Sophie Cousineau

Archive du 16 février 2010

Mardi 16 février 2010 | Mise en ligne à 10h36 | Commenter Commentaires (77)

Hypothèques : le GBS

Photo Martin Tremblay, La Presse.

Photo Martin Tremblay, La Presse.

Le ministre des Finances, Jim Flaherty, a donné un petit coup de vis dans les règles qui encadrent les hypothèques.

Il y a quelque chose d’un peu irritant dans le fait que le gouvernement se sente obligé d’intervenir pour protéger des acheteurs de maison que l’on traite ici comme des enfants qui manquent de tout jugement financier.

Mais bon, les trois nouvelles règles en question, expliquées ici, tiennent du gros bon sens.

Un acheteur de maison sera-t-il capable d’honorer le paiement d’une hypothèque de cinq ans à taux fixe ? S’il échoue ce test – alors que tous s’attendent à ce que les taux remontent prochainement –, il ne pourra acquérir une résidence, même si cet acheteur comptait emprunter à taux variable ou pour une échéance plus courte.

Un acheteur de maison ne pourra plus «réhypothéquer» sa maison à hauteur de 95% mais bien à un maximum de 90%. Quant à moi, cela aurait aussi bien pu descendre à 75% tellement ce type d’opération présente des risques, surtout lorsqu’il sert à financer un train de vie trop élevé par rapport à ses moyens réels.

Un investisseur qui achète une propriété sans avoir l’intention de l’occuper devra déposer une mise de fonds d’au moins 20%. Ce faisant, le gouvernement se braque contre les spéculateurs.

Ces trois mesures ne devraient rien changer dans la vie de monsieur et madame tout le monde, si tant est qu’ils ne sont pas complètement étourdis.

Et, elles ne devraient pas avoir un grand effet sur le marché immobilier au pays, sauf peut-être sur certains centres de villégiature où les prix des condos sont poussés par la spéculation.

Le ministre Flaherty se garde – pour l’instant – de toucher à la durée des hypothèques (durée maximale de 35 ans) ou encore à la mise de fond minimale pour l’achat d’une résidence principale, de 5%. De tels resserrements pourraient limiter l’accès à la propriété dans les marchés les plus onéreux comme Vancouver et Toronto. Et là, c’est beaucoup plus délicat.

Ceci explique cela : le ministre Flaherty ne croit pas que le pays se trouve en pleine bulle immobilière, contrairement au gestionnaire montréalais Stephen Jarislowsky, entre autres.

Il est vrai que la situation au Canada n’a rien à voir avec celle aux États-Unis, où 13,5% des emprunteurs américains étaient en retard sur leurs paiements hypothécaires en novembre. Près de 11 millions d’Américains sont coincés avec un prêt plus élevé que la valeur dégonflée de leur  maison.

Mais, il y a néanmoins de petites pointes de surchauffe au pays, autant dans le nombre de transactions que dans la hausse des prix sur certains marchés. Aussi, Jim Flaherty brandit la menace d’une autre intervention si les prêteurs ne s’autodisciplinent pas et si le marché s’emballe.

Croyez-vous que le Canada se trouve en pleine bulle immobilière ? Et si oui, Jim Flaherty devrait-il intervenir de façon plus énergique ? Ou est-ce que ces mesures, prudentes, suffiront à éliminer les excès ?

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