
Lloyd Blankfein lors de son témoignage à Washington mardi. Photo Reuters.
C’est dans l’ordre des choses que les autorités policières mettent leur nez dans les affaires de Goldman Sachs, à la suggestion de la Securities & Exchange Commission (SEC). Le gendarme de la Bourse aux États-Unis a déjà déposé des accusations au civil ayant trait à de fausses représentations présumées auprès d’investisseurs.
Ce n’est pas parce que des policiers ouvrent une enquête que des accusations formelles suivront nécessairement, il faut bien le dire. Néanmoins, c’est la cerise sur le gâteau pour Goldman Sachs, qui a connu une semaine éprouvante.
Les dirigeants de la firme qui s’est la mieux sortie de la crise financière ont été retournés sur le gril pendant 11 heures, mardi, lors d’une commission sénatoriale. Le lendemain, tous les tabloïds de New York ont agrandi la bouille du chef de la direction, Lloyd Blankfein, des photos peu flatteuses encadrées de critiques acerbes de sénateurs.
À New York, où je me trouvais justement, c’était le «talk of the town», autant dans les cercles financiers que dans la rue. Pour monsieur, madame Tout le monde, se faire traiter de banquier à la Goldman passe pour une insulte. Mais sur Wall Street, Goldman est maintenant perçue comme un bouc émissaire, puisque toutes les firmes se comportent de la même façon…
Le «Goldman bashing» tient beaucoup au calendrier électoral aux États-Unis. Sinon, je ne pense pas que les représentants et sénateurs, démocrates comme républicains, mordraient avec autant d’empressement la main qui nourrit leurs campagnes.
Cette tempête ne soufflera donc pas éternellement. Mais il y a plus inquiétant dans ce dernier développement pour Goldman Sachs, qui a toujours prétendu à un certain ascendant moral sur Wall Street. Selon les sources du Wall Street Journal, les policiers examinent de nouvelles transactions suspectes et non pas uniquement celles pour lesquelles la firme a été mise en cause par la SEC.
Pour une institution dont le fond de commerce repose sur la confiance, cela ressemble de plus en plus à une nappe de pétrole qui s’étend sans qu’on n’arrive à la contenir…
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