Il n’y a rien comme réduire les attentes au minimum pour surprendre agréablement.
C’est ce qu’a fait Bombardier lundi, au Salon international de l’aéronautique et de l’espace Paris-Le Bourget, en annulant sa conférence de presse, du jamais vu, de mémoire de journaliste. C’est à peu près comme si un cinéaste présentait un film à Cannes sans fouler le tapis rouge. Ainsi, c’est le pire signal que l’on puisse envoyer à tous les chroniqueurs spécialisés qui couvrent l’aéronautique et à leurs lecteurs dans l’industrie.
La commande de Korean Air pour 10 avions de la CSeries, modèle CS300, qui s’ajoute à celle de 10 appareils du modèle CS100 d’un transporteur à l’identité secrète, permet toutefois à Bombardier de sauver les apparences. (Et SVP, ne parlez pas de 30 appareils dans le cas de Korean, on les comptera bien quand les options et droits d’achat auront été exercés !)
Cette commande est d’autant plus intéressante qu’elle permet au nouvel avion de ligne de Bombardier d’atterrir en Asie.
Ainsi, le carnet de commandes fermes pour la CSeries n’est plus famélique. Il totalise 123 appareils, ce qui devrait rassurer Mirabel, le lieu d’assemblage de ces avions, pour la suite des choses.
Parlant de Mirabel, le grand patron du motoriste américain Pratt & Whitney, David Hess, a confirmé que cette ville du nord de Montréal était toujours en lice pour les essais et la fabrication des moteurs PurePower qui équiperont la nouvelle génération d’A320 du fabricant Airbus, rapporte le Globe & Mail.
Étant donné la popularité de cet appareil, il s’agirait d’un investissement fort significatif.
Le motoriste Pratt & Whitney Canada, une autre entreprise du conglomérat United Technologies, vient de commencer les tests sur les moteurs PurePower de plus petite poussée qui équiperont les avions CSeries de Bombardier.
Ce n’est pas une nouvelle, contrairement à ce que laisse entendre le Globe. David Hess avait déjà évoqué cette possibilité au début de mai, au moment de l’inauguration du Centre aéronautique de Mirabel de Pratt & Whitney Canada, construit au coût de 360 millions de dollars.
Mais étant donné que la décision doit se prendre d’ici la fin de l’année, il est bon de savoir que Mirabel est toujours en lice. La métropole se trouve en concurrence avec les usines de Pratt & Whitney au Connecticut et en Floride, de même que des sites non identifiés en Europe et en Asie, rapportait récemment le Hartford Courant.
Bref, c’est un autre cas de «no news is good news»…