
Photo d'archives, Bloomberg.
C’est le party de Noël de la rédaction de La Presse ce soir.
Vous ne le sauriez pas en regardant les gars de la rédaction. Ces journalistes portent leur tenue habituelle, le «dress down» de La Presse – du lundi au vendredi inclusivement -, étant plutôt décontracté. Première exception, les journalistes qui travaillent au Parlement à Ottawa, qui doivent obligatoirement porter la cravate. Deuxième exception, mon voisin Richard.
Mais cela se remarque chez les filles, pour qui a le regard le moindrement aiguisé. Un peu plus de paillettes et de brillants, un peu plus d’épaules dénudées, des ongles bien vernis : toutes touches discrètes mais perceptibles.
Pour les journalistes qui n’ont aucune hausse de salaire à l’horizon, contrairement aux banquiers, la possibilité de s’habiller n’importe comment est l’un des grands avantages intangibles du métier. Aussi, si les grands patrons de La Presse devaient s’aviser à rédiger un code vestimentaire, cela ressemblerait un peu à à ceci.
1) pas de gougounes qui font flop-flop en été
2) pas de chemises à carreaux en hiver
3) pas de jeans déchirés, du moins, sans que ce ne soit intentionnel
4) pas de casquette des Sharks de San Jose…
L’autre extrême du spectre, c’est la banque UBS, qui a édicté un code vestimentaire à l’intention des employés de ses 300 succursales, révélé le quotidien suisse Le Temps. Un document de 44 pages qui témoigne bien de l’obsession de la propreté et du détail de la Suisse.
Les banquiers sont bien payés. Mais ils doivent bien se tenir, s’il faut se fier à ce code dont voici quelques extraits. Et s’ils ne savent pas comment nouer leur foulard ou leur cravate, il y a des diagrammes élaborés pour le leur montrer.
L’employée «évite absolument de porter des chaussures neuves douloureuses qui vous empêchent d’être à l’aise, prévenante et attentive lorsque vous êtes en contact avec la clientèle». L’employé ne porte que des «chaussures noires à lacets avec semelle en cuir», qu’il «enfile toujours en s’aidant d’un chausse-pied».
Les femmes porteront des dessous de«couleur chair», en gardant à l’esprit que «la micro-fibre est un tissu idéal pour les dessous qui, contrairement au coton, ne fait pas de plis».
L’employée UBS portera bien évidemment un tailleur et un chemisier. «La veste doit rester lisse, même lorsqu’elle est boutonnée, et ne doit pas vous serrer. Les jupes et pantalons doivent (aussi bien en position debout qu’assise) offrir une amplitude suffisante et être capables de se remettre en place tout seuls.»
La longueur de la jupe est d’ailleurs établie scientifiquement. Elle doit tomber «au milieu du genou et peut descendre jusqu’à cinq centimètres en dessous du genou (mesurés à partir du milieu du genou)».
Les hommes ne sont pas exempts de directives vestimentaires. Ils porteront une «tenue professionnelle classique unie de couleur anthracite foncé, noir ou bleu foncé». Ils ne peuvent se teindre les cheveux ni porter la barbe de trois jours. Ils doivent passer chez le coiffeur à tous les mois. Et «seul le port de chaussettes noires sans motifs est autorisé».
UBS pousse à l’extrême le sens du détail. «Le moment idéal pour se parfumer est directement après avoir pris une douche chaude, lorsque les pores de la peau sont encore ouverts. (…) Évitez de vous reparfurmer pendant la seconde moitié de la journée et d’essayer de nouveaux parfums pendant votre pause déjeuner.»
Fabuleux conseils, non ?