Sophie Cousineau

Archive, mai 2011

Mardi 31 mai 2011 | Mise en ligne à 14h16 | Commenter Commentaires (38)

Rentable, le sauvetage de l’industrie auto ?

Le ministre des Finances, Jim Flaherty, était de passage à l'usine de Chrysler à Etobicoke, hier, alors que le grand patron de Fiat, Sergio Marchionne, annonçait le remboursement de 1,7 milliard de dollars aux gouvernements du Canada et de l'Ontario. Photo Reuters.

Le ministre des Finances, Jim Flaherty, était de passage à l'usine de Chrysler à Etobicoke, hier, alors que le grand patron de Fiat, Sergio Marchionne, annonçait le remboursement de 1,7 milliard de dollars aux gouvernements du Canada et de l'Ontario. Photo Reuters.

Le ministre des Finances, Jim Flaherty, a finalement reconnu hier, alors qu’il était de passage à une usine de Chrysler située à Etobicoke, en Ontario, que les gouvernements du Canada et de l’Ontario ne récupéreraient pas leur mise dans ce constructeur américain en voie d’être repris le groupe italien Fiat.

«À la fin, il n’y aura pas une récupération complète, au plan financier, des investissements des contribuables qui ont été faits en 2008-2009», a dit le ministre Flaherty.

Selon ce que rapporte le Globe & Mail, le tandem Fiat/Chrysler a remboursé, jusqu’ici, 1,7 milliard sur les 2,9 milliards de dollars prêtés au constructeur, plus des intérêts de près de 245 millions de dollars.

Le solde de ces prêts s’élève à 1,2 milliard de dollars. De ce montant, les gouvernements pourront déduire leur participation de 1,7% dans ce fabricant automobile. Cette participation vaut environ 110 million de dollars, selon les analystes sondés par le Globe.

Bref, si Chrysler ne rembourse pas un cent de plus, les gouvernements se retrouveront devant un perte d’environ 1 milliard de dollars. C’est sans parler de General Motors, sauvegardée au prix d’une aide d’urgence de 10,8 milliards de dollars. Les gouvernements s’exposent actuellement à perdre autour de 4 milliards de dollars sur leur contribution initiale, déduction faite des prêts remboursés et des actions vendues jusqu’ici, et compte tenu de la valeur actuelle du titre de GM.

Le ministre Flaherty fait valoir que le jeu en valait la chandelle, quand l’on considère la sauvegarde des 52 000 emplois de l’industrie canadienne de l’auto. Les salariés travaillent et paient de l’impôt. Les constructeurs de Détroit ont renoué avec les profits. Et l’économie du sud de l’Ontario ne s’est pas affaissée comme un pneu crevé.

Qu’en pensez-vous ? Les constructeurs de Détroit sont-ils relancés pour de bon ? La sauvegarde de l’industrie de l’auto a-t-elle redoré le blason des sauvetages gouvernementaux, ternis par un nombre incalculable d’échecs, dont celui, retentissant, de la Gaspésia ?

Ou pensez-vous, comme plusieurs d’entre vous le croyaient auparavant, que c’est une mauvaise idée de lancer une bouée de sauvetage à une industrie, à plus forte raison quand son prix se chiffre en milliards de dollars ?

Je serais curieuse de vous lire là-dessus.

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Lundi 30 mai 2011 | Mise en ligne à 13h12 | Commenter Commentaires (34)

Terre-Neuve dans la cour arrière d’Hydro-Québec

Acquise par Fortis, Central Vermont Public Service achète le gros de son électricité d'Hydro-Québec, une relation renouvelée à long terme en vertu d'un contrat de fourniture entre le Vermont et le Québec qui s'étirera de 2012 à 2038. Photo d'archives La Presse.

Acquise par Fortis, Central Vermont Public Service achète le gros de son électricité d'Hydro-Québec, une relation à long terme en vertu d'un nouveau contrat de fourniture entre le Vermont et le Québec qui s'étirera de 2012 à 2038. Photo d'archives, La Presse.

La société Fortis, propriétaire de Newfoundland Power, le plus grand distributeur d’électricité de la province de Terre-Neuve, vient de mettre la main sur Central Vermont Public Service.

Cette transaction totalise 700 millions US, incluant la prise en charge de la dette de 230 millions US. À ce sujet, vous pouvez lire le communiqué de presse de Fortis ici.

Entreprise privée inscrite à la Bourse de New York, Central Vermont Public Service est le plus grand distributeur d’électricité de cet État américain, avec 160 000 clients. Information à souligner, Central Vermont Public Service achète le gros de son électricité d’Hydro-Québec.

C’est la première fois que Fortis, une entreprise inscrite à la Bourse de Toronto dont le siège social se trouve à Saint-Jean, Terre-Neuve, s’aventure dans le marché réglementé de l’électricité aux États-Unis.

Plusieurs entreprises avaient soumis des offres d’achat pour Central Vermont Public Service dans le cours de cette vente aux enchères confidentielle. Hydro-Québec n’était toutefois pas du nombre, a précisé son attachée de presse, Ariane Connor.

Hydro-Québec, rappelons-le, a récemment tenté de conclure des acquisitions à l’extérieur du Québec, dont Énergie NB. À la suite d’une tempête politique hautement médiatisée, la société d’État a toutefois renoncé à acquérir le plus grand producteur et distributeur d’électricité du Nouveau-Brunswick.

Cette transaction de Fortis, une firme privée, appuie toutefois les ambitions du gouvernement de Terre-Neuve dans le nord-est des États-Unis. Terre-Neuve, rappelons-le, entend contourner le Québec pour acheminer son électricité peu coûteuse du Bas-Churchill au marché américain, par l’entremise de câbles sous-marins qui passeront par la Nouvelle-Écosse.

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Jeudi 26 mai 2011 | Mise en ligne à 22h50 | Commenter Commentaires (2)

Les financières québécoises au pays des cowboys

Après le Mouvement Desjardins, qui a acquis la société financière Western Financial Group cet hiver, c’est au tour de Banque Nationale de s’implanter fermement à l’Ouest.

L’acquisition du gestionnaire Wellington West ne représente pas une grande surprise. La Nationale n’a jamais caché son souhait d’acquérir le contrôle de ce gestionnaire de fonds de Winnipeg dont elle était déjà actionnaire à hauteur de 18%.

Cette acquisition qui coûtera au final près de 200 millions de dollars, déduction faite des liquidités de cette firme, permet à la Nationale de diversifier l’origine géographique de ses revenus et de réduire sa vulnérabilité au marché québécois.

À la suite de cette transaction qui devrait se conclure cet été, près de la moitié des revenus au détail de la filiale Financière Banque Nationale viendront de l’extérieur du Québec, soit 48% contre 37% auparavant. Ce courtier de plein exercice a aussi des relations établies avec une riche clientèle à qui la Nationale compte offrir ses autres produits et services financiers.

Par ailleurs, les analystes financiers et spécialistes en marchés des capitaux de la firme s’intéressent tout particulièrement aux sociétés minières et énergétiques de taille moyenne, ce qui consolide l’expertise de la Financière Banque Nationale dans ce créneau jugé prioritaire.

Wellington West devrait ainsi contribuer aux profits de la première banque québécoise à compter de l’année financière 2012.

En fait, c’est un bon coup que la Nationale aimerait bien rééditer, dans la gestion de patrimoine comme dans les services bancaires plus traditionnels. Avec 650 salariés, Wellington West est malheureusement l’une des dernières firmes indépendantes de cette envergure, la consolidation dans l’industrie des services financiers étant déjà bien avancée.

«C’est le genre d’occasion que l’on recherche activement à tous les jours, mais on n’en voit pas beaucoup», a observé Louis Vachon, président et chef de la direction de la Nationale, lors de la téléconférence réservée aux analystes financiers.

Il n’empêche qu’après avoir mis derrière elle la crise du papier commercial, qui lui a valu une lourde amende de 75 millions de dollars de l’Autorité des marchés financiers, la Nationale n’a pas à bouder son plaisir.

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