J’entretiens une relation amour-haine avec le Adonis qui se trouve à cinq minutes de chez moi.
Il faut être complètement maso pour y aller un samedi, un dimanche ou même un vendredi, à moins de se pointer à l’ouverture du matin. Et si l’on tient le moindrement à la carrosserie de sa voiture, il faut se garer loin de l’action et de tous les paniers d’épicerie qui sont abandonnés ça et là sur le stationnement. Ce qui explique qu’on ne trouve parfois plus aucun panier à l’entrée même du commerce…
Puis il y a la cohue devant le comptoir des noix et des olives, le comptoir des fromages et des charcuteries, le comptoir des viandes. Des clients laissent leurs carrosses en pleine allée, créant de jolis embouteillages. Bref, il faut être très, très zen pour aller chez Adonis.
Et pourtant, je ne changerais pas Adonis. J’adore son poulet Shish Taouk et ses cailles marinées, sans lesquels mes étés BBQ ne seraient plus pareils. J’aime les kebbés végétariens et le humus maison, même s’il y a de grandes variations dans le dosage de l’ail et du tahiné. Et j’aime y acheter mes fruits, mes légumes et mes herbes.
Ces produits d’une grande fraîcheur sont offerts à des prix qui défient toute concurrence. Incluant celle de Metro, dont les fruits et légumes, toutes catégories confondues, sont nettement plus chers.
Que changera la prise de contrôle d’Adonis par Metro ? Au terme de cette transaction (d’un montant secret) qui comprend aussi le distributeur Produits Phoenicia, l’on peut penser que plusieurs produits méditerranéens feront leur entrée sur les tablettes des épiceries Metro.
Mais est-ce que les prix de Metro s’insinueront chez Adonis, même si le détaillant et le distributeur seront toujours administrés par les fondateurs, les frères Elie et Jamil Cheaib et Georges Ghrayeb, qui conservent 45% de leur entreprise ?
C’est la question que me posent, avec justesse, plusieurs lecteurs.