au cours de la dernière décennie.

Une économie moderne, axée sur le savoir et les services, est appelée à perdre ce genre d’emploi manufacturier. La production de l’usine de Mabe sera déménagée au Mexique et aux États-Unis, ce qui diminue les frais de main-d’oeuvre et les coûts de transport de ces appareils volumineux.

Mais, pour les 625 ouvriers touchés, des hommes et des femmes qui, jour après jour, se font un point d’honneur de bien accomplir leur travail, il s’agit d’un drame. Quand on n’est pas admissible à la retraite, où se trouver un nouvel emploi en industrie ? Comment se recycler à 40 ou à 50 ans ?

Cela me fait penser au discours à la nation du président Barack Obama, qui parlait mardi de la renaissance manufacturière des États-Unis, en citant la relance de Détroit. Le président américain souhaite retirer les avantages consentis aux entreprises qui expédient des emplois outre-mer et récompenser celles qui en rapatrient au pays.

Cela fonctionnera peut-être pour certaines productions plus sophistiquées ou encore celles qui souffrent de coûts élevés de transport. Mais pour les produits manufacturiers moins sophistiqués, l’exode paraît irréversible. Car, si les salaires grimpent en Chine, d’autres pays comme le Vietnam et le Cambodge attendent impatiemment leur tour.

C’est archiplate mais c’est ça.

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