Sophie Cousineau

Archive, juin 2010

Mercredi 30 juin 2010 | Mise en ligne à 9h37 | Commenter Commentaires (52)

Médicaments: pilule pas chère ou recherche de pointe?

Photo d'archives, La Presse.

Photo d'archives, La Presse.

On peut comprendre les fabricants de médicaments génériques d’être furieux. Avec l’effet domino de la décision de l’Ontario de couper les prix des médicaments génériques, qui prend effet le 1er juillet, ils devraient perdre la moitié de leurs revenus au Québec. Dur. D’où leurs menaces de représailles (emplois, investissements) s’ils ne sont pas mieux traités.

Cette affaire relance le vieux débat sur la politique industrielle du Québec dans le secteur pharmaceutique. Si Québec tient tant à économiser, pourquoi accorde-t-il encore un traitement de faveur aux fabricants de médicaments d’origine aux frais des contribuables, plaide l’industrie générique.

Ce traitement de faveur se manifeste notamment par la fameuse règle du 15 ans. En vertu de cette règle, les médicaments sont remboursés à leur plein prix pendant 15 ans à partir du moment de leur inscription sur la liste des médicaments du Québec. Et cela, même si les brevets viennent à échéance avant, ce qui devrait normalement permettre de les substituer par des médicaments génériques moins coûteux.

Cette politique se défendait parfaitement à une époque où les grandes sociétés pharmaceutiques étaient très actives et présentes au Québec. Les impôts sur les salaires et les retombées économiques de cette industrie de pointe dépassaient largement le coût de ces avantages pour les contribuables. Mais, la situation n’est peut-être plus tout aussi nette.

L’industrie du médicament d’origine se porte moins bien qu’avant. Les molécules prometteuses sont de plus en plus difficiles à identifier, de plus en plus coûteuses à développer. Ainsi, il y a moins de médicaments dits «blockbuster» pour remplacer les grands vendeurs dont les brevets expirent.

Ces difficultés ont entraîné une vague de consolidation dans l’industrie dont Montréal, comme tous les centres pharmaceutiques, paie le prix. L’emploi chez les fabricants d’origine du Québec a chuté à près de 9200 salariés, selon les données de l’Association Rx&D.

Pendant ce temps, les fabricants de médicaments génériques grandissent au Québec. Ils emploient environ 4800 salariés chez des entreprises comme Pharmascience, Sandoz ou Ratiopharm. Ils font aussi de la recherche, même si celle-ci n’est pas aussi innovatrice que les recherches menées par les fabricants de médicaments d’origine.

Dans un contexte de déficit budgétaire, le traitement préférentiel accordé par le gouvernement du Québec aux médicaments d’origine est-il toujours justifié? Les crédits d’impôt à la recherche suffiraient-ils à eux seuls à maintenir cette industrie de pointe ici ?

Ou faut-il conserver la règle du 15 ans au prix de médicaments payés au prix fort, afin de conserver cette expertise névralgique pour le Québec ?

Bref, qu’en pensez-vous ?

P.S. Ouvrir ce débat, c’est permettre à des gens de l’industrie d’influencer la conversation de ce blogue – et leurs lobbyistes sont aussi nombreux que zélés. Aussi, dans un esprit de transparence, il serait apprécié que vous déclariez vos intérêts, si vous travaillez pour l’une ou l’autre de ces industries. Ou si vous vous exprimez simplement à titre de citoyen ou de contribuable.

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Lundi 28 juin 2010 | Mise en ligne à 23h06 | Commenter Commentaires (69)

Grande Dépression III ?

Des Montréalais font la queue à la soupe populaire. Photo d'archives, La Presse.

Des Montréalais font la queue à la soupe populaire. Photo d'archives, La Presse.

«C’est la victoire d’une orthodoxie qui n’a rien à voir avec l’analyse rationnelle, et dont l’un des grands principes est d’affirmer son leadership en temps de crise en imposant la souffrance aux autres. Qui va payer le prix de cette orthodoxie ? Des dizaines de millions de chômeurs qui resteront sans travail pour des années, certains pour le reste de leurs jours.»

Paul Krugman

Dans sa dernière chronique du New York Times, un papier assez alarmiste que vous pouvez lire ici, ce prix Nobel d’économie affirme que les pays du G20 se tirent dans le pied en voulant s’attaquer trop rapidement aux déficits plutôt que de s’assurer que la relance soit mieux établie. Ce faisant, ils risquent de faire plonger l’économie mondiale dans une crise prolongée, marquée par une explosion du chômage et une chute des prix.

Cela s’est vu après la Crise économique de 1929. Cela s’est vu en 1873. Et plus près de notre époque, bien qu’à échelle réduite, cela s’observe au Japon, où le taux de chômage a encore grimpé, pour un troisième mois consécutif, alors que les économistes tablaient sur une baisse.

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Jeudi 24 juin 2010 | Mise en ligne à 12h16 | Commenter Commentaires (20)

Black n’est pas encore innocent

Photo d'archives, Presse canadienne.

Photo d'archives, Presse canadienne.

C’est une demie victoire pour Conrad Black, à la suite d’une décision de la Cour suprême des États-Unis, qui réprouve l’utilisation d’un procédé populaire auprès des procureurs de gouvernement pour faire condamner les criminels à cravate.

Les condamnations pour fraude de Conrad Black, tout comme celles de Jeffrey Skilling, l’ancien PDG d’Enron, seront donc considérées de nouveau par un tribunal inférieur. Elles pourraient ainsi être maintenues comme effacées en totalité.

À tout événement, Conrad Black n’est pas sorti de prison. C’est sa condamnation pour entrave à la justice (les fameuses boîtes sorties avec l’aide de son chauffeur par la porte d’en arrière de son bureau de Toronto) qui explique le gros de la sentence de six années et demie qui a été accordée à l’ancien éditeur des journaux de Hollinger International.

Il n’empêche que la perspective que Lord Black réussisse à réhabiliter son nom, comme il s’est juré de le faire, apparaît de moins en moins saugrenue. Qu’il dépense le dernier de ses sous pour payer sa batterie d’avocats, il le fera.

Mais pourra-t-il effacer le souvenir de cet homme arrogant qui a mené grand train au dépens des actionnaires de Hollinger International. Je ne le crois pas.

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