Sophie Cousineau

Archive, août 2011

Mercredi 31 août 2011 | Mise en ligne à 13h19 | Commenter Commentaires (10)

AT&T : le «kill fee» de l’année

Photo d'archives, AFP.

Photo d'archives, AFP.

Le gouvernement américain vient de déposer une requête devant une cour fédérale de Washington pour bloquer la fusion d’AT&T et de T-Mobile USA, une transaction de 39 milliards de dollars américains.

Ce n’est pas une surprise. Numéro quatre du sans-fil aux États-Unis, T-Mobile est un opérateur reconnu pour ses forfaits peu coûteux qui séduisent de nombreux consommateurs. Selon toute vraisemblance, sa disparition entraînerait une hausse des prix des communications sans fil aux États-Unis.

C’est ce qui s’est vu au Canada lorsque Rogers Communications a mis la main sur Microcell à l’automne de 2004 – lire à ce sujet ce commentaire mis en ligne en mars dernier. (Malheureusement pour les consommateurs canadiens, le Bureau de la concurrence n’est toutefois pas intervenu à l’époque.)

Ce qui étonne dans cette histoire, c’est l’importance des frais de résiliation, les fameux «kill fee», selon l’expression consacrée chez les gens d’affaires.

En effet, si cette transaction échoue, AT&T devra verser 3 milliards comptant à Deutsche Telecom, la société mère de T-Mobile USA, selon ce que rapporte Bloomberg. En plus, AT&T devra céder du spectre à T-Mobile USA en plus de réduire ses frais de partage de réseau. Au total, selon ce qu’a déclaré récemment Deutsche Telecom, l’ensemble de ces mesures équivaudrait à des frais de 7 milliards US.

Sept milliards ! Cela donne un nouveau sens à l’expression échec cuisant.

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Mercredi 31 août 2011 | Mise en ligne à 10h22 | Commenter Commentaires (7)

La citation du jour

«Nous voulons permettre aux entrepreneurs québécois de faire une sortie qui leur permettra de continuer d’être fiers en allant à l’église le dimanche et en rencontrant leurs employés à l’épicerie.»

Pierre Boivin, nouveau président de Claridge, au sujet des investissements que la société de placements de Stephen Bronfman compte réaliser dans des PME québécoises qui manquent de relève, mais qui veulent continuer de grandir à l’international.

Alors que toute une génération d’entrepreneurs s’apprête à partir à la retraite, ces capitaux privés représentent une avenue intéressante pour le Québec.

Le texte intégral de cette excellente entrevue de mon collègue Vincent Brousseau-Pouliot se trouve ici.

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Mardi 30 août 2011 | Mise en ligne à 10h52 | Commenter Commentaires (2)

TMX: de la nervosité dans l’air

C’est une rumeur qui s’est amplifiée d’elle-même, en l’absence de toute nouvelle information. On ignore tout de la réflexion des autorités antitrust. On ignore tout des progrès dans les négociations entre le groupe TMX et le consortium Maple, l’acquéreur pressenti de l’opérateur des bourses de Toronto et de Montréal.

Son point de départ, c’est le faible cours de l’action du groupe TMX, qui vaut autour de 40,35$ au moment d’écrire ces lignes, soit près de 10$ de moins que les 50$ par action offerts par Maple. Ce consortium regroupe 13 des plus grands acteurs financiers du pays, dont la Caisse de dépôt et placement du Québec et le Mouvement Desjardins.

À l’évidence, les investisseurs ont peur que cette transaction ne voie jamais le jour. Il n’en fallait pas plus pour alimenter la spéculation sur un possible retour de la Bourse de Londres, le prétendant éconduit de la Bourse de Toronto. Lire à ce sujet la chronique d’Eric Reguly, observateur du Report on Business en Europe.

La principale crainte, c’est que le Bureau de la Concurrence mette son droit de veto ou impose des conditions si strictes qu’il fasse dérailler cette transaction. Bien que les barrières à l’entrée dans cette industrie soient peu élevées, cette fusion aurait pour effet de concentrer plus de 80% du volume de négociation d’actions au pays au sein d’une même entreprise.

Cette crainte est d’autant plus vive que le Bureau de la Concurrence n’a pas hésité à se servir de ses nouveaux pouvoirs sous la direction de Melanie Aitken. La commissaire de la concurrence du Canada s’est attaquée aux industries du courtage immobilier, des cartes de crédit et, plus récemment, du transport aérien.

Toutefois, cette incertitude n’a rien de nouveau. Ce qui a changé, en revanche, ce sont les cours des actions, qui se sont fortement dépréciées depuis le début d’août en raison de la crise de l’endettement de l’Europe, de l’impasse à Washington et de la stagnation économique aux États-Unis.

Dans le contexte actuel, l’offre de 50$ par action, fruit d’une surenchère, doit paraître singulièrement onéreuse aux associés de Luc Bertrand, l’instigateur du groupe Maple. Cela fait penser d’une certaine façon à l’offre de la caisse de retraite Teachers’ sur BCE, dont le prix astronomique reflétait les valeurs avant l’éclatement de la crise financière. Un prix à ce point élevé que Teachers’ a fini par faire avorter la transaction.

Je ne suis pas en train de dire que c’est ce qui va se produire avec le groupe TMX. La mise de fonds des 13 partenaires de Maple est très petite, le gros de cette transaction étant financée par emprunt.

Mais, disons que si les négociateurs de Maple essaient de revoir leur offre à la baisse, ils vont se heurter à une opposition farouche. Déjà que ce n’est pas l’amour entre la bande de Maple et les dirigeants du TMX qui ont vu leur projet de fusion transatlantique couler en pleine mer…

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