Sophie Cousineau

Archive du 25 février 2010

Jeudi 25 février 2010 | Mise en ligne à 13h57 | Commenter Commentaires (39)

Caisse: on se compare, on se désole

Michael Sabia, président de la Caisse de dépôt et placement du Québec, au dévoilement des résultats 2009. Photo Martin Chamberland, La Presse.

Michael Sabia, président de la Caisse de dépôt et placement du Québec, au dévoilement des résultats 2009. Photo Martin Chamberland, La Presse.

«Notre engagement, c’est de travailler sans relâche pour reconstruire et renforcer la Caisse, afin que 2008 devienne non pas un souvenir heureux mais un souvenir lointain.»

C’est ce que Michael Sabia, président et chef de la direction de la Caisse de dépôt et placement du Québec, a déclaré à la toute fin de la conférence de presse tenue ce matin dans l’atrium du quartier général de l’institution financière.

La Caisse a dévoilé ce matin un rendement de 10% pour son année financière 2009, un revirement remarquable comparativement à la chute de 25% encaissée en 2008. Ainsi, son actif net a progressé de 120,0 à 131,6 milliards de dollars.

Un rendement dans les deux chiffres, cela semblait encore inespéré il y a quelques mois, alors que les déposants craignaient un mince rendement de 5% ou de 6%. Mais, c’est quand on se compare qu’on se désole.

La performance de la Caisse est largement inférieure autant à celle des indices de référence qu’à celle des grandes caisses de retraite du pays. La différence est de 410 points centésimaux avec les indices et de 544 points centésimaux avec le rendement médian des grandes caisses canadiennes (un milliard ou plus en actif) mesuré par RBC Dexia.

Dans le monde de l’investissement, c’est colossal. Il est d’ailleurs révélateur que la Caisse n’ait pas situé son rang quartile (4e), comme elle le faisait par les années passées. Pour la deuxième année de suite, la Caisse se trouve  dans la queue du peloton.

Ainsi, la crise financière de 2008 hante toujours la Caisse.

Les prêts immobiliers risqués dans lesquels la Caisse de dépôt s’était aventurée sous Henri-Paul Rousseau expliquent la moitié de cette contre-performance.

Autre facteur important, la crise du PCAA. Elle a immobilisé les liquidités de la Caisse en pleine crise financière, au moment où elle en avait cruellement besoin. C’est ce qui a contraint les gestionnaires de la Caisse à liquider le tiers de leurs actions – le tiers! – à l’automne 2008.

Résultat : la Caisse était sous-pondérée en actions au début de 2009 (22,4% de son actif) compativement au début de 2008 (36,3%). «La Caisse n’a pas pu profiter pleinement du regain des marchés boursiers», a noté Michael Sabia.

Tout cela pour dire que 2008 est encore loin d’être un souvenir distant. Surtout pour les cotisants de la Régie des rentes de retraite, le deuxième déposant de la Caisse qui réfléchit à une possible hausse de ses cotisations. Les Québécois n’ont pas fini de réparer les pots cassés.

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