
Photo d'archives, Reuters.
J’ai une petite confession à vous faire. Avant que la Cour supérieure entende la poursuite en diffamation que Pierre Karl Péladeau a intentée contre le président des services français de Radio-Canada, je ne souvenais même pas de cette vieille histoire d’insulte.
L’entrevue par laquelle toute cette histoire a commencé, accordée au quotidien Le Devoir, a été publiée au début de 2007. Cela fera bientôt quatre ans !
Quand on retourne à cet article, on se rend compte que Sylvain Lafrance n’a même pas traité PKP de «voyou». En disant qu’il se «promène comme un voyou», il disait que, dans la controverse entourant le financement du Fonds canadien de télévision, il s’est comporté en voyou. À mes yeux, la nuance est importante. Mais bon, faisons comme si Sylvain Lafrance avait vraiment traité PKP de voyou.
Pierre Karl Péladeau a expliqué hier que l’insulte de Sylvain Lafrance a été si souvent reprise que sa réputation en a été presque irrémédiablement ternie. «S’il n’y a pas eu 100 articles après, il n’y en a pas eu un», a-t-il dit.
Vérification faite dans le système d’archivage eurêka, il n’y a eu à l’époque que 18 articles qui ont repris le commentaire de Sylvain Lafrance à l’endroit du grand patron de Quebecor, incluant toutes les reprises de la Presse canadienne. En fait, c’est à partir du moment où Pierre Karl Péladeau a intenté une poursuite que les mentions se sont vraiment multipliées. À être si vite sur la gâchette, on reçoit parfois des balles perdues…
Pierre Karl Péladeau a aussi affirmé que, depuis cet incident, il a été traité de thug, de punk et de corporate bum. Sur eurêka encore, qui recense les journaux anglais du pays, je n’ai retrouvé aucun article où son nom était associé aux qualificatifs de punk ou de thug. En revanche, il y avait une mention de corporate bum : c’est mon «méchant» collègue Michel Girard qui en est l’auteur.
À l’exception sans doute de Québec, où les partisans des défunts Nordiques rêvent de retrouver une équipe, la réputation de Pierre Karl Péladeau n’est pas impeccable, disons-le de façon très, très polie.
Sauf que cela n’a rien à voir avec ce que Sylvain Lafrance a pu dire ou ne pas dire sur son compte il y a quatre ans. Cela a tout à voir avec le plaisir manifeste que Pierre Karl Péladeau et ses lieutenants éprouvent à casser les employés des journaux de Quebecor, qu’ils écrasent comme on se débarrasse d’une fourmi au plancher.
Vous pensez que votre réputation est ternie, M. Péladeau ? Ne cherchez pas plus loin.
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