Cinquième carte postale d’Afrique du Sud…

Des fans arrivent à Soccer City pour la finale de la coupe Nedbank. Photo AP.
Obtenir des billets pour le premier match officiel joué à Soccer City depuis les rénovations et l’agrandissement de ce stade de la Coupe du monde, ce n’est pas une mince affaire. La finale de la Nedbank Cup, la première ligue d’Afrique du Sud, affichait complet depuis un bon moment. Les organisateurs avaient aussi repoussé les demandes de plusieurs journalistes, la galerie de presse ayant dépassé sa capacité d’accueil.
Mais il n’y a rien qui ne puisse s’arranger avec des supplications, des sourires, un fax et une grosse traite bancaire.
Se rendre à Soccer City, qui se trouve à Soweto, un township au sud-ouest de Johannesbourg, n’a rien de facile non plus. Ma collègue Nandi et moi avons été pris dans des bouchons monstres et avons mis deux heures et demie pour se rendre à ce stade où se tiendra les matchs d’ouverture et de finale de la Coupe du monde. (Espérons que le système de navette sera au point d’ici trois semaines !)
Certains automobilistes étaient si exaspérés qu’ils montaient sur les chaînes de trottoirs et abandonnaient leur voiture sur les parterres gazonnés, à un kilomètre du stade. D’autres ont transformé cette attente en tailgate party. Avec leurs portes ouvertes, des mini-fourgonnettes tanguaient d’un côté à l’autre alors que leurs passagers buvaient de la bière et dansaient au son d’une musique assourdissante, ponctuée de coups de vuvuzela, la célèbre trompette sud-africaine.
Ce n’était qu’un avant-goût de ce qui nous attendait au stade, un édifice en forme de calebasse africaine avec une capacité de 94 000 spectateurs, ce qui en fait le plus grand stade d’Afrique. Impossible d’avoir une conversation avec son voisin tellement la foule rieuse aux chandails multicolores est bruyante. L’on comprend mieux pourquoi certaines équipes ont réclamé (en vain) l’interdiction des vuvuzelas, de crainte d’être incapable de se concentrer.
Il n’y a que pendant l’hymne national de l’Afrique du Sud, chanté dans cinq des langues officielles de pays, que la foule s’est recueillie, sous le regard du président Jacob Zuma, venu assister au match entre AmaZulu et BidVest Wits.
Quel party ! Après le passage de cinq avions de chasse en formation au-dessus du stade ouvert, les amateurs de foot ont dansé, chanté, fait la vague et brandi des drapeaux de l’Afrique du Sud à bout de bras. Rares étaient ceux qui restaient collés sur leur siège orange. Je n’ose même pas imaginer ce que ce sera quand le Bafana Bafana, l’équipe nationale, jouera son premier match contre le Mexique.
Le match d’hier entre deux équipes qui ont déjoué les prédictions pour se retrouver en finale – à la façon du Canadien et des Flyers - s’est soldé par une victoire étonnante de BidVest. Pourtant, l’équipe de l’université de Witwatersrand, de Johannesbourg, n’avait pas dominé la partie. Ce n’est que vers la fin de la deuxième demie que BidVest a enfilé trois buts et que la défense d’AmaZulu, de Durban, dans la province du KwaZulu Natal, s’est écrasée.
Il y avait des partisans des deux équipes, et pourtant, presque tous faisaient la fête à la fin du match. Nombreux étaient ceux qui étaient venus admirer ce stade dont la nouvelle coquille extérieure est une mosaïque aux couleurs de la terre ocre et rouge des environs de Johannesbourg. Comme mon voisin, un employé de la construction qui a travaillé sur le nouveau stade Peter Mokaba, dans la province de Polokwane.
Tous voulaient faire partie de ce petit moment d’histoire. Tous voulaient signifier au reste du monde, comme le veut le slogan de cette Coupe du monde, que le temps de l’Afrique est venu. Ke Nako !