Sophie Cousineau

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    Depuis 2001, Sophie Cousineau est chroniqueuse affaires au journal La Presse. Voilà 15 ans qu'elle pratique le journalisme, dont 12 comme reporter économique.
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    Mercredi 30 juin 2010 | Mise en ligne à 9h37 | Commenter Commentaires (52)

    Médicaments: pilule pas chère ou recherche de pointe?

    Photo d'archives, La Presse.

    Photo d'archives, La Presse.

    On peut comprendre les fabricants de médicaments génériques d’être furieux. Avec l’effet domino de la décision de l’Ontario de couper les prix des médicaments génériques, qui prend effet le 1er juillet, ils devraient perdre la moitié de leurs revenus au Québec. Dur. D’où leurs menaces de représailles (emplois, investissements) s’ils ne sont pas mieux traités.

    Cette affaire relance le vieux débat sur la politique industrielle du Québec dans le secteur pharmaceutique. Si Québec tient tant à économiser, pourquoi accorde-t-il encore un traitement de faveur aux fabricants de médicaments d’origine aux frais des contribuables, plaide l’industrie générique.

    Ce traitement de faveur se manifeste notamment par la fameuse règle du 15 ans. En vertu de cette règle, les médicaments sont remboursés à leur plein prix pendant 15 ans à partir du moment de leur inscription sur la liste des médicaments du Québec. Et cela, même si les brevets viennent à échéance avant, ce qui devrait normalement permettre de les substituer par des médicaments génériques moins coûteux.

    Cette politique se défendait parfaitement à une époque où les grandes sociétés pharmaceutiques étaient très actives et présentes au Québec. Les impôts sur les salaires et les retombées économiques de cette industrie de pointe dépassaient largement le coût de ces avantages pour les contribuables. Mais, la situation n’est peut-être plus tout aussi nette.

    L’industrie du médicament d’origine se porte moins bien qu’avant. Les molécules prometteuses sont de plus en plus difficiles à identifier, de plus en plus coûteuses à développer. Ainsi, il y a moins de médicaments dits «blockbuster» pour remplacer les grands vendeurs dont les brevets expirent.

    Ces difficultés ont entraîné une vague de consolidation dans l’industrie dont Montréal, comme tous les centres pharmaceutiques, paie le prix. L’emploi chez les fabricants d’origine du Québec a chuté à près de 9200 salariés, selon les données de l’Association Rx&D.

    Pendant ce temps, les fabricants de médicaments génériques grandissent au Québec. Ils emploient environ 4800 salariés chez des entreprises comme Pharmascience, Sandoz ou Ratiopharm. Ils font aussi de la recherche, même si celle-ci n’est pas aussi innovatrice que les recherches menées par les fabricants de médicaments d’origine.

    Dans un contexte de déficit budgétaire, le traitement préférentiel accordé par le gouvernement du Québec aux médicaments d’origine est-il toujours justifié? Les crédits d’impôt à la recherche suffiraient-ils à eux seuls à maintenir cette industrie de pointe ici ?

    Ou faut-il conserver la règle du 15 ans au prix de médicaments payés au prix fort, afin de conserver cette expertise névralgique pour le Québec ?

    Bref, qu’en pensez-vous ?

    P.S. Ouvrir ce débat, c’est permettre à des gens de l’industrie d’influencer la conversation de ce blogue – et leurs lobbyistes sont aussi nombreux que zélés. Aussi, dans un esprit de transparence, il serait apprécié que vous déclariez vos intérêts, si vous travaillez pour l’une ou l’autre de ces industries. Ou si vous vous exprimez simplement à titre de citoyen ou de contribuable.


    • je pense que quelqu’un se graisse la patte quelque part en la république bananerienne du Québec

    • Je trouve que c est un faux débat de confronter les deux enjeux. Il ne faudrait quand meme pas tomber dans le pathétique et croire que les pharmaceutiques ont des budgets serrés hein ? Le balancier a toujours été de leur coté meme s ils doivent avoir le mérite des recherches et créations de médicaments forts efficaces. Mais puisque le systeme leur garanti une période d exclusivité , il ne faudrait pas les plaindre lorsque celle ci se termine.
      De ramener l aspect économique, taxes ,subventions et crédits d impots ne fera pas que ces compagnies vont garder les employés en poste. Ils sont plutot requins et savent fort bien maximiser les profits a tout prix et en tout temps.

    • j’aimerais avoir des chiffres quand on parle de salaires + impôts des fabricants de médicaments d’origines. Avec les cout qui explosent en santé principalement dû au facteur médicaments qui est de plus en plus utilisé par rapport à il y a 20 ou 30 ans, si on compte toutes les subventions en plus des prix protégés ces montant doivent être astronomique. Il faut aussi comptabiliser les coupures de poste et en R&D qui surviendront durant la période de référence.

    • Je suis chimiste, j’ai plusieurs collègues qui travaillent dans les compagnies pharmaceutiques à développer de nouveaux médicaments (Merck Frosst, Boehringer Ingelheim, Genentech, Astra Zeneca et autres).

      Il faut savoir regarder les choses d’un point de vue réaliste. D’accord, les médicaments dits “d’origine” coûtent très cher. Je suis d’avis qu’on prescrit beaucoup trop de “pillules” au Québec, disons que les médecins ont peut-être à revoir leurs pratiques dans certains cas.

      Par contre, connaissant le prix de tout le matériel de chimie, je peux comprendre que les prix soient parfois aussi élevés. Sachez qu’il faut débourser souvent plus d’un demi-million de dollars pour un simple appareil d’analyse routinière comme un spectromètre à résonnance magnétique ou un UPLC-MS. Ces appareils sont nécessaires à la recherche. Certains produits chimiques se vendent à plus de 1000 dollars le gramme! On est vraiment loin de la cocaïne.

      Et combien de molécules sont développées avant qu’on trouve enfin celle qui percera le marché? Des milliers!! Ça fait des milliers d’heures à payer un chimiste pour qu’il cherche à synthétiser une molécule qui, finalement, ne servira jamais à rien.

      Reste ensuite les coûts associés aux essais cliniques qui durent parfois plus de 10 ans!

      C’est facile de dire qu’on se fait “fourrer” quand on n’y connaît rien à la recherche pharmaceutique. D’accord, certains patrons font sûrement des salaires exorbitants, mais ce n’est pas différent des autres multinationales (fabriquants de voitures, banques, ect).

      J’ai personnellement pris la décision de ne pas travailler pour une pharmaceutique puisque je suis contre ce que j’appelle le « culte de la pillule ». Par contre, je sais reconnaître que les médicaments sont nécessaires à la survie de plusieurs personnes et que, sans la recherche, une partie d’entres-nous auraient de gros problèmes.

      Et si vous tenez vraiment à payer moins cher pour vos médicaments, commencez donc par financer la recherche académique adéquatement. Les laboratoires de nos universités, même si ils sont remplis de chercheurs compétents, sont complètement désuets! Le menuisier a besoin de bons outils pour travailler, il en va de même pour le chimiste.

      Pierre-Alexandre Turgeon

    • Une manière simple d’épargner des millions pour les médicaments serait de créer des usines de fabrication de génériques publique et de distribuer leurs produits dans le réseau au prix coûtant. Cela pourrait aussi générer de nombreux emplois de qualité.

    • Dans l’esprit des débats actuels sur les finances publiques, il est impératif de se consacrer à réduire les coûts et les dépenses en médicaments au Québec. Les chiffres sont en effet éloquents : en 2005-2006, les dépenses en médicaments et en services pharmaceutiques de la RAMQ représentaient le deuxième poste de dépenses le plus important après celui des services médicaux. Aussi, alors que, de 1996 à 2005, le taux de croissance annuel du produit intérieur brut (PIB) était de 4,9 %, le taux de croissance des dépenses du Ministère de la Santé (MSSS) était plutôt, lui, de 5,5 % et celui du programme des services pharmaceutiques et des médicaments de la RAMQ de… 14,1 %. C’est ainsi que le coût de la prime du régime public d’assurance médicaments a bondi de 334 % en 12 ans, le régime devant absorber une croissance des dépenses de l’ordre de 8 % par an. Dans les régimes privés d’assurance collective, la croissance des coûts est, quant à elle, de 10 % à 15 %.
      Le succès des politiques d’achat au plus bas prix adoptées ailleurs dans le monde (appels d’offre, ventes groupées, prix de référence, contrat, … toutes des mesures de contrôle des coûts rendues possibles lorsque l’État contrôle une part importante du marché) est impressionnant : en Nouvelle-Zélande, la création de la société d’État PHARMAC, en 1993, a ainsi permis de contrôler l’augmentation des dépenses en médicaments à un rythme annuel de 0,5 % de 1996 à 2004, très loin des 8 % observés ici.
      Seulement en imitant les politiques d’achat au plus bas prix de la Nouvelle-Zélande, des chercheurs canadiens ont démontré que nous pourrions faire baisser les prix de nos médicaments de 45 % à 58 %.
      Il est à noter que l’industrie pharmaceutique n’a pas quitté la Nouvelle-Zélande et continue d’y vendre ses produits… A noter aussi qu’on observe depuis quelques années le déplacement de plusieurs entreprises pharmaceutiques de médicaments d’origine vers l’Ontario et ce, malgré la protection de la règle de 15 ans, que le Québec est d’ailleurs la seule au Canada à leur offrir. Ironique.
      Elisabeth Gibeau
      Analyste politiques sociales et fiscales
      Union des consommateurs

    • Encore moi…

      Je pense qu’il ne faut cependant pas céder au chantage des pharmaceutiques. Ils ne sont pas à plaindre au niveau monétaire, si ils veulent conserver leurs sources de revenus (les brevets), c’est à eux de trouver des molécules novatrices. Ce n’est pas en leur accordant encore plus d’avantages que la recherche débloquera d’un seul coup…

      La recherche académique coûte beaucoup moins cher et n’est pas moins valable. Nos chercheurs ont la même expertise que celle qu’on retrouve en industrie. C’est à nous de la valoriser en tant que nation.

    • @themusicalbox Si vous me permettez j’aurais une question.

      Je vois très bien les l’utilité de bien financer la recherche au niveau universitaire, mais je me demande qui en profite le plus. Sont-ce les compagnies pharmaceutiques ? Ou le public en général ?

      L’exemple de la Nouvelle Zélande soulevé par elisabethunion m’apparaît très intéressant et révélateur.
      Pourquoi ne pas suivre leur exemple et créer une société d’état dédiée à la fabrication / distribution de médicaments génériques et à la recherche et au développement d’autres molécules.

      Autre aspect navrant des cie. Pharmaceutique privé est qu’il semblent privilégier les domaines de recherches qui seront les plus rentable et négliger d’autres besoins pourtant criants mais qui affecte des populations moins fortunées. Je pense à la malaria par exemple …

    • Merci d’ouvrir ce débat important. J’ajouterais ceci pour chiffrer le coût actuel de la “règle des 15 ans”.

      En 2005, une étude réalisée par le ministère des Finances évaluait à 30 millions le coût de la mesure pour des retombées fiscales de 42 millions. D’où la justification de son maintien, à l’époque.

      Mettons-nous à jour. Elle a coûté au gouvernement québécois 161,5 millions $ l’an dernier (selon le Conseil du trésor).

      Elle coûtera aux contribuables environ 300 millions $ cette année (le Lipitor est maintenant “protégé” pour un coût oscillant entre 10 et 16 millions $ par mois au bénéfice de Pfizer). C’est l’équivalent d’une subvention de 32 600 $ par emploi par année – sans parler de toutes les autres formes de soutien à l’industrie du médicament de marque (crédits d’impôt, formation, etc.).

      Pour les raisons que vous exposez bien (baisse de l’emploi de 20 % en 5 ans), les retombées économiques et fiscales de l’industrie du médicament de marque sont moindres aujourd’hui qu’en 2005. Et absolument rien n’indique que la tendance se renversera, bien au contraire.

      En effet, les fabricants de médicament de marque déplace leur R-D du Québec vers l’Ontario, comme vient de le confirmer une étude d’une agence du gouvernement fédéral (pour une deuxième année de suite). Tout un témoignage de reconnaissance de ces multinationales à l’égard du gouvernement du Québec et de sa “règle des 15 ans”!

      Dans le contexte actuel des finances publiques, la “règle des 15 ans” ne se justifie plus d’aucune façon.

      Daniel Charron
      Association canadienne du médicament générique

    • les fabricants de médicaments génériques n’ont que peu de frais de recherche mais beaucoup de frais de marketing(publicité,échantillons,ristournes,etc)qui grugent une bonne part des bénéfices.Il devrait y avoir un seul acheteur qui achèterais leur produits au différentes compagnies au prorata de leurs parts demarché actuelles.Le prix serait fixé au couts de production plus un bénéfice raisonnable a être négocié.

    • Si je comprends bien on se sert du budget du Ministère de la santé pour financer le maintien (car on ne parle même plus de développement) de la filière industrielle pharmaceutique. Il n’y a pas un Ministère de l’industrie ou du développement économique dont c’est le rôle? Normal que le budget de la santé explose si on s’en sert à d’autres fins que la santé. Après on va dire que le système de santé coûte trop cher et qu’il faut privatiser…

    • @_cameleon_

      La recherche académique peut profiter à la population en général. Habituellement, les chercheurs académiques n’ont pas à se concentrer à trouver la molécule la plus payante possible. Contrairement au milieu industriel (mais pas dans tous les cas), le chercheur académique tend à vouloir faire avancer la science plutôt que maximiser ses profits. Ceci n’est pas vrai dans tous les cas puisque j’ai connu des professeurs aussi capitalistes que certains industriels.

      Contrairement à ce que vous pensez, il existe déjà des centres de recherche publics. Par exemple, je travaille en ce moment même à l’INRS (institut nationale de la recherche scientifique) qui fait partie du réseau de l’Université du Québec. Plusieurs universités sont d’ailleurs déjà dotées de centre de recherche en pharmacologie (je pense entre autre à l’Institut de Pharmacologie de Sherbrooke).

      Le problème est que les professeurs qui y travaillent sont sous-financés et ne peuvent pas compétitionner avec l’industrie. Encore cette année des coupures importantes dans le financement provenant du fédéral (CRSNG) ont été réalisées, empêchant plusieurs étudiants d’être engagés à la maîtrise. Si le gouvernement du Québec était prêt à mettre plus d’effort pour aider ces initiatives académiques, je suis convaincu que nour pourrions réduire notre dépendance envers les compagnies pharmaceutiques et ainsi obtenir des résultats aussi intéressants, à moindre coût.

    • À andre-grenierr@hotmail.com: les manufacturiers génériques détiennent une plus faible part de marché qu’en Europe justement parce qu’ils ne font aucune promotion auprès des médecins (représentant, échantillons. etc.). En les forcant à vendre leurs médicaments à 25% du prix du médicament original, les gouvernements du Québec et de l’Ontario viennent de réduire au minimum leur capacité de verser des ristournes aux pharmaciens et ce prix reflète leurs coûts de production. Ajoutons que plusieurs manufacturiers génériques investissent dans la recherche, notamment pour pouvoir mettre en marché des versions “génériques” de médicaments biologiques très coûteux. Quant au prix des médicaments brevetés, contrairement aux USA, ils sont contrôlés par le Conseil d’Examen du Prix des Médicaments Brevetés (CEPMB) sur la base de 7 pays de référence. Les prix des médicaments sont dictés par une stratégie mondiale et on ne peut pas le contrôler davantage sans risquer que des manufacturiers refusent de les mettre en marché au Canada. Le problème n’est pas le prix des médicaments mais l’usage qu’en font les médecins et les patients. D’une part, les médecins du Québec prescrivent plus que partout ailleurs au Canada des médicaments brevetés (50% des ordonnances), pour lesquels aucun générique n’est disponible, notamment parce que ces médicaments sont les seuls à faire l’objet d’une promotion auprès des médecins, qu’ils savent que tous les Québécois sont assurés pour leurs médicaments et qu’ils pensent, à tort, que l’assurance c’est gratuit. Or, 90% des nouveaux médicaments brevetés, généralement plus cher que ceux qu’ils remplacent, apportent des bénéfices nuls ou modestes en comparaison de médicaments déjà dans le marché et souvent disponibles en version générique (Rapports annuels 2001-2009 du CEPMB). Conclusion: la très grande majorité des patients pourraient être traités avec des médicaments pour lesquels un générique existe. D’autre part, le retour sur l’investissement médicaments est très faible, notamment parce 66% des médicaments traitent des maladies chroniques mais 7 patients sur 10 abandonnent leur thérapie avant la fin de la première année. On pense à tort que les médicaments, c’est plus facile que les changements d’habitudes de vie mais investir 30% des coûts des médicaments pour une utilisation non optimale et des traitements incomplets d’un taux de cholestérol ou d’hypertension élevé équivaut à jetter l’argent par la fenêtre. La situation est complexe, les intervenants nombreux, les enjeux politiques et financiers énormes et si une solution facile ou un gros coupable existait, ça fait longtemps que le problème serait réglé…

    • Plus de recherche de pointe et moins de médicaments. Mais c’est probablement trop simple pour nos grands dirigeants.

    • ”Les impôts sur les salaires et les retombées économiques de cette industrie de pointe dépassaient largement le coût de ces avantages pour les contribuables. ”

      On revient encore avec le mythe des retombées économiques ou fiscales que l’on ne croit pas pour ceux formés avec les profs des HÉC à l’UQAM, eux ils y croient…

      Pour les brevets, par contre, même les néoclassiques sont d’accord. Si l’argument est les retombées économiques et fiscales non il faut couper là-dedans et vous pouvez aussi couper dans les fonctionnaires qui font ces calculs là… Ils peuvent être faits mais sont peu pertinents sur le plan économique.

    • Je pense que cette question est futile si on ne l’analyse pas au niveau de toute la gestion que nous faisons de la Santé, de la médecine et de la prévention.

      Baaaah elorio emmerdeur ! , let’s take a pill ( the blue or the red, Alice ? ).

    • Je suis pharmacien propriétaire.

      Pour discuter de l’orientation de Québec dans le débat activité économique / économie d’argent liée aux médicaments, il faut se référer à la Politique du médicament publiée en 2006 par le MSSS. L’axe 4 de la politique est clairement dédiée à la place de l’industrie pharmaceutique dans l’économie québécoise. Toutefois, ce qui ressort aussi clairement est le constat que les médicaments génériques ne coûtent pas cher. En terme de volume, c’est environ 50-50 entre les génériques et les originaux. Or, les originaux représentent environ 80% du coût du système alors que les génériques ne représentent que 20%.

      Toujours selon la politique du médicament, il n’y a pas de préférence claire entre génériques et innovateurs, sauf au niveau de la règle des 15 ans qui a été maintenue à l’époque. Ce que dit la politique du médicament:

      “Selon le ministère des Finances, l’abolition de la « règle de 15 ans » aurait deux principaux
      effets directs sur l’économie québécoise : une réduction des investissements de l’industrie
      pharmaceutique au Québec et une baisse de la rentabilité de l’industrie pharmaceutique
      innovatrice intégrée consécutive à la diminution du prix moyen des médicaments.”

      Or, je me questionne sur un système de deux poids deux mesures pour les industries. Si le ministre des finances se préoccupent des innovateurs, pourquoi ne se préoccuperait-il pas des génériques? Les génériques représentent plus de 4100 emplois au Québec. On évaluait en 2005 à 8100 le nombre d’emplois chez les innovateurs. On sait qu’il y a eu des postes abolis depuis. Aussi, les innovateurs ont droit à des crédits d’impôts remboursables pour la R&D et des congés fiscaux pour chercheurs étrangers.

      Les innovateurs investissent beaucoup en comparaison à plusieurs autres secteurs économiques québécois, mais les mesures de soutien ne semblent pas porter fruit. Les emplois sont tout de même transférés à l’étranger ou abolis. Comme il a été dit, il n’y a plus de blockbusters dans le pipeline des compagnies pharmaceutiques. Les nouveaux médicaments sont pour la plupart des produits biologiques très dispendieux et hautement spécifiques ou ce sont des “me too”, des molécules qui n’apportent que très peu d’avantages thérapeutiques.

      Souvent, ces molécules sont un isomère d’une molécule (dans l’espace, la molécule peut être orientée R ou S. On utilise une orientation plutôt qu’un mélange) ou elles sont un métabolite actif (lorsque vous prenez un médicament, souvent le foie transforme ce médicament en plusieurs nouveaux produits – or un de ces produits peut être la forme active du médicament ou une autre forme plus active que le médicament lui-même). Sinon, ce sont le même médicament, mais avec une libération différente (par exemple, le médicament se libère de façon plus uniforme sur 24 heures ou se prend une fois par jour au lieu de 2 ou 3 fois) ou encore, c’est une combinaison de 2 médicaments déjà existants (le patient prend 1 comprimé au lieu d’en prendre 2, comme le Caduet qui combine Lipitor et Norvasc).

      Ce ne sont donc pas des investissements majeurs pour les compagnies pharmaceutiques novatrices. Il n’y a pas ou peu de risques. D’ailleurs, la recherche élémentaire est souvent faite par des “start ups” et ces compagnies s’associent ensuite à des grands pour faire les études cliniques, ou elles sont simplement achetées.

      Donc, sur ce point:
      Pourquoi vouloir aller couper uniquement là où se trouvent 20% des coûts? N’est-il pas plus logique de couper où se trouvent 80% des coûts? Si une route au Québec est responsable de 80% des accidents, je m’en occupe en priorité. Surtout si cette route n’aide pas plus au développement économique…

      Il y a des mesures simples comme l’abolition de la règle des 15 ans ou encore un meilleur contrôle des coûts initiaux des originaux. Un pot de Norvasc coûte environ 6$ à produire alors qu’il se vend 196$. Si le coût des originaux est mieux contrôlé, incidemment le coût des génériques baissera. D’ailleurs, l’industrie novatrice pourrait revoir certaines de ses dépenses en marketing et frais administratifs. Aux États-Unis, ceux-ci dépassent les coûts de recherche.

      Donc, est-il juste de couper seulement du côté générique? Je ne suis pas un économiste, je ne connais pas tous les enjeux du dossier, mais je me pose des questions.

      En temps que pharmacien propriétaire, il est certain que la baisse du prix des génériques nous affectera. Même si je réduis mon inventaire, il est impossible de rendre cela à zéro. Si j’ai 10 000$ de stock qui perdent la moitié de leur valeur en une nuit, c’est une perte. Si je vous dis que votre maison perd en une journée la moitié de votre valeur sur une décision administrative, vous ne serez pas heureux.

      Le ministre Bolduc se dit ouvert à discuter de compensations pour les pertes que cette décision engendrera pour les pharmaciens. Il y a aussi une perte associée à l’éventuelle diminution des allocations professionnelles. Il faut savoir que les pharmaciens ont droit à un retour d’un maximum de 20% des achats de médicaments génériques. Cet argent ne peut pas servir à n’importe quoi. Elle doit servir à maintenir ou à améliorer les services pharmaceutiques. Dans le même ordre d’idée, nous espérons que le ministre profitera des économiques qu’il réalisera pour financer de nouveaux services pharmaceutiques que les pharmaciens pourront offrir à la population.

      D’ailleurs, les pharmaciens veulent s’impliquer pour aider à réduire le coût des médicaments. Si les pharmaciens pouvaient substituer le médicament à l’intérieur d’une même classe thérapeutique, nous pourrions substituer un médicament qui n’a pas d’équivalent générique par un qui en a un. Il y a un médicament pour traiter le reflux gastrique par exemple qui n’a pas de générique. L’autre produit qui est tout à fait équivalent au plan thérapeutique a un générique. Cette mesure permettrait d’économiser des millions de dollars de médicaments sans avoir d’impact sur la santé des gens.

    • J’ai travaillé au sein de l’industrie pharmaceutique fabriquant des médicaments d’origine depuis 40 ans. J’y ai tenu différents postes de représentant à directeur administratif ventes et marketing. J’y agis encore comme consultant. J’ai bien gagné ma vie et j’ai terminé ma carrière avec un salaire dans les 6 chiffres. J’ai donc largement contribué à la société québécoise par mes impôts et les taxes payées. Les salaires que nous retrouvons dans l’industrie des médicaments d’origine sont plus élevés que ceux de l’industrie pharmaceutique générique qui sont reliés à des emplois de fabrications. Le nombre de diplômes universitaires de niveau B.Sc. et M.Sc. est généralement plus élévé que dans d’autres industries.
      Nous sommes tous un eu plus sensible au coût des médicaments, car ils touchent un élément essentiel à notre bien-être. Avons-nous un problème à payer plus de 100$ pour une crème anti-ride qui ne coûte pas plus cher à fabriquer qu’une pilule?
      Les coûts des médicaments ne doivent pas être pris isolément des autres coûts de la santé. Dû aux médicaments, les hospitalisations plus courtes et moins fréquentes. Nous avons des citoyens qui mène une vie active plus longtemps, qui payent des impôts plus longtemps, qui sont moins invalides, qui dépenses plus longtemps et davantage. Qui assiste aux concerts de l’OSM, de l’Opéra de Montréal, etc. les gens plus âgés…
      De façon générale, les brevets internationaux sont de 20 ans à partir de la découverte d’une molécule. 1/50-100 deviendra un médicament! Pour faire les différentes études qui vont mener à la mise en marché, nous devons compter de 7 à 10 ans. Il reste donc 10 à 12 ans pour récupérer la mise de fonds, faire la mise en marché et générer des ventes pour finalement faire des profits.
      Si ces profits étaient si élevés, tous les fonds de placement n’achèteraient que des actions des compagnies pharmaceutiques.
      En me basant sur mon expérience, je constate que les compagnies pharmaceutiques sont comme toutes les compagnies et tous les individus, la majorité sont de bons citoyens corporatifs contribuant au mieux-être de la population.
      Je crois qu’il faut continuer à soutenir nos compagnies découvrant et fabriquant des produits d’origine.
      Y-a-t-il place pour des changements ? Oui si nous plaçons le tout dans un contexte global.
      Robert Bourgault

    • Minuscule exemple sur les coûts faramineux du régime d’assurance médicaments du Québec. Depuis plus de 8 ans, je prend un comprimé de 200mg d’allopurinol quotidiennement. Cette molécule existe sur le marché depuis plus d’un demi siècle. Il est aussi connu des gens qui souffrent de la goutte que l’aspirine. Sauf qu’il doit être obtenu moyennant ordonnance.

      Le régime public rembourse l’allopurinol à un tarif au moins deux fois supérieur au marché. Allez savoir pourquoi ? Des échanges de correspondances avec l’ordre des pharmaciens, la régie, mon pharmacien m’ont apporté un éclairage surprenant.
      Le programme québécois est généreux pour les patients. Combien généreux pour les professionnels qui gravitent dans cet univers.

      Michel Lemay
      Drummondville

    • A titre de citoyen, je m’oppose à payer les contribution annuelle pour les médicaments. On ne peut me forcer à avaler quelque chose dont je ne veux pas. Il y a de plus de nombreux médicaments naturels. Je crois qu’on devrait redéfinir la médecine car les médecins actuels sont plus des charlatants que des médecins.

    • Juste a lire le début de cet article de Sophie Cousineau et je site
      est-ce que du bon Français ou bien on devrait répondre avec la pointe qui est dans notre FROC!

    • Subvention en R&D, Je sème à tout vent et je recolte nada …
      L’industrie pharmaceutique au Quebec,c’est des siège sociaux et bureaux de ventes et mettre un médicament sur le marché coûte encore presque un milliard.

    • C’est ici que les campagnes soutenues de prévention (saine alimentation, activités physiques, vie équilibrée) devraient prendre tout leurs sens. Une population en santé consomme moins de médicaments donc, coûte moins.

      À quand une véritable politique de la santé axée sur la prévention : sur taxation de la malbouffe, crédit d’impôt aux utilisateurs de vélos (ie Bixi.), légifération sévère et surtout appliquée au sujet des sources de pollutions (comme il y en a eu au sujet de l’essence au plomb, des émanations de souffre,) à la source de plusieurs maladies chroniques, augmentation des heures d’Activités physiques dans les écoles, obligation des élèves à assister à ces activités physiques (plus de passe droit), etc., etc.,

      Oh oui on me traitera de communiste, de totalitaire, de socialiste, de gouvermaman, mais qui est le pus profiteur, celui qui prend soins de sa santé ou celui qui s’en fout sachant que les médicaments qu’il prendra seront subventionnés et remboursés par le même gouvernement (gouvermaman pour lui) qu’il décrit tant.

      Oui ces personnes (la plupart de droite qui se foutent de l’environnement et de leur santé) qui crient au gouvermaman ont raison, ils retrouvent dans les actions actuelles du gouvernement leur môman qui prenaient soin d’eux lorsque dans leurs enfance, ils avaient un rhume ou un gros bobo. Des gros bobos qu’ils se faisaient parce qu’eux les p’tits durs n’écoutaient pas les conseils de leurs mamans mais couraient en pleurs dans les bras de leurs mômans dès qu’ils se faisaient bobos.

      La différence entre ceux qui prennent soins de leur santé et eux est que nous en grandissant, on s’est responsabilisé tandis qu’eux continuent d’être de grands enfants irresponsables sachant bien que leur gouvermaman viendra les consoler et prendre soins d’eux comme leurs môman le faisaient dans leur jeunesse.

      Gilbert Duquette

    • Les compagnies d’origines n’investissent pas autant qu’on pourrait le croire en recherche au Québec et il faudrait revoir les avantages qu’on leur accorde, surtout que les emplois sont de plus en plus transférés ailleurs.
      Les compagnies d’origine sont en difficulté présentement car elles n’ont pas suffisamment investi en recherche. Il faut consulter les états financiers des compagnies et regarder la proportion d’argent depensée en recherche par rapport à celle en publicité et marketing. Je suis pharmacien et j’ai travaillé pour une compagnie pharmaceutique de médicaments d’origines. Il faut savoir aussi qu’une partie de l’argent comptabilisée en recherche l’est plutôt en marketing. Dans mon emploi j’ai parfois eu pour tâche de concevoir des études cliniques de courte durée sans portée réelle médicale. Le but de ces études était de recruter un maximum de médecins (moyennant une allocation pour la participation a l’étude) pour les habituer à prescrire un médicament. Ces études devaient “ressembler” à une étude clinique afin d’être acceptées par le comité d’éthique et n’entrainer aucun risque de conclusion négative pour le médicament de la compagnie (on ne fait pas beaucoup avancer la science avec de telles études). Il faut donc en prendre et en laisser au niveau de l’argent investit en recherche. Ceci explique en partie pourquoi j’ai changé d’emploi.
      Les compagnies d’origines n’ont pas suffisamment investit en recherche, elles ont moins de molécules pour augmenter leur chiffre d’affaire. Le peu de recherche amène aussi sur le marché des molécules apportant très peu d’innovation thérapeutique. (Par exemple, l’antibiotique cipro donné deux fois par jour substitué à la fin de son brevet (surtout pas avant) par un cipro longue durée une fois par jour). Avec le peu de nouveaux médicaments innovateurs, si les compagnies veulent maintenir leur chiffre d’affaire, elles doivent augmenter le coût des médicaments et rationaliser la production (les centres de recherches sont surtout centralisés la où ça paye le plus. ie aux États-Unis). Le problème des budgets de recherche à la compagnie où je travaillais était également organisationnel. Les budgets étaient dans les mains des départements de marketing. Un manager pour un médicament donné était rarement en place plus de 2 ans à ce poste (on le relocalisait sur d’autres produits ensuite). Ce dernier avait donc des objectifs de performance à court terme. Il n’avait aucun intérêt à dépenser de l’argent dans une étude clinique (avec une véritable portée) dont on voit souvent les résultats après plus de deux ans de recherche.

      Cameleon a raison dans son commentaire. Au moment où j’ai quitté, la compagnie voulait faire de la recherche seulement dans 10 domaines. Il s’agissait de maladies chroniques touchant obligatoirement les pays industrialisés. Les compagnies veulent le meilleur retour d’investissement possible sur les molécules les plus payantes possible et c’est normal dans un monde capitaliste. En période de perte de revenus c’est encore plus vrai. Il faudra à ce niveau surveiller ce que les compagnies génériques feront car elles risquent de délaisser les molécules moins rentables et certains patients risquent de se retrouver sans traitement. J’espère que le ministre Bolduc y a pensé.

      Le ministre Bolduc a donné un coup de barre aux compagnies génériques et aux pharmaciens pour réduire les coûts. On ne peut être contre la vertu et on veut faire notre part pour soulager le système de santé. J’espere que l’approche sans mesures d’atténuation (contrairement a l’Ontario) du ministre ne fera pas de dommages collatéraux. Toutefois, il serait maintenant temps que le ministre écoute ce que les pharmaciens ont à dire pour rendre le système de santé plus efficace et moins coûteux. À part le fait de nous dire qu’il veut nous écouter et qu’il est ouvert à la discussion, le ministre n’a pas fait grand chose. Les pharmaciens ont des compétences nettement sous utilisées, le ministre écoute mais concrètement rien ne change pour l’instant. L’éditorial d’Alain Dubuc, Pharmacies : le Québec à la remorque illustre bien ce fait.

    • Moi je me pose la question suivante: est-ce que les médicaments génériques sont aussi efficaces que les médicaments d’origine? Je ne tiens pas à mettre ma santé en jeu pour économiser quelques piastres!

    • @ themusicalbox

      Très intéressant vos commentaires.J’aimerais avoir votre opinion sur les génériques.Depuis des
      années, le paiement mensuel de mes médicaments, atteignait le plafond fixé par le Gouv. et ma liste de médicaments était la même depuis 1965. À ma dernière visite, à ma grande surprise, le pharmacien me présenta une facture au montant de $129,40, c’est-à-dire un montant de $40,00 de plus sans l’ajout de médicaments. Il m’expliqua, que pour payer le même montant qu’avant, je devais prendre certains génériques, me disant que le résultat aura le même effet pour ma santé, seulement le nom du produit changeait. Alors, pour moi $40,00 de plus sur la facture en sachant qu’il n’y avait aucun danger pour ma santé, je demande de faire le changement et de me facturer sans le $40,00 en plus pour revenir à une facturation normale. Quelques semaines plus tard, je présentais le changement à mon médecin spécialiste qui me déclara qu’il n’aimait pas trop ce changement pour certains médicaments. Elle m’expliqua que plusieurs génériques sur cette liste avaient soit, un % 20 en plus comme effet ou un %20 en moins et que dans mon cas cette différence pouvait avoir un effet néfaste. Elle me fit une prescription pour une prise de sang pour savoir si les génériques étaient sans conséquence pour ma condition. J’ai rencontré le pharmacien pour lui dire qu’il avait oublié de me parler du %20 en plus ou en moins. Il déclara que mon médecin n’avait qu’à mettre devant chaque médicament « Pas de générique » et que
      la liste que j’avais avant, deviendrait la même et au même prix qu’avant. Conclusion, je n’ai rien contre les génériques, mais, je crois que le pharmacien avant de suivre les directives du Gouv, il
      devrait communiquer avec le médecin pour le bien du patient ou fournir au médecin une liste des médicaments et demander à ce dernier si des génériques peuvent s’appliquer. Comme mon cardiologue me disait, dans votre cas, certains génériques pourraient avoir un effet à long terme
      dans votre cas et ça, il n’en est pas question. Ce gouvernement dépense des millions en primes de départs chaque année et jette à l’eau des millions pour des études qui finissent le plus souvent dans les poubelles, alors, oui pour les génériques, mais, pas au prix de jouer avec la santé des gens.

    • erreur: lire 2001 au lieu de 1965.

    • @ pepeleputois

      Pour répondre à votre intérrogation, je vous copie-colle le commentaire d’un intervenant sur un blogue scientifique dont le sujet était le Lipitor :

      ”La biodisponibilité et le mode de libération des génériques sont évalués selon des normes strictes pour permettre leur mise sur le marché, en plus de la teneur en principe actif. Il y a autant de différence entre 2 compagnies génériques qu’entre le lot d’une même compagnie fabriqué le mardi et celui fabriqué le mercredi. Cela vaut aussi pour les originaux.

      Il ne faut pas oublier aussi que plusieurs compagnies novatrices possèdent leurs propres compagnies génériques. Ainsi, les génériques et les originaux sont souvent fabriqués sur la même chaîne de montage, mais emballés dans des contenants différents! Certains innovateurs ont été intelligents et ont tout simplement baissé le prix de leur molécule, coupant l’herbe sous le pied des génériques.
      Et avant qu’on me questionne sur mes compétences en pharmaco, je précise que je suis pharmacien depuis bientôt 7 ans. L’évaluation du prix d’un traitement fait partie intégrante de la prise de décision, dans un contexte de ressources limitées.”

      Mais pour que vous gardiez un peu d’interrogation je copie-colle le commentaire d’un autre intervenant du même blogue scientifique :

      ”Tous les génériques d’un même médicament ne sont pas pareils. La biodisponibilité du générique peut être de 80 à 125% pour être accepté par Santé Canada. L’efficacité n’est pas étudiée. Des pays européens refusent des génériques de certaines catégories de médicaments comme ceux pour l’épilepsie et les anti-dépresseurs. Affirmer qu’”il n’y a aucune différence de qualité” est un mythe véhiculé par les compagnies de génériques qui ne font aucune recherche qui bénéficie la population ou la communauté médicale. Un copie est toujours plus pâle que l’original.”

      Bonne journée et bonnes interrogations.

      P.S. Moi je penche plus vers le commentaire du premier intervenant (générique = original) que de celui du second (générique inférieur à l’original)

    • En tant qu’employée d’une des compagnies pharmaceutiques génériques, ce que je comprends de la réaction de ces dernières n’est pas qu’elles s’objectent à la réduction des prix. Après tout, elles s’en accomodent pour le cas de l’Ontario, ayant eu l’occasion de dire leur mot. Pour compenser les baisses de prix, le gouvernement interdit les allocations que les compagnies donnent aux pharmaciens pour récompenser l’achat de leurs médicaments. À ce point de vue, il faut noter qu’autant au Québec qu’en Ontario, les pharmaciens sont sous-payés pour exécuter les ordonnances. Ce manque à gagner étaient jusqu’alors comblé par les allocations des compagnies pharmaceutiques. Là où le bât blesse, c’est que le gouvernement québécois, fidèle à ses habitudes, n’a consulté personne et n’a surtout pas examiné la solution de l’Ontario.
      À titre personnel maintenant: Comme d’habitude, le gourvernement se tire dans le pied en apprenant pas des erreurs des autres. Nous sommes vraiment une société distincte: tel un adolescent, les autres tentent de nous aider mais nous sommes bien trop intelligents pour prendre les conseils. Non, il faut se casser la gueule avant de comprendre…

    • La R&D est un beau fourre-tout pour plusieurs entreprises. Pour passer à la dépense des frais de n’importe quoi (formation, bébelles, etc…) J’ai vu des partys corporatifs bien arrosés à Tremblant et ailleurs. Apparement, que les ’séances de brainstorming’ dans les pays du Sud (tout inclus), et les croisières de ressourcements/bonis sont monnaie courante…

      Tant mieux pour eux, mais qu’ils ne viennent pas nous faire brailler !

    • Les compagnies qui font de la recherche et du développement en pharmacologie devraient avoir 20 ans de protection de brevets comme tout le monde. Que le produit soit lancé 15 ans après l’obtention du brevet ou non.

      Il faut protéger les brevets à tout prix, je crois que tout le monde est d’accord.

      Mais les compagnies génériques ne font que copier une recette et il est vrai que les prix devraient être plus bas.

      Et pour le commun des mortels, l’expiration des brevets encourage les industries à développer de nouveaux médicaments.

      Donc, à part ceux qui s’en mettent plein les poches en copiant les recettes des compagnies qui dépensent des fortunes en recherche, je crois que tout le monde pourra être gagnant.

    • Prenons soin de mettre en perspective de nombreux éléments dans l`équation ici.
      D`abord, regardons la réalité pour ce qui est des prix des médicaments soient-ils d`origine ou génériques. Il en coute de 800 à 1200 milions de dollars pour développer une nouvelle molécule de son dévelopement pré-clinique à sa mise en marché. Au moment de la perte de brevet, un fabricant générique n`a qu`à effectuer une étude de bioéquivalence chez moins d`une centaine de personnes, à environ 5000 par individu ( dont 1000 iront dans les poches du cobaye). On parle donc ici d`un maximum de 500,000 dollars pour en arriver à prouver que le générique a une bioéquivalence de plus ou moins 15% face au médicament d`origine.
      Pour ce qui est un investissement de moins de un demi de 1% du fabricant d`origine, la compagnie générique a le loisir de charger 70% du prix d`origine si celui est le premier sur le marché et 50% pour le second. De plus, l`Institut Fraser a présenté récemment les résultats comparatifs des coûts canadiens des médicaments d`origine et génériques entre le Canada et les USA http://bit.ly/dhJEWu qui montrent que nous payons nous médicaments d`origine 53% moins chers que nos voisins du sud mais nos génériques 112% plus chers. De plus, il est faut de prétendre l`équivalence. Nombre d`échecs thérapeutiques ont été décrit lors de substitutions thérapeutiques, et ce notamment au niveau de la dépression, phénomène décrit dans la littérature. À 15% de moins de la concentration, il est clair que les taux sanguins sont moindres que la pilule d`origine. Et la FDA et les cours de justice américaines ont depuis peu aussi impliqué les compagnies génériques dans des causes portant sur des effets secondaires accrus au niveau des génériques, en tout point expliquépar le plus 15 % accepté aussi dans la définition de bioéquivalence qui permet l`approbation d`un générique. Sommes nous une société si distincte que nous ne suiviront pas les traces de la Grèce, l`Italie, l`Allemagne, le Portugal, l`Espagne et la France parm d`autres qui depuis les derniers deux mois ont mis sous contrôle le prix des génériques en réduisant les prix de 25 à 50 % selon les cas et pays ? De plus, il nous comprendre la détermination de prix des médicaments d`origine au Canada, où le tout est hautement réglémenté. En effet, le CRB accepte ou refuse les prix soumis, lequel doit être une moyenne des prix de référence de 7 autres pays. Ainsi, cela explique les résultats de l`Institut Fraser qui montre un net avantage pour les patients canadiens sur ce type de médicaments. Aucune règle de ce genre n`existe pour les médicaments génériques, ce qui explique le double du prix des USA où la compétition sur ce marché générique est féroce. Finalement, jettez un oeil à la capitalisation de TEVA ( le plus gros fabricant de générique au monde) qui se trouve parmi les dix plus grandes entreprises pharmaceutiques au monde… Pas si pire pour des simples copies. On a fait du sida une maladie chronique, réduit les mortalités de nombre de cancer, et les antibiotiques ont été une révolution du siècle dernier. Il a fallu l`innovation pour y parvenir. De plus, ne blamons pas toujours l`industrie pharmaceutique pour les échecs du passé. Un des commentaires fut des plus appropriés mettant en cause les docteurs qui parfois prescrivent de façon inadéquate certaines molécules. En effet, prenosn la situation des quinolones, où la résistance a détruit cette classe en sur prescrivant celle-ci pour des otites virales… Et les patients ou parents qui ne prennent leur prescription qu`à moitié…

    • J’ai travaillé en recherche pour un pharmaceutique il faut savoir que sur 50 molécule qui sont biologiquement active et qui coutent en gros toutes le même prix à développer une seule sera un succès commercial … et ce ne sont pas les chercheurs qui coutent cher … mon séjour a été bref on ne peut vivre dans un un et demi longtemps avec un salaire la motié du salaire moyen… ( c’était l’époque bénie de trudeau et John Kenneth gailbraith ou on nous disait que on n’avait pas a payer les chercheurs car eux il faisaient ce qu’il aimaient …. ben oui Calvesse…de …&%+***)

      J’ai fait autre chose… en controle qualité job plate mais payante on gagnait le double ….

      Le médicament c’est tout un système bien rodé et comprend tout un système de mise en marché complexe qui coute aussi très cher dont on ne parle jamais…… le générique c’est majoritairment en Ontario que ça se passe or au Québec comme on avait des major le gouvernement ne voulant pas dse tirer dans le pied en les pénalisant pour les envoyer au Mexique ou ailleurs a toujour été tolérant et bienveillant avec son industrie….

      Pour ceux qui veulent les tirer a bout portant …. le système capitaliste permet a tous d’investir en action de ces firmes souvent publiques… si c’est vrai qu’ils font tant d’argent vos actions vont monter et vous donner de bons dividendes …. non ???

      C’est ce que font les compagnie d’assurance privée qui remarquez ces temps ci malgré tout critiquent rarement le système dont ils ont appris à tirer parti…. Peur être pas moral mais parfaitement légal….comme le reste….

      Mais si vous êtes pauvre et malade comme disait Yvon Deschamps vous êtes mal parti… et ne vous avisez pas de blamer Dieu pour cette injustice car vous risquez l’Enfer … avez vous oublier qu’il faut souffrir pour aller au Ciel….

      Bienheureux ceux qui souffrent … Donc lachez vos pilules vous économiserez , vous allez souffrir mais vous serez bienheureux….

      Avez vous remarqué aussi quand le Gouvernement prend en charge un domaine ( exemple les médicament ) on assiste a une flambée innexpliquable des couts… j’aimerais me tromper mais je vous met au défi de me prouver le contraire….

    • @yhwh
      Et ou peut-on trouver l’information concernant les compagnies novatrices qui ont leurs compagnies génériques? Je prend du Lipitor depuis plusieurs années et mon taux de cholestérol est parfaitement controlé et je ne voudrais pas que des médicaments génériques de piètres qualités déséquilibre ma santé.

    • _cameleon_ a raison. L’état doit se mettre à produire des médicaments. Il ne peut être aussi inefficace que l’industrie pharmaceutique est prédatrice.
      A-t-on imaginé privatiser les pompiers? Les médicaments sont aussi d’utilité publique.

      Les prix des médicaments sont RIDICULE$. c’est de l’arnaque sur le dos des malades. En plus leurs recherches n’ont pas pour but de trouver des méedicaments qui guérissent vite mais de faire de l’argent avec des médicaments qu’on doit prendre à vie par exemple.

      Pour le soit-disant coût élevé de la recherche: par exemple, Un I-POD, Il y a pas mal plus de recherche (essayer de développer un écran tactile), énormément plus de complications de fabrication et ça vaut combien de pillules?

      L’Amérique du Nord est un continent LOBBY-dévelloppé. On voit de plus en plus ce que ça donne de la Louisiane au Nunnavut.

      Mais sans les pharmaceutiques, comment nos médecins auraient des laptop?

      Un contribuable qui en a ras-le-bol d’avaler la pillule ($1000 par québécois)

    • @louise52

      Les médicaments génériques sont, a priori, une copie de leur équivalent original. On y met le même principe actif, autrement dit, les mêmes molécules. Ces médicaments sont souvent fait par la méthode du “back-engineering” qui consiste à prendre la “pillule” en question, à en analyser le contenu et à essayer de reproduire exactement la même chose.

      Habituellement, les médicaments génériques sont donc une copie conforme de leur équivalent “original”. Je ne puis dire si c’est le cas de tous les génériques, mais il me semblerait logique que ce le soit. Pour plus d’information vous devriez en parler avec des pharmaciens ou des pharmacologues, ma formation de chimiste ne me permet pas de vous donner beaucoup plus d’information quant aux effets que la prise de générique pourrait engendrer par rapport aux médicaments originaux.

      @bravenewworld
      “Pour le soit-disant coût élevé de la recherche: par exemple, Un I-POD, Il y a pas mal plus de recherche (essayer de développer un écran tactile)”

      T’as déjà fait de la synthèse organique? Qu’est-ce que tu en sais? As-tu une idée du temps que ça peut prendre à développer une molécule active? Certes les médicaments sont probablement trop chers, mais faut pas savoir de quoi on parle pour minimiser la recherche qu’ils nécéssitent. En plus, les écrans tactiles, ça existe depuis des années… Et les complications de fabrication pour les médicaments, tu penses qu’il n’y en a pas?? Passer d’une réaction en labo à l’échelle de 100mL jusqu’à une réaction en usine à l’échelle de 1000L, c’est loin d’être un petit défi.

    • Un instant, je sens une larme coulé sur ma joue pour les pharmaceutiques… Bon c’est passé. Le mois dernier le magasine Protégez-vous a publié un bon article sur les médicaments et les pharmaceutiques…. Quand on lit cela, on assèche rapidement nos yeux.

    • Une étude intéressante :

      Dépenses en médicaments au Canada, de 1985 à 2009
      http://secure.cihi.ca/cihiweb/products/dex_1985_to_2009_f.pdf

      Le tableau comparatif en page 31 est particulièrement intéressant:
      “Total des dépenses en produits pharmaceutiques par habitant par rapport au
      total des dépenses de santé, pays de comparaison déclarants de l’OCDE, 2007*”

    • Pourquoi ne pas tout simplement boycotté les médicaments??? Faisons comme de nombreuses personnes veulent faire avec la compagnie Shell et boycottons la pharmaceutique. Si les médicaments sont dispendieux arrêtons de les prendres! Ici au québec nous voulons tout et gratuitement. Les gens devront se rendre comptes que la pharmaceutique et un *bonus* a la medecine moderne. Ce sont des chimistes et des biologistes qui offrent leurs services pour concevoir des molecules avec des applications thérapeutiques. Rendez vous compte de tous les préviléges cette industrie a donne pour votre bien-etre de santé. Plusieurs de nos grand-parents n’auront jamais eu ce prévilège de soigner leur cholestérole, leur cancer, leur asthme… etc. A mes yeux c’est la sur-prescription des médicaments qui engendre l’explosion des coûts et non le médicament lui-même. Rapellez vous que c’est un *bonus* a la medecine. L’ingénieur qui contruit une voiture de 1 000 000$ vous allez lui dire garde la ta bagnole j’paierais jamais ça. Mais le chercheur qui veut ventre sa pillule 1 000 000$ et qui guérit le Cancer vous allez le traiter de traite, de sans coeur car il peut sauver des vies…. Selon moi se chercheur a bien le droit de vendre ca pillule a son prix vous n’avez juste pas a les prendres et la refuser

    • @ pepeleputois

      Sans vouloir faire la promotion du générique vous pouvez faire une recherche sur internet avec le sigle suivant (ACMG) Association Canadienne des Médicaments Génériques.

      www.canadiangenerics.ca

      Ils ont une section ”pour nous écrire” et suremetn qu’ils pourront vous renseigner mieux que moi et que la plupart des intervenants des blogues.

    • @ pepeleputois

      Suite : Ils ont même uns section : Sociétés membres

    • @ Cameleon

      Très bon document, à mon avis les comparaisons à la p.39 sont plus révélatrices que le taux de croissance.

      Le Canada se classe en deuxième position mondiale pour le prix des médicaments par habitants avec 836$ vs l’Allemagne ou la France 656$ et 711$.

      On parle içi d’un écart de 100$ par habitant ou de 3,4 milliards de dollars par année. Pas étonnant qu’il y ait autant de lobby.

      Les points de contact entre l’industrie pharmaceutique et le gouvernement sont nombreux : obtention des brevets, le financement de la recherche par le biais des GENEREUX crédits d’impôts, l’inscription à la liste des médicament, le marketing pour les docteurs…

      @bassmanjp

      Il y a un truc qui me dérange. Je ne comprends absolument pas pourquoi c’est le médecin qui fait le choix du médicament. À mon avis, le système serait beaucoup plus efficient si le médecin faisait le diagnostic et envoyait le patient chez le pharmacien qui aurait pour tâche de lui fournir les médicaments appropriés pour son état. Les pharmaciens étudient pendant trois ans dans ce domaine restreint alors que les médecins étudient cinq ans au total. Cela diminuerait aussi les coûts de marketing pour les firmes pharmaceutiques.

      Est-ce que les pharmaciens sont trop occupés à gérer la section avant de leur pharmacie pour avoir le temps d’offrir ce genre de services ? En combien de temps PJC promet qu’un pharmacien sera millionaire en lui fournissant la mise de fond nécessaire ?

    • “get the blue pills. get the red pills, I will show you how deep the rabbit hole goes”

      Morpheus

    • @mister-tee

      Pour le choix du traitement, c’est une grande histoire du pourquoi le pharmacien ne choisit pas le traitement. Effectivement, le pharmacien a une formation très poussée en pharmacothérapie. Nous aimerions utiliser davantage ces connaissances et compétences pour aider le patient. Avant de pouvoir en arriver à choisir le traitement, il faut obtenir le diagnostic ainsi que l’intention thérapeutique. Ces informations ne sont en ce moment pas communiquer ou très rarement. Souvent, l’information n’est même pas communiquée au patient. Il est fréquent en pharmacie de voir un patient et celui-ci ne sait pas ce qu’il a. Il peut décrire ses symptômes, mais il n’a pas obtenu le diagnostic du médecin. Le fait que cette information ne soit pas partagée rend souvent la tâche difficile au pharmacien.

      Donc, ceci est une première information à obtenir. Il y a une résistance des médecins à fournir l’intention thérapeutique. Malheureusement, je ne saurais dire la raison exacte de cette résistance. Ensuite, nous demandons à avoir accès aux données de laboratoire. Celles-ci sont essentielles pour décider quel traitement initier et pour effectuer le suivi de l’efficacité et de l’innocuité du traitement. Ces données devraient être disponibles pour les pharmaciens avec l’avènement du dossier de santé électronique.

      Pour ce qui est des études du pharmacien, le programme universitaire a une durée de 4 ans et demi. Le programme de médecin consiste en une année préparatoire pour les candidats venant du CEGEP, puis 2 ans de programme, 2 ans d’externat et la résidence ensuite. La durée de la résidence varie selon la formation.

      Pour ce qui est de la gestion de la section avant, généralement cette gestion est faite par un gérant qui n’est pas un pharmacien. Dans plusieurs chaînes de pharmacies, cette section (papier de toilette et compagnie) n’appartient pas au pharmacien propriétaire, mais elle appartient à la chaine de pharmacies. Certaines pharmacies sont plus occupées que d’autres. Toutefois, une bonne organisation des services permettrait d’offrir ce genre de services. Il y a des services pharmaceutiques très évolués offerts dans plusieurs pharmacies, dont la mienne. Pour ce qui est de du million PJC, je ne pourrais pas dire s’il y a une promesse et un temps. Mais bon, ceci déraperait du sujet!

    • Hors sujet mais question pour Sophie Cousineau.

      Allez vous couvrir ou faire une entrevue pour le Fonds de solidarité FTQ qui rend son bilan annuel le 5 juillet prochain ?

      http://www.newswire.ca/fr/releases/archive/June2010/29/c9118.html

      Je vous pose la question car je viens de recevoir aujourd’hui un courriel m’invitant comme internaute à poser des questions. Une offre très intéressante mais je ne crois pas avoir assez de temps pour pouvoir poser vraiment les bonnes questions intelligentes sur cela. Je me suis un peu plus intéressé à la musique et au jazz dernièrement.

      C’est sûr que ce peut être intéressant pour eux d’avoir des internautes si on m’a donné une bonne adresse car c’est une adresse spéciale qui m’est venue avec une légère modification, j’ai pas vérifié encore… Mais on dirait bien que c’est crédible vu le communiqué suivant :

      http://www.newswire.ca/fr/releases/archive/June2010/29/c9118.html

      L’adresse de courriel est légèrement modifiée pour moi… Alors j’ai aussi pensé à la possibilité d’un canular… Bon mais comme je crois pas avoir le temps, DOMMAGE !

    • Pour ce qui est des génériques, je vous invite à lire les informations présentées sur le site du Conseil du Médicament.
      http://www.cdm.gouv.qc.ca/site/aid=1773.phtml#question4

      La détermination de l’équivalence thérapeutique est du devoir de votre pharmacien. Si le pharmacien effectue une substitution thérapeutique, il a des devoirs à accomplir. Voici un guide publié par l’Ordre des Pharmaciens quant à la substitution en pharmacie:
      http://www.opq.org/fr/media/docs/guides-normes/guide_substitution.pdf

      Vous remarquerez dans ce guide entre autres qu’un pharmacien PJC ne devrait pas vous servir de médicament générique Pro-Doc, que votre pharmacien devrait vous aviser s’il effectue une substitution, qu’il y a certains médicaments dont la substitution ne devrait pas se faire pour des raisons cliniques. La bioéquivalence ne représente pas automatiquement l’équivalence thérapeutique. Il y a des situations où une petite fluctuation peut entrainer des changements pour le patient. Il est important d’établir une bonne relation avec votre pharmacien et de prendre le temps de lui poser vos questions et de lui faire part de vos inquiétudes, le cas échéant.

      Il faut aussi savoir qu’il y a de la variabilité entre les lots d’un même médicament original. Comme il n’y a pas deux voitures identiques sur une ligne de montage, il n’y a pas des comprimés de médicaments identiques. Ceci peut être encore plus vrai si le médicament est d’un lot différent, fabriqué dans une usine différente. Même s’il porte le même nom de la même compagnie, il peut exister des différences entre deux lots. Ces différences doivent toutefois se trouver dans un écart acceptable.

      Il faut finalement savoir que la plupart des compagnies originales et génériques s’approvisionnent en matière première auprès des mêmes fournisseurs. Il y a un nombre limité de fournisseurs autorisés à exporter la matière première au Canada. La plupart des molécules chimiques sont produites en Inde ou en Chine. Les fabricants de médicaments importent la poudre du principe actif et des excipients en grande quantité. Ils fabriquent ensuite les comprimés ici et les testent ici.

      Dernier point que je veux apporter, il y a les “ultra-génériques”. Il arrive que des compagnies originales fournissent à un générique sa recette exacte de médicaments. Il arrive aussi que des compagnies originales fabriquent le médicament pour la compagnie générique. Le comprimé peut être exactement pareil (comme le Ran-Pantoprazole et le Pantoloc). L’estampillage peut être différent, mais le comprimé a exactement le même contenu que l’original. Il y a des licences de production qui sont émises.

      Dans un même ordre d’idée des ultragénériques, il y a des compagnies originales qui ont leur compagnie de génériques (!!!). C’est le cas de Pfizer qui détient la compagnie GenMed ou de Novartis qui détient la compagnie Sandoz.

    • @ bassmanjp

      Mêm si vos commentaires ne n’étaient pas adressé, je tiens vous remercier grandement Monsieur ou Madame des excellents commentaires et surtout d’avoir pris le temps de les écrire.
      Des commentaires instructifs comme ceux-ci, c’est très agréable à lire.

      Bonen journée.

    • Félicitations à tous et sincères remerciments ! J’ai tout lu vos commentaires et appris des choses intéressantes surtout des spécialistes pharmaciens ou ex-chercheurs.
      Il reste des réalités fondamentales:
      1- la recherche doit faire ses frais – donc pas évident que le bien commun soit gagnant – à quand une coalition internationale des gouvernements pour unifier la recherche et rendre les médicaments accessibles ?
      2- l’assurance médicament entraîne une hausse et de la consommation et des coût – ça va de pair avec toute intervention gouvernementale en général – la déduction des intérêtes sur hypothèque et le maintien des taux d’intérêts à un bas niveau ont entrainé une véritable orgie dans l’immobilier aux USA.
      3- personne ne distingue la médecine de prolongation qui coûte une fortune de celle qui est curative (et parfois préventive) et qui elle fait ses frais en rétablissant un citoyen productif – faudra bien faire la distinction un jour avant qu’on ne suffoque dans des actions non réfléchies – la vertue ne primera jamais sur l’économique.
      4- pourquoi des pays comme l’Inde ont commencé depuis trois ou quatre ans à informer les bureaux de brevets à travers le monde des produits utilisés dans leur médecine traditionnelle pour éviter que les grandes pharmaceutiques s’en emparent en les faisant breveter ? – les labos semblent au bout de leur capacité et les pharmas veulent continuer à engranger en se tournant vers les médecines traditionnelles. Faut le faire, non !!!!

    • @ yhwh

      Oui intéressant débat et civilisé à part ça ?

      Plusieurs interventions ont été fait par des gens en pharmacie , bien que’il tiennent un discour public sur la possibilité de Soulager le système de santé en pratique ils continuent a l’alourdir en se comportant comme de simple compteux de pilule plutot que des professionels au service du client ou des courtiers qui vous trouvent le meilleur prix … ( générique moins payant non ?)

      J’ai du mal a croire que par exemple en ajoutant deux comprimé a une boite de Lipitor en format de 28 ( pourquoi pas trente hein ??? psychologie mon cher Watson faut bien que le pharmacien justifie ses honoraires non ?) le pharmaciens ne se comporte que comme une étape suplémentaire dans le cout du médicament qu’on pourrait acheter chez Wall M…pour la moitié du prix. Domage que justement ces connaissances servent si peu ! Pour le moment en tout cas ils ne Soulagent que mon portefeuille … et ne vous faites pas d’illusions les gens ne sont pas dupes ….Et le client n’a qu’a prendre sa pilule!
      Bien que beaucoup déplore cette dégradation de la profession d”apoticaire” incluant les pharmaciens eux mêmes , il est Peu probable que la solution viennent spontanément du distributeur…

    • @basmanjp

      ”Le fait que cette information ne soit pas partagée rend souvent la tâche difficile au pharmacien.”

      Pas pareil dans le monde en France on a droit a une feuille 8par onze illisible que le pharmacien decripte de son mieux….par contre en Suède ou je me suis tapé un pneumonie on donne au pharmacien ( il n’y a pas de ”pharmacien” en suède mais des Apotikaires !) un numéro il retrace sur un ordi a distance le dossier médical ( et ça fait déjà plus de 15 ans… ici on attend encore pourtant on a des ordi…)et vérifie la correspondance entre le diagnostic et le produit suggérépar le médecin, le patient est assi dans un bureau confortablement ( il y a des gens agés en suède et quand on prend des pilules c’est pas parce qu’on est en santé ! j’étais bien content de m’assoir… ) par contre la boutique ne vend rien d’autre pour abaisser ses frais de loyer! …

      Oui il y a d’autre facons de faire…certainement plus valorisante pour le pharmacien…

    • @ bassmanjp

      Merci pour les explications.

      Je suis d’avis qu’il est grand temps que le rôle des professionnels de la santé, autre que les médecins, soit revalorisé.

    • @mononke

      Il faut savoir qu’en Suède, les pharmacies ont été longtemps nationalisées. La pharmacie privée a fait son apparition au début 2010 seulement. Possiblement que les pratiques changeront et que les nouveaux propriétaires tenteront d’établir une structure favorisant une rentabilité accrue.

      La section boutique des pharmacies servaient initialement à amortir les coûts de loyer. Puis, elle est devenue un moyen d’attirer des clients en faisant des promotions à très bas prix. Ce sont des “loss leaders”. Comme les règles régissant la pharmacie sont plus strictes, ce ne sont pas toutes les stratégies promotionnelles qui peuvent être utilisées. En profitant d’une boutique, le propriétaire pouvait faire divers types de promotion.

      Cette section est finalement devenue un commerce lucratif en elle-même. Il suffit de penser aux immenses sections cosmétiques par exemple. Les marges de profit sont très importantes sur ces produits.

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