Sophie Cousineau

Archive, janvier 2011

Lundi 31 janvier 2011 | Mise en ligne à 11h45 | Commenter Commentaires (19)

Le malheur du bol de riz

Photo d'archives, Presse canadienne.

Photo d'archives, Presse canadienne.

Les États-Unis sont le troisième pays producteur de riz. Un fait que j’ignorais avant de lire cet intéressant papier d’angle de l’agence Bloomberg. D’où l’impact, énorme, de la décision de nombreux agriculteurs américains de planter moins de riz cette année, voire d’abandonner la culture de cette céréale.

Ces agriculteurs pourraient réduire du quart leur production. De sorte que la demande mondiale va excéder la production.

Pourquoi ? Ces agriculteurs peuvent gagner beaucoup plus d’argent en plantant du maïs, du soya ou du coton, dont les prix ont fortement grimpé l’an dernier (34% et plus), notamment en raison de la grande sécheresse en Russie.

Conséquence : le prix du riz, qui a chuté de 40% depuis son sommet touché en avril 2008, pourrait rebondir de 12% d’ici la fin de l’année, selon les négociateurs et analystes sondés par Bloomberg.

Si ce sursaut est sans conséquence grave aux États-Unis, il en va autrement pour les pays les plus pauvres, où les achats de riz représentent la moitié du budget d’épicerie et 20% des dépenses totales des foyers.

Plusieurs pays ont reconstitué leurs réserves de riz depuis la flambée de 2008, qui avait provoqué des émeutes. Il reste à voir si les pays producteurs mettront en place des mesures pour limiter leurs exportations et couper court à la spéculation. Pareilles mesures pourraient accentuer la hausse de prix attendue.

Le réveil du riz et les prix toujours élevés du maïs, du soya et du blé font dire aux analystes en céréales sondés par l’agence Reuters que l’ère de la nourriture bon marché tire à sa fin.

Faut-il s’étonner que la révolte populaire soit dans l’air ?

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Vendredi 28 janvier 2011 | Mise en ligne à 11h35 | Commenter Commentaires (8)

Emploi : le Canada pas encore rétabli

Photo d'archives, Reuters.

Photo d'archives, Reuters.

On l’a répété si souvent que c’est presque une idée reçue : le Canada a récupéré tous les emplois perdus depuis que la crise financière s’est transformée en récession.

Or, Statistique Canada jette ce matin un pavé dans la marre. Dans une révision de ses méthodes de calcul annoncée dans son bulletin quotidien, l’agence fédérale corrige le tir. Le marché de l’emploi au Canada ne s’est pas tout à fait remis de la crise.

Les nouvelles estimations de l’enquête sur la population active sont dorénavant basées sur les données du recensement de 2006, et non plus sur celles du recensement de 2001. Or, le recensement de 2006 fait état d’une légère baisse de la population canadienne, baisse qui est plus accentuée chez les 25 à 54 ans, le groupe le plus actif sur le marché du travail.

Cela, c’est pour l’explication technique. Le résultat, c’est qu’il nous manque encore 30 000 emplois avant de retrouver le sommet observé en octobre 2008. En effet, nous avons créé 398 000 emplois depuis le creux de juillet 2009, un nombre insuffisant pour effacer les 428 000 emplois perdus.

Cette correction, en apparence banale, ajoute à l’incertitude ambiante quant à la vigueur de la reprise. En effet, le Québec, la province qui s’était le mieux tirée d’affaires durant la dernière récession, flirte avec la récession technique, comme l’explique mon collègue Rudy Le Cours.

Et pour vous ? La récession, c’est du passé ?

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Jeudi 27 janvier 2011 | Mise en ligne à 12h25 | Commenter Commentaires (19)

Retomber sur terre

Photo d'archives du premier satellite lancé dans l'espace, en 1957, le célèbre Spoutnik, de fabrication russe.

Photo d'archives du premier satellite lancé dans l'espace, en 1957, le célèbre Spoutnik, de fabrication russe.

Avec la myriade de chiffres démesurés avec lesquels les lecteurs sont bombardés à tous les jours, il n’y a plus grand chose qui impressionne. Il n’empêche que les dernières prévisions quant au déficit budgétaire des États-Unis ont de quoi faire retomber sur terre ceux qui ont eu un «moment Spoutnik» en écoutant le discours de Barack Obama mardi soir.

1,5 billion ou 1500 milliards US, si vous préférez. Comme le notait l’Agence France Presse, les États-Unis sont l’un des rares pays industrialisés à voir leur déficit s’aggraver en cette période d’austérité. Ils se trouvent ainsi dans la bonne compagnie du Japon, qui vient d’être décoté par l’agence de notation de crédit Standard & Poor’s.

Éduquer, innover et entreprendre, personne ne peut être contre. Surtout pas lorsque le président des États-Unis use de tout son charisme et de son influence pour montrer aux Américains que c’est la voie de l’avenir. On rêve d’avoir un premier ministre aussi inspirant.

Mais il y a un grand décalage entre le discours de M. Obama et la réalité avec laquelle il doit composer. Il ne suffit pas d’annoncer un gel des dépenses ou encore de dire qu’on va s’attaquer au déficit pour que cela se fasse.

Difficile de dépenser plus en éducation et en R&D, de poursuivre la guerre en Afghanistan tout en offrant à la fois des baisses d’impôt aux Américains, ce qui privera le Trésor d’une somme d’environ 400 milliards cette année. À la fin, le total de ces dépenses et de ces revenus échappés creuse un gouffre. Gouffre qui ne se comble pas simplement en coupant les aides financières aux sociétés pétrolières et en simplifiant les impôts, aussi populistes que soient ces mesures.

Les Américains ont une expression populaire très juste pour décrire cette situation. «Something’s gotta give».

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