Sophie Cousineau

Archive du 11 août 2010

Mercredi 11 août 2010 | Mise en ligne à 10h22 | Commenter Commentaires (44)

Les Canadiens, prisonniers de leur sans-fil

Photo d'archives, Bloomberg.

Photo d'archives, Bloomberg.

Comme bien des Canadiens l’ont appris à la dure, casser son contrat d’abonnement à un téléphone sans-fil est une affaire coûteuse. Une surprise assez désagréable pour les consommateurs qui, séduits par les fonctionnalités d’un nouvel appareil, ont rapidement signé un contrat sans prendre le temps de décrypter les clauses, en petits caractères, des frais de résiliation.

Il est tout à fait normal que les compagnies de téléphone, qui financent l’achat des appareils (des téléphones à 0$, cela n’existe pas!), veuillent récupérer leur subvention et empocher un rendement. Mais les sociétés de télécoms exagèrent et abusent de leur position dominante, jugent les consultants du Seabord Group, dans une nouvelle étude.

En effet, la concurrence, qui est plus présente pour les appareils bas de gamme, ne se fait pas encore sentir dans le créneau des téléphones intelligents. C’est ce qui explique que les contrats d’abonnement soient plus longs au Canada qu’ailleurs dans le monde.

Alors que ces contrats vont de deux à trois ans au pays, ils durent seulement 18 mois au Royaume-Uni et en France, deux ans aux États-Unis et en Allemagne. Or, plus le contrat est long, plus il est coûteux de le casser, d’où ces frais de résiliation que Seabord qualifie de «draconiens».

Exemple révélateur : si vous voulez vous départir de votre nouveau iPhone 4 après six mois, il vous en coûtera 500$ chez Rogers, 600$ chez Bell, 680$ chez Telus, mais seulement 256$US si vous êtes un client américain d’AT&T.

De quoi décourager les consommateurs de changer leur appareil pour un modèle plus performant, surtout que la technologie des sans-fil évolue rapidement.

En adoptant le projet de loi 60, qui est entré en vigueur le 1er juillet, le Québec a pris des mesures pour limiter les pratiques commerciales abusives des sociétés de télécoms. À défaut de plafonner la durée des contrats, Québec exige que les frais de résiliation n’excèdent pas le montant de la subvention de l’appareil. Ces frais doivent aussi être clairement indiqués dans les contrats.

Et si les sociétés essaient de changer les termes du contrat en cours de route (comme lorsque Bell, Rogers et Telus ont voulu imposer des frais pour la réception de messages instantanés sans crier gare), les consommateurs peuvent casser leur contrat sans payer les frais de résiliation.

Cette loi québécoise a fait grincer des dents à l’industrie. Et pourtant, c’est ce qui risque de lui arriver dans les autres provinces, croit Seabord, si l’industrie ne tempère pas son avidité.

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