Même si la Caisse de dépôt et placement du Québec déteste l’exercice, la comparaison s’impose aussi naturellement qu’entre les villes de Québec et de Montréal.
Qui est le meilleur ? Si l’on regarde leur performance absolue en 2009, c’est Teachers’, la caisse de retraite des enseignants de l’Ontario, qui a encore une fois mieux fait, avec un rendement de global de 13% contre 10% pour la Caisse. À ce sujet, lire son communiqué ici.
La différence est encore plus importante qu’il n’y paraît quand on compare chaque institution à son indice de référence global. Chaque institution a son propre indice de comparaison, qui est notamment fonction de la pondération des investissements dans les différentes classes d’actif.
En 2009, la Caisse a accusé un retard de 410 points centésimaux par rapport à son indice de référence, qui s’élevait à 14,1%. De son côté, Teachers’ a surpassé de 420 points centésimaux son indice de référence consolidé, qui s’établissait lui à 8,8%.
Dans le monde de l’investissement, des écarts de cette ampleur, dans un sens comme dans l’autre, sont considérés comme énormes.
Cela dit, le rendement de Teachers’ se retrouve aussi en deçà du rendement médian des plus grandes caisses de retraite du pays, de 15,48% selon RBC Dexia.
Sous son administration précédente, la Caisse de dépôt avait expliqué la comparaison défavorable entre les deux institutions par la méthode d’évaluation comptable employée dans le secteur immobilier. La Caisse, qui est considérée comme une société de placement et non comme une caisse de retraite, doit évaluer son portefeuille immobilier à sa valeur au marché à une date donnée, dans le cas-ci le 31 décembre, quoi qu’il advienne ce jour-là. Ce n’est pas le cas de Teachers’, qui évalue ses investissements immobiliers comme des placements conservés à long terme.
Mais, à l’évidence, comme les résultats de 2009 l’ont démontré, ce n’est pas seulement la méthode d’évaluation comptable mais aussi le type d’investissement choisi qui a fait mal à la Caisse. La moitié de sa contreperformance s’explique par des pertes dans le secteur immobilier. La Caisse a été lourdement touchée par l’effondrement du marché commercial aux États-Unis, d’autant qu’elle avait consenti des prêts risqués (prêts mezzanines, en vertu desquels elle n’était pas un créancier de premier rang).
Teachers’ a aussi fait un usage beaucoup plus prudent de l’effet de levier. Or, autant l’effet de levier peut bonifier un rendement, autant il peut vous exploser au visage, comme un élastique trop étiré, quand un investissement tourne mal.
En une phrase, ceci explique cela.
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