
Michael Sabia. Photo Martin Chamberland, La Presse.
Après avoir souffert de la comparaison au cours des deux dernières années, la Caisse de dépôt et placement du Québec peut redresser la tête.
Son rendement pour la première moitié de l’année s’établit à 2,33%, comparativement à un rendement négatif de 0,74% pour l’indice de référence du portefeuille global. Ainsi, le rendement de la Caisse surpasse de 307 points centésimaux le rendement des marchés, une différence significative.
Ce rendement est d’autant plus étonnant que la performance des principaux indices boursiers (-2,5% pour l’indice phare de la Bourse de Toronto, -5,4% pour les actions américaines, -11,7% pour les actions internationales) laissait entrevoir un résultat inscrit à l’encre rouge.
La Caisse a fait le plein d’actions l’an dernier, en y investissant près de 10 milliards de dollars. Mais comme ces investissements ont été réalisés sur le tard, l’institution a loupé une grande partie du rebond spectaculaire des bourses en 2009.
Qu’à cela ne tienne, la Caisse s’est reprise sur la pente descendante. Elle a vendu des actions et réduit très légèrement leur poids dans son portefeuille, de façon à être moins exposée aux grandes tourmentes qui ont suivi la crise de l’endettement en Europe et les déceptions quant à la reprise aux États-Unis.
Sa pondération en actions s’établissait à 34% au 30 juin contre 35% six mois plus tôt. Heureusement d’ailleurs, car dans cette catégorie d’actif, les gestionnaires de la Caisse ont moins bien fait que les marchés, avec une contreperformance de 60 points centésimaux.
Cette sous-pondération en actions explique en partie la bonne performance de la Caisse, qui a permis de créer 4,1 milliards de dollars. Ainsi, l’actif net de la Caisse s’élève maintenant à 135,8 milliards de dollars.
Mais ce n’est pas la seule explication. Les placements privés se sont bien comportés (+14,7%), les titres à revenu fixe aussi (+6%). Les participations dans les projets d’infrastructures se sont aussi revalorisées (+10,1%).
Il était d’ailleurs ironique d’entendre l’ancien grand patron de BCE citer en exemple la bonne performance de Quebecor Média, dont le profit d’exploitation a progressé de 13%…
Soulagés ?
Disons que c’est un début, mais il reste encore beaucoup de chemin à faire avant de rattraper le temps perdu en 2008. Surtout que le président et chef de la direction de la Caisse, Michael Sabia, s’attend à ce que la turbulence des derniers mois se poursuive «dans un avenir prévisible».
«Nous considérons l’avenir avec beaucoup de prudence», a ajouté Michael Sabia.
Grand bien nous fasse.
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