Sophie Cousineau

Archive, octobre 2010

À la surprise générale, la Bourse TMX n'a pas choisi Luc Bertrand comme PDG. Photo d'archives, La Presse.

À la surprise générale, la Bourse TMX n'a pas choisi Luc Bertrand comme PDG. Photo d'archives, La Presse.

La question n’est pas posée en ces mots exacts, mais c’est le point de départ de l’analyse de Boyd Erman du quotidien Globe & Mail, qui revient sur la fusion des deux plus grandes bourses du pays deux années après cette transaction controversée.

Sa conclusion : la Bourse de Montréal n’a pas tenu ses promesses, puisque la croissance tant attendue dans la négociation des produits dérivés ne s’est pas matérialisée. Achetée juste avant que la crise financière n’éclate, alors que les marchés boursiers flirtaient avec leurs sommets, l’entreprise montréalaise ne valait donc pas son prix.

Malgré tout, cette transaction se défendrait puisque les bourses de Toronto et de Montréal, qui se disputaient comme les deux plus gros gamins de la cour d’école, auraient gaspillé leurs énergies plutôt que de s’unir contre la vraie menace que représentent les systèmes de négociaton alternatifs.

Par où commencer ? Notons, au passage, que si l’ancien chef de la direction de la Bourse de Toronto, Richard Nesbitt, n’avait pas voulu revenir avec ses gros sabots dans le créneau des produits dérivés après l’expiration de la période d’exclusivité de 10 ans consentie à Montréal en échange de son retrait du marché des actions, les deux bourses ne se seraient pas querellées de façon aussi improductive. Mais bon, rien ne sert de ressasser tout cela.

Vrai, l’ancien grand patron de la Bourse de Montréal, Luc Bertrand a eu beaucoup de flair, en rétrospective, en vendant l’entreprise au moment où il l’a proposé. Mais de là à dire que la croissance de l’entreprise est décevante, il y a un pas. Il faut voir que les transactions de produits dérivés dans leur ensemble ont été gravement affectées par la récession, surtout que ces produits ont été dénoncés comme responsables de la crise financière.

Même en ignorant 2009, comparer le troisième trimestre de 2008 au troisième trimestre de 2010 est un exercice un  périlleux, surtout sur une période aussi courte. Plus juste à mon sens aurait été une comparaison des activités de TMX dans les dérivés par rapport aux autres joueurs actifs dans ce créneau. Bref, la Bourse de Montréal a-t-elle fait mieux ou pire que les autres ?

Et puis, les fusions ne donnent pas toujours les résultats attendus, c’est documenté. L’intégration est une opération délicate. À plus forte raison lorsqu’on combine deux entreprises avec des cultures distinctes et un historique d’animosité.

Le TMX aurait-il fait mieux si son conseil d’administration n’avait pas écarté Luc Bertrand, le choix logique pour diriger l’entreprise après le départ surprise de Richard Nesbitt, au lieu de faire appel à un Américain qui a fait carrière en Asie ? Bref, cette intégration a-t-elle été «botchée» ?

Je sais, on est dans le domaine du si. Mais la question vaut la peine d’être retournée à tous les Torontois qui semblent souffrir de «buyer’s remorse».

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Mercredi 27 octobre 2010 | Mise en ligne à 9h41 | Commenter Commentaires (25)

Hells Angels: touche pas à mon image

Photo d'archives Reuters.

Photo d'archives Reuters.

Avec des vêtements arborant le célèbre logo des Hells Angels, la maison Alexander McQueen pensait peut-être conserver l’esprit créatif de Lee Alexander McQueen, l’«enfant terrible» de la mode britannique, qui s’est suicidé en février dernier.

Cette maison de mode s’est plutôt attirée une poursuite, que le Hells Angels Motorcycle Corp. a déposée lundi à Los Angeles. Poursuite qui vise aussi le détaillant américain Saks, qui vend les controversés vêtements et accessoires.

Les Hells Angels réclament l’arrêt immédiat de la production et le rappel des vêtements arborant son logo, un crâne profilé avec un couvre-chef de plumes, son symbole depuis l’ouverture du club en 1948. Les Hells réclament aussi un dédommagement qui équivaut à trois fois les profits récoltés.

Détail de la fameuse sacoche. Net-a-porter.

Détail de la fameuse sacoche. Net-a-porter.

C’est une question de principe, puisqu’ils se définissent comme une association sans but lucratif…

Les copines des motards ont très certainement les moyens de s’offrir une robe avec le logo des Hells au prix de 1595$ ou encore un sac à main qui se détaille 2329$US, selon les prix glanés par Business Week.

Mais un pashmina avec le logo des Hells ? Pour l’image de cette bande de durs à cuire, c’est plutôt assassin.

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Lundi 25 octobre 2010 | Mise en ligne à 22h04 | Commenter Commentaires (59)

Si le beurre est bien meilleur, pourquoi a-t-il peur ?

Un vrai beurre manié. Photo d'archives, La Presse.

Un vrai beurre manié. Photo d'archives, La Presse.

Après le feuilleton épique sur la couleur de la margarine, qui est redevenue jaune en 2008 après avoir été blanche pendant 21 ans au Québec, préparez-vous à la bataille du beurre et de la «tartinade» au goût de beurre.

L’Alberta vient de remporter une victoire marquante contre l’Ontario, qui interdit la vente de tartinades au goût de beurre ou de yaourts à boire qui contiennent moins de 50% de produits laitiers. Un panel de trois experts en commerce sélectionnés par le gouvernement fédéral a statué aujourd’hui que la loi ontarienne contrevient à l’Accord sur le commerce intérieur, rapporte ce soir le Globe & Mail.

Ainsi donc, l’Ontario protégerait indûment ses producteurs laitiers, au détriment des producteurs de soya de l’Alberta et de trois autres provinces de l’Ouest qui ont uni leurs forces dans cette bataille juridique.

Or, comme l’Ontario, le Québec interdit les produits comme les tartinades au goût de beurre où la margarine est prédominante, note le Globe. Sans surprise, l’Alberta s’attend donc à ce que la Belle Province se conforme elle aussi à ce jugement, a fait savoir Mike Deising, porte-parole de la ministre des relations intergouvernementales, Iris Evans.

Ô sacrilège, les produits Land O’Lakes et compagnie pourraient entrer dans nos frigos !

C’est exactement ce que craignait la Fédération des producteurs de lait du Québec, qui voyait dans l’Accord sur le commerce intérieur la perte de notre spécificité alimentaire. Le Québec aurait ainsi dû obtenir une «exception agricole», en référence à l’exception culturelle à laquelle les Québécois tiennent mordicus dans leurs traités avec les autres jurisdictions.

Je suis la première à penser que la bouffe est une affaire éminemment culturelle. Et puis, j’adore le beurre, le vrai. J’en mange, j’en abuse même sur la baguette qui craque sous la dent. Pour rien au monde je ne recevrais les copains avec une tartinade au goût de beurre.

Les Québécois, justement en raison de leurs goûts propres, connaissent et apprécient la différence. Ils ne seront pas assez bêtes, ou distraits, pour acheter du faux beurre quand ils aiment le vrai.

Bref, le beurre n’a pas à avoir peur du faux beurre. Mais cela n’empêchera pas les producteurs laitiers de monter aux clôtures de leurs pâturages, c’est prévisible. La guerre, yes sir !

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