
Photo d'archives, AP.
J’ai vraiment du mal à imaginer que l’on puisse construire une plateforme de forage au large des plages du parc national de Cape Hatteras, en Caroline du Nord. Encore plus qu’un président démocrate qui se décrit comme vert puisse consentir à pareille chose, le fantasme ultime de l’industrie pétrolière.
C’est pourtant ce que le président Barack Obama annonce en ouvrant de larges segments des côtes américaines à l’exploration gazière et pétrolière, mettant ainsi fin à un long moratoire, révèle le New York Times.
Les sociétés énergétiques pourront faire de la prospection du nord du Delaware jusqu’au centre de la Floride, ainsi qu’en Alaska, à l’exception notable de la baie Bristol, un écosystème fragilisé où les baleines sont menacées.
Cette décision découle de la volonté de l’administration Obama d’accroître sa sécurité énergétique. Il s’agit aussi d’un compromis pour rallier des appuis chez les républicains au Sénat au sujet d’une politique plus large sur l’énergie et la pollution atmosphérique. Des appuis qui seraient moins coûteux à arracher que chez les démocrates, comme la réforme de la santé l’a amplement démontré, a expliqué le journaliste émérite Thomas Friedman, auteur de Hot, Flat and Crowded, en entrevue avec mon collègue François Cardinal.
Il n’empêche que cette décision va heurter les environnementalistes, les partisans de Barack Obama et les élus des États dont les côtes seront exposées aux conséquences de ces activités industrielles. Et cela, sans pour autant séduire les républicains indécis, proches de l’industrie pétrolière.
Jusqu’à quel point faut-il faire des compromis ?
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