Sophie Cousineau

Archive du 19 août 2010

Jeudi 19 août 2010 | Mise en ligne à 13h28 | Commenter Commentaires (34)

Caisse : mieux que prévu

Michael Sabia. Photo Martin Chamberland, La Presse.

Michael Sabia. Photo Martin Chamberland, La Presse.

Après avoir souffert de la comparaison au cours des deux dernières années, la Caisse de dépôt et placement du Québec peut redresser la tête.

Son rendement pour la première moitié de l’année s’établit à 2,33%, comparativement à un rendement négatif de 0,74% pour l’indice de référence du portefeuille global. Ainsi, le rendement de la Caisse surpasse de 307 points centésimaux le rendement des marchés, une différence significative.

Ce rendement est d’autant plus étonnant que la performance des principaux indices boursiers (-2,5% pour l’indice phare de la Bourse de Toronto, -5,4% pour les actions américaines, -11,7% pour les actions internationales) laissait entrevoir un résultat inscrit à l’encre rouge.

La Caisse a fait le plein d’actions l’an dernier, en y investissant près de 10 milliards de dollars. Mais comme ces investissements ont été réalisés sur le tard, l’institution a loupé une grande partie du rebond spectaculaire des bourses en 2009.

Qu’à cela ne tienne, la Caisse s’est reprise sur la pente descendante. Elle a vendu des actions et réduit très légèrement leur poids dans son portefeuille, de façon à être moins exposée aux grandes tourmentes qui ont suivi la crise de l’endettement en Europe et les déceptions quant à la reprise aux États-Unis.

Sa pondération en actions s’établissait à 34% au 30 juin contre 35% six mois plus tôt. Heureusement d’ailleurs, car dans cette catégorie d’actif, les gestionnaires de la Caisse ont  moins bien fait que les marchés, avec une contreperformance de 60 points centésimaux.

Cette sous-pondération en actions explique en partie la bonne performance de la Caisse, qui a permis de créer 4,1 milliards de dollars. Ainsi, l’actif net de la Caisse s’élève maintenant à 135,8 milliards de dollars.

Mais ce n’est pas la seule explication. Les placements privés se sont bien comportés (+14,7%), les titres à revenu fixe aussi (+6%). Les participations dans les projets d’infrastructures se sont aussi revalorisées (+10,1%).

Il était d’ailleurs ironique d’entendre l’ancien grand patron de BCE citer en exemple la bonne performance de Quebecor Média, dont le profit d’exploitation a progressé de 13%…

Soulagés ?

Disons que c’est un début, mais il reste encore beaucoup de chemin à faire avant de rattraper le temps perdu en 2008. Surtout que le président et chef de la direction de la Caisse, Michael Sabia, s’attend à ce que la turbulence des derniers mois se poursuive «dans un avenir prévisible».

«Nous considérons l’avenir avec beaucoup de prudence», a ajouté Michael Sabia.

Grand bien nous fasse.

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Jeudi 19 août 2010 | Mise en ligne à 10h13 | Commenter Commentaires (11)

Labatt en reste bleu

blue

Les employés de la brasserie Labatt de LaSalle savaient depuis deux ans qu’ils allaient perdre le contrat de brassage des bières Labatt Bleue et Labatt Bleue Légère pour le marché américain. Le ministère américain de la Justice en avait décidé ainsi lorsqu’il avait ordonné la vente des activités américaines de Labatt à la suite de l’acquisition, par le brasseur belge InBev, du groupe américain Anheuser-Busch.

Ce qu’ils ignoraient, c’est à quel moment le contrat se terminerait. Et qui le reprendrait. L’entreprise qui a racheté les activités de Labatt aux États-Unis, North American Breweries, a invité des brasseurs canadiens à soumissionner et a attribué le contrat à… Molson. Ne réalisant peut-être pas à quel point il faisait un pied de nez à l’histoire, compte tenu de la rivalité ancestrale entre les brasseries Molson et Labatt au Canada.

À ce sujet, lire l’article publié dans La Presse d’aujourd’hui.

C’est toujours fascinant de voir à quel point les acquisitions et fusions, qui sont si routinières qu’on les considère maintenant comme une réalité de la vie, font des victimes collatérales. Et dire qu’à l’époque, en novembre 2008, les dirigeants de Labatt assuraient que cette fusion n’aurait «presque pas d’impact» sur les activités de Labatt au pays…

On ne peut que se réjouir de ce nouveau contrat de la brasserie de la rue Notre-Dame, bien qu’on ne sache pas encore dans quelle mesure cette usine devra le partager avec la brasserie Molson à Toronto. Mais il faut espérer que la brasserie de Labatt à LaSalle, qui se trouve en concurrence avec les autres brasseries du groupe au pays, puisse décrocher de nouveaux mandats, comme elle l’a déjà fait avec la bière Lakeport. Sinon les employés de production pourraient faire les frais de la baisse du volume.

Dans un monde idéal, le bonheur de la brasserie de la rue Notre-Dame ne devrait pas faire le malheur de la brasserie Labatt de LaSalle.

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