Sophie Cousineau

Archive du 14 mars 2011

Lundi 14 mars 2011 | Mise en ligne à 22h26 | Commenter Commentaires (51)

C’est tellement plus divertissant en France

Crise de propotion nucléaire chez Renault, où le grand patron, Carlos Ghosn, que l'on voit ici sur le plateau de TF1, a dû présenter ses excuses aux trois cadres licenciés pour une fausse affaire d'espionnage industriel. Photo AFP.

Crise de propotion nucléaire chez Renault, où le grand patron, Carlos Ghosn, que l'on voit ici sur le plateau de TF1, a dû présenter ses excuses aux trois cadres licenciés pour une fausse affaire d'espionnage industriel. Photo AFP.

La honte ! Il n’y a pas d’autre mot pour résumer le fiasco chez le constructeur français Renault dont la direction vient de perdre presque toute crédibilité.

Résumons l’affaire pour ceux qui auraient raté ce feuilleton rocambolesque. Renault a licencié en janvier trois de ses dirigeants, soit son chef du développement , son adjoint et le responsable de son programme de voiture électrique. Raison invoquée : en échange de secrets industriels, ces trois hommes auraient accepté des pots de vin, versés sur des comptes bancaires en Suisse et au Liechtenstein. Ici comme ailleurs, les Chinois ont bon dos !

Les accusations sont graves. Surtout qu’elles sont fausses. Les fameux comptes n’existent pas, a conclu un procureur au terme d’une enquête. Les trois hommes, qui ont toujours clamé leur innocence, seraient plutôt les victimes d’une escroquerie montée par le service de sécurité interne de Renault, qui réclamait toujours plus d’argent pour payer un informateur anonyme…

L’un des enquêteurs de ce service, Dominique Gevrey, vient d’être intercepté par les policiers alors qu’il s’apprêtait à prendre l’avion pour la Guinée !

Carlos Ghosn, chef de la direction de Renault, a fait son mea culpa aujourd’hui. Il s’est excusé auprès des trois hommes dont les réputations ont été publiquement détruites. Puis, il a offert de les dédommager et de les réintégrer dans leurs fonctions. Mais franchement, qui voudrait retourner chez Renault après cela ?

Carlos Ghosn a aussi annoncé sa décision de se priver de sa prime pour 2010 et de ses options d’achat d’actions pour 2011. Même sort pour le numéro deux, Patrick Pélata, dont Carlos Ghosn a refusé la démission, pour ne pas déstabiliser l’entreprise davantage.

Ces récompenses étaient-elles supérieures aux réparations qui seront offertes ? Pour la petite histoire, il serait intéressant de le savoir.

Le Figaro fait valoir, dans une analyse des années Ghosn, que l’architecte du rapprochement avec Nissan serait difficile à remplacer. Mais le sommet de ventes de voitures enregistré en 2010 ne permet pas de passer l’éponge sur une erreur de jugement aussi grave. D’autant que Carlos Ghosn a déjà été accusé d’avoir pressé le citron chez Renault au point d’avoir indirectement provoqué une vague de suicides à son centre de développement de technologies.

Des excuses s’imposaient. Mais elles ne suffiront pas à rétablir l’autorité des grands patrons de Renault. Ils auraient renvoyé leurs employés pour moins que cela.

Lire les commentaires (51)  |  Commenter cet article






publicité

  • Catégories

  • Blogues sur lapresse

    publicité

  • Calendrier

    juin 2008
    L Ma Me J V S D
    « mai   juil »
     1
    2345678
    9101112131415
    16171819202122
    23242526272829
    30  
  • Archives

  • publicité