On a fait grand cas, la semaine dernière, des réticences de la communauté financière du Québec envers le rachat par Maple du Groupe TMX, propriétaire des bourses de Toronto et de Montréal. Ce consortium Maple regroupe 13 des plus grandes institutions financières et caisses de retraite du pays.
Mais depuis le début de ce feuilleton, c’est l’appui de la commissaire de la concurrence, Melanie Aitken, qui est le plus névralgique à cette transaction de 3,8 milliards de dollars. Or, c’est cet appui qui fait maintenant défaut. (Le titre du groupe TMX devrait d’ailleurs plonger en conséquence…)
La commissaire a informé les dirigeants du consortium Maple de ses «sérieuses préoccupations quant aux conséquences probables des transactions proposées sur la concurrence», a fait savoir Maple par communiqué, un peu après minuit la nuit dernière.
Clairement, l’acquisition du concurrent Alpha par TMX, qui concentrerait plus de 80% du volume de négociation au pays entre les mains d’un seul groupe, pose problème. L’intégration des deux chambres de compensation CDCC (produits dérivés) et CDS (actions) soulève aussi des interrogations, d’autant que CDS, une mutuelle, serait convertie en société à but lucratif.
La commissaire, «qui n’a pas encore tiré de conclusion finale», tend une perche au consortium Maple. Elle évoque des «mesures correctives que Maple pourrait être prête à prendre à l’égard de ses préoccupations (qui) pourraient avoir une incidence sur son point de vue actuel».
Traduction : laissez tomber Alpha, repensez à votre façon d’intégrer CDCC et CDS, et je pourrais donner ma bénédiction.
Mais Luc Bertrand et ses partenaires sont-ils prêts à abandonner Alpha, une condition à la réalisation de leur transaction ? Surtout, seront-ils capable d’en venir à une nouvelle entente avec 13 institutions autour de la table ?
C’est maintenant que cela se joue.
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