
Un mineur chinois porte un sac dans une mine de terres rares de la province du Jiangxi. Photo d'archives, Reuters.
Ils se classent parmi les minerais les plus prometteurs, et le Québec est choyé d’en avoir dans son sous-sol. Malgré tout, la flambée des prix des terres rares s’éteint, alors que des géants industriels comme Toyota et General Electric ont mis au point des produits et des procédés de substitution.
Pourquoi ? Parce que la Chine, le plus grand producteur de terres rares au monde avec plus de 95% des expéditions mondiales, a abusé de sa position dominante.
Depuis 2006, la Chine réduit ses exportations de terres rares à tous les ans. Officiellement pour protéger ses réserves et l’environnement. Officieusement pour répondre à la demande de ses groupes industriels au détriment de leurs rivaux étrangers.
Résultat : une flambée des prix du cérium, du lanthane, du néodyme, du praséodyme, entre autres terres rares.
Le dernier tour de vis de la Chine, à l’été de 2010, a fait déborder la coupe des industriels japonais et américains qui comptent sur ces minerais pour produire leurs voitures électriques, leurs éoliennes, leurs aimants et leurs catalyseurs.
Des groupes comme Toyota et GE ont mis leurs nombreux ingénieurs sur ce dossier. Mission: trouver des produits de substitution. Et dans bien des cas, ils ont réussi à trouver des solutions moins coûteuses, même si pas toujours aussi efficaces, raconte l’agence Bloomberg dans ce dossier fascinant.
Résultat: les prix des terres rares, qui ont touché un sommet en juillet, ont depuis reculé de 13% en moyenne. Et cette chute pourrait bien se poursuivre. Un analyste de la firme new-yorkaise Hallgarten & Co s’attend à ce que les prix du cérium et du lanthane chutent de 50% au cours des 12 prochains mois.
En ce sens, les producteurs québécois sont les victimes collatérales de l’avidité chinoise. L’indice Bloomberg des producteurs de terres rares a reculé de 41% depuis trois mois. Et c’est la société montréalaise Quest Rare Minerals qui mène le bal avec une chute de 60% de son titre.
Grande consolation, la demande pour les terres rares devrait continuer à excéder la production, même avec l’entrée en exploitation de nouvelles mines en Australie et en Californie en 2014. Mais les prix élevés de ces minerais pourraient se faire rares…
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