
Le gouvernement de Stephen Harper est sur le point d’assouplir les règles de propriété étrangère dans les télécommunications. C’est ce que révèle ce matin le Globe & Mail, qui écrit que le ministre de l’Industrie, Tony Clement, en ferait l’annonce lundi, à l’occasion d’une rencontre de l’industrie à Toronto.
Cela ne devrait pas surprendre personne, puisque le gouvernement de Stephen Harper avait affiché ses couleurs lors du discours du Trône en mars dernier. En fait, c’est une marotte des conservateurs depuis qu’ils ont pris le pouvoir, en 2006.
Je n’ai rien contre un assouplissement de ces règles, qui limitent à 46,7% le contrôle étranger (direct et indirect) d’une entreprise canadienne dans les télécoms. Ici, on parle de tuyaux et de fils.
Mais il reste à voir le comment. Le ministre Clement pourrait permettre à des firmes étrangères de lancer des concurrents ou d’acquérir de petits joueurs dont la part de marché est inférieure à 10%, spécule le Globe.
Comme je l’écrivais dans cette chronique, le Canada doit s’assurer de ne pas offrir cette ouverture «gratuitement» aux Américains, sans obtenir la réciprocité en échange.
Par ailleurs, dans les conglomérats où le contenant est intimement associé au contenu, comme Quebecor, Shaw ou même Rogers, il faut s’assurer que la production culturelle soit dissociée du reste de l’entreprise. Ouvrir les télécoms, c’est une chose. Céder le contrôle de sa production culturelle, le dernier rempart de son identité, c’est hors de question.
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