Sophie Cousineau

Archive, décembre 2011

Jeudi 29 décembre 2011 | Mise en ligne à 12h46 | Commenter Commentaires (25)

Pour en finir avec 2011

Désolée de cette longue pause. Il y a eu un certain 25 décembre, avec tout ce que cela implique en préparatifs et abus de toutes sortes, et je ne suis pas tout à fait remise du passage de ce bulldozer.

Tout cela pour dire que je viens de compléter mon traditionnel abécédaire de l’année, que vous pourrez lire dans les pages de La Presse Affaires ce samedi. Un autre palmarès, direz-vous. Oui et non. Parce que l’exercice de décortiquer une année riche d’actualité en 26 temps impose un retour en arrière comme on le fait rarement dans le tourbillon du quotidien. Surtout que les journalistes sont tout naturellement portés à regarder en avant.

Ce qui frappe ? La naïveté des investisseurs en début d’année, qui espéraient, en se croisant les doigts, que la crise financière soit chose du passé. Or, l’endettement public aux États-Unis mais surtout en Europe a rappelé à la planète à quel point cette reprise est fragile.

Les pays européens n’ont pas encore trouvé de mur coupe-feu pour limiter la contagion en cas de défaut. Les taux d’intérêt sur les obligations grimpent. Les Européens s’entre-déchirent au sujet des mesures d’austérité, des fonds publics pour résorber la crise, de la coordination des politiques économiques et fiscales. Aussi, il n’est plus impensable d’évoquer l’éclatement de l’Europe ou la disparition de l’euro.

C’est assurément le feuilleton de l’année. Mais ce n’est peut-être pas ce qui vous a marqué le plus. Pour ma part, je suis renversée par la vitesse avec laquelle la plus grande techno du pays, Research in Motion, a perdu son ascendant sur le marché des téléphones intelligents. La technologie a beau être darwinienne, la descente aux enfers de RIM est affolante pour le Canada, qui compte peu de champions nationaux de cet ordre.

2011, c’était aussi l’année du Plan Nord, du débat sur les redevances, de la bataille pour le contrôle des Bourses de Toronto et de Montréal, de la place du français à la Caisse de dépôt et placement du Québec, de la rivalité entre syndicats et détaillants (Couche-Tard, Zellers/Target), du départ de Steve Jobs, des indignés de Wall Street, de la place Victoria et d’ailleurs. C’est sans parler de cette autre année perdue en Bourse pour les investisseurs.

Et vous, qu’est-ce qui vous a marqué le plus en 2011 ?

J’en profite pour remercier tous les internautes qui fréquentent cet espace et qui relèvent la discussion avec leurs remarques pertinentes. De joyeuses Fêtes à vous, chers amis !

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Mercredi 21 décembre 2011 | Mise en ligne à 12h43 | Commenter Commentaires (59)

Consommatrice au bord de la crise de nerf

Excellent dossier que celui de ma collègue Stéphanie Grammond sur les commerçants et les entreprises qui nous poussent à bout de nerfs (Qu’est-ce qui vous a fait enrager en 2011 ?). Et qui tombe à point nommé en cette période d’effervescence durant laquelle les cartes de crédit font des heures supplémentaires.

En effet, il n’y a rien de plus exaspérant que de se battre avec un magasin ou un fabriquant (et ils se renvoient la balle) au sujet d’un produit de piètre qualité qui nous lâche quelques mois après avoir été déballé.

Comme l’explique Stéphanie Grammond, la garantie légale offerte sur tous les produits vendus au Québec est un beau concept. Mais il est difficile de l’appliquer au quotidien, tellement la notion de «durée de vie raisonnable» laisse place à l’interprétation. Et celle des commerçants est fort restrictive…

Par ailleurs, Bell Canada, Best Buy et Sears Canada figurent dans cet ordre au top 3 des entreprises visées par les plaintes reçues à l’Office de la protection du consommateur.

Je n’ai pas eu le bonheur d’avoir à régler un dossier avec Bell cette année en passant par le dédale téléphonique de son service à la clientèle. Heureusement !

Ce qui m’irrite le plus, et le problème ne date pas de 2011, ce sont les erreurs d’étiquetage. Elles touchent a peu près tous les commerçants, toutes industries confondues.

Si on passe en revue ses coupons de caisse, on réalise à quel point ces erreurs sont fréquentes. Les montants sont souvent dérisoires. Mais c’est une affaire de principe. Cependant, qui a envie de contester sa facture une fois rentré à la maison ? Il faudrait ressortir à pied, voire reprendre sa voiture pour des kilomètres.

Qui a envie d’expliquer la politique d’exactitude des prix à une caissière dubitative qui n’en a jamais entendu parler, alors que huit clients tapent du pied derrière en faisant la file ?

Pourtant, le privilège accordé aux marchands de ne pas étiqueter tous leurs produits individuellement vient avec des responsabilités. Dont celle de dédommager les consommateurs floués en cas d’erreur. (Article gratuit s’il vaut moins de 10$ ou déduction de 10$ sur le prix corrigé. Lire à ce sujet la Politique d’exactitude des prix de l’Office de protection du consommateur.)

Mais si on administrait un test à toutes les caissières et caissiers du Québec, je parie que plusieurs l’échoueraient, faute d’avoir eu ces renseignements de leur employeur. Voilà, c’était mon cri de consommatrice à bout de nerfs de 2011.

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Lundi 19 décembre 2011 | Mise en ligne à 18h49 | Commenter Commentaires (42)

Des Lego pour les filles

Quand j’étais petite, je jouais souvent aux Lego avec mon frère. Les petites briques aux couleurs primaires servaient à bâtir des maisons, des ponts ou toute autre construction que nous échafaudions dans notre tête. Ce n’était pas à proprement parler un «jouet de petit gars». C’était un jeu de construction qui faisait appel à l’imagination.

Aujourd’hui, en revanche, les jeux Lego sont presque tous destinés aux garçons, exception faite des Duplo, les Lego des enfants d’âge préscolaire. La majorité des boîtes de briques reprennent les thèmes de films populaires: Star Wars, Bagnoles, Pirates des Caraïbes et j’en passe. De plus, plusieurs de ces jeux représentent des scènes de batailles.

Ce parti pris pour les garçons a fait la fortune de Lego ces dernières années, raconte Business Week dans un dossier fascinant. Les revenus de cette entreprise à capital fermé ont augmenté de 105% depuis 2006 et ont dépassé le cap du 1 milliards US l’an dernier, selon le rapport annuel de cette entreprise danoise.

Mais, pourquoi se priver de la moitié des enfants de la planète ? Ainsi, Lego fait une nouvelle tentative – sa cinquième ! - pour séduire les fillettes en lançant une série de jouets appelée Lego Friends. Il a fallu quatre années de recherche et de développement à cette entreprise qui pensait uniquement en fonction des garçons pour mettre au point cette nouvelle gamme de jeux pour les 5 à 12 ans. (Et 12 ans me semble beaucoup pour ce que j’ai vu.)

Il s’agit de jeux de rôle dans des environnements réalistes qui mettent en scène des fillettes. Lego a aussi introduit six nouvelles couleurs, dont des pièces lavande. Voir la vidéo ci-haut.

Curieusement, ces jeux ne seront pas offerts avant Noël. Aux États-Unis, ils arriveront en magasin (Walmart, Toys «R» Us, Target) en janvier. Lego affirme qu’avec cette stratégie de mise en marché, ce fabricant de jeux profitera d’un plus grand espace dans les rayons et d’un meilleur impact visuel.

Mais, autant je pense que c’est une bonne chose d’offrir des Lego qui plaisent aux filles, autant cette arrivée tardive, en janvier, me paraît curieuse.

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