Sophie Cousineau

Archive, mai 2010

Lundi 31 mai 2010 | Mise en ligne à 11h15 | Commenter Commentaires (48)

Fabricant de trains mal ferré

 

Le Gautrain d'Afrique du Sud, construit par le consortium Bombela, de Bombardier. Photo Masimba Sasa, collaboration spéciale.

Le Gautrain d'Afrique du Sud, construit par le consortium Bombela, de Bombardier. Photo Masimba Sasa, collaboration spéciale.

Vous allez me dire que je défonce une porte ouverte. Il n’empêche qu’il y a des choses dans ce beau pays qui me donnent envie de hurler.

Comment se fait-il que l’Afrique du Sud réussisse à s’offrir un système de train rapide ? Train interurbain qui permettra aux voyageurs qui débarquent à l’aéroport international O.R. Tambo de Johannesburg de gagner le quartier des affaires de Sandton en 14 petites minutes.

Ce projet de près de 3,5 milliards US, que je vous décrivais ce week-end, est allé de l’avant malgré un déluge de critiques selon lesquelles ces fonds auraient été mieux investis dans les infrastructures de transport existantes.

Alors qu’ici, au pays de Bombardier, on n’est pas foutu d’avoir un système de train rapide, disons, entre l’aéroport Dorval et le centre-ville de Montréal. Et là, je ne parle pas de train à grande vitesse. Même la relance de l’économie par des investissements dans les infrastructures, ces deux dernières années, n’a pas fait progresser le dossier d’un TGV dans le corridor Québec-Windsor de façon marquée. Le pays s’est encore une fois enlisé dans de nouvelles études de faisabilité.

Pis, on est incapable, je dis bien INCAPABLE de remplacer les vieilles voitures du métro de Montréal, qui tombe en ruine, sans que cela ne vire en un feuilleton politico-légal. Feuilleton dont on ne voit plus la fin, surtout si la Société de Transport de Montréal retourne en appel d’offres. Pendant ce temps, ce sont les usagers du métro qui sont pris en otage par un système de transport dont la fiabilité est de plus en plus aléatoire.

L’incurie de nos élus et de nos administrations publiques est tout simplement révoltante.

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Mercredi 26 mai 2010 | Mise en ligne à 3h47 | Commenter Commentaires (33)

Une banque centrale privée ? Ja !

banque

Sixième carte postale d’Afrique du Sud…

Au détour d’une entrevue, c’est l’une des choses les plus surprenantes que j’ai apprises ici. Depuis sa création après la Première Guerre mondiale, soit en 1921, la banque centrale d’Afrique du Sud est une entreprise privée. Jusqu’en 2002, les actions de la Réserve d’Afrique du Sud s’échangeaient même à la Bourse de Johannesbourg !

Les 630 actionnaires de la banque ne peuvent plus échanger leurs actions sur un marché organisé. Celles-ci se négocient maintenant de gré à gré. Malgré tout, la Réserve d’Afrique du Sud insiste pour dire qu’elle n’est pas motivée par les profits, puisque les actionnaires ne peuvent recevoir un dividende supérieur à 10 cents par action. Tous les excédants sont versés au gouvernement d’Afrique du Sud.

Quant à l’indépendance de la banque centrale d’Afrique du Sud, elle n’est pas totale. La Réseve d’Afrique du Sud, qui est «redevable au parlement», dit jouir d’un «important degré d’autonomie».

Mais c’est le gouvernement qui choisit le gouverneur, dans le cas présent la gouverneure, Gill Marcus. Et c’est le gouvernement qui établit la fourchette de 3% à 6% entre laquelle l’inflation doit se situer, selon les projections des hausses de prix pour les deux prochaines années. À la banque de déterminer les moyens à prendre pour maintenir l’inflation à l’intérieur de ces paramètres.

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Dimanche 23 mai 2010 | Mise en ligne à 7h58 | Commenter Aucun commentaire

Soccer City : les fans cassent la baraque

  

 

 

Cinquième carte postale d’Afrique du Sud…

Des fans arrivent à Soccer City pour la finale de la coupe Nedbank. Photo AP.

Des fans arrivent à Soccer City pour la finale de la coupe Nedbank. Photo AP.

 

 

Obtenir des billets pour le premier match officiel joué à Soccer City depuis les rénovations et l’agrandissement de ce stade de la Coupe du monde, ce n’est pas une mince affaire. La finale de la Nedbank Cup, la première ligue d’Afrique du Sud, affichait complet depuis un bon moment. Les organisateurs avaient aussi repoussé les demandes de plusieurs journalistes, la galerie de presse ayant dépassé sa capacité d’accueil.

Mais il n’y a rien qui ne puisse s’arranger avec des supplications, des sourires, un fax et une grosse traite bancaire.

Se rendre à Soccer City, qui se trouve à Soweto, un township au sud-ouest de Johannesbourg, n’a rien de facile non plus. Ma collègue Nandi et moi avons été pris dans des bouchons monstres et avons mis deux heures et demie pour se rendre à ce stade où se tiendra les matchs d’ouverture et de finale de la Coupe du monde. (Espérons que le système de navette sera au point d’ici trois semaines !)

Certains automobilistes étaient si exaspérés qu’ils montaient sur les chaînes de trottoirs et abandonnaient leur voiture sur les parterres gazonnés, à un kilomètre du stade. D’autres ont transformé cette attente en tailgate party. Avec leurs portes ouvertes, des mini-fourgonnettes tanguaient d’un côté à l’autre alors que leurs passagers buvaient de la bière et dansaient au son d’une musique assourdissante, ponctuée de coups de vuvuzela, la célèbre trompette sud-africaine.

Ce n’était qu’un avant-goût de ce qui nous attendait au stade, un édifice en forme de calebasse africaine avec une capacité de 94 000 spectateurs, ce qui en fait le plus grand stade d’Afrique. Impossible d’avoir une conversation avec son voisin tellement la foule rieuse aux chandails multicolores est bruyante. L’on comprend mieux pourquoi certaines équipes ont réclamé (en vain) l’interdiction des vuvuzelas, de crainte d’être incapable de se concentrer.

Il n’y a que pendant l’hymne national de l’Afrique du Sud, chanté dans cinq des langues officielles de pays, que la foule s’est recueillie, sous le regard du président Jacob Zuma, venu assister au match entre AmaZulu et BidVest Wits.

Quel party ! Après le passage de cinq avions de chasse en formation au-dessus du stade ouvert, les amateurs de foot ont dansé, chanté, fait la vague et brandi des drapeaux de l’Afrique du Sud à bout de bras. Rares étaient ceux qui restaient collés sur leur siège orange. Je n’ose même pas imaginer ce que ce sera quand le Bafana Bafana, l’équipe nationale, jouera son premier match contre le Mexique.

Le match d’hier entre deux équipes qui ont déjoué les prédictions pour se retrouver en finale – à la façon du Canadien et des Flyers - s’est soldé par une victoire étonnante de BidVest. Pourtant, l’équipe de l’université de Witwatersrand, de Johannesbourg, n’avait pas dominé la partie. Ce n’est que vers la fin de la deuxième demie que BidVest a enfilé trois buts et que la défense d’AmaZulu, de Durban, dans la province du KwaZulu Natal, s’est écrasée.

Il y avait des partisans des deux équipes, et pourtant, presque tous faisaient la fête à la fin du match. Nombreux étaient ceux qui étaient venus admirer ce stade dont la nouvelle coquille extérieure est une mosaïque aux couleurs de la terre ocre et rouge des environs de Johannesbourg. Comme mon voisin, un employé de la construction qui a travaillé sur le nouveau stade Peter Mokaba, dans la province de Polokwane.

Tous voulaient faire partie de ce petit moment d’histoire. Tous voulaient signifier au reste du monde, comme le veut le slogan de cette Coupe du monde, que le temps de l’Afrique est venu. Ke Nako !

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