Sophie Cousineau

Archive, avril 2009

Jeudi 30 avril 2009 | Mise en ligne à 13h11 | Commenter Commentaires (17)

Caisse: des gagnants, des perdants et une survivante

sabia2.jpg

Que Michael Sabia brasse la cage à la Caisse de dépôt et placement du Québec, ce n’est pas une grande surprise.

Un électrochoc était souhaitable, compte tenu des ratés des deux dernières années, même si celui-ci se traduit par l’abolition de 55 postes. Cela ne passera pas inaperçu à la Caisse, qui emploie quelque 800 salariés.

Cette restructuration, qui vise à «mieux gérer les risques», fait des gagnants et des perdants au sein du comité de direction. Lire le communiqué ici.

Michael Sabia confie plus de responsabilités à Normand Provost (grand responsable des placements privés) et à Ghislain Parent (finances et opérations). Normand Provost ajoute ainsi le titre de chef de l’exploitation à sa carte professionnelle.

Nouveau patron des marchés boursiers, Jean-Luc Gravel, un spécialiste des actions canadiennes, entre à la haute direction.

Michel Malo (responsable des fonds de couverture) et Francois Grenier (marchés boursiers) perdent leurs postes. Cela, c’est évidemment en plus de Fernand Perreault et de Richard Guay, qui ont abandonné leurs fonctions ces derniers mois. Aujourd’hui, ils conseillent uniquement Michael Sabia.

La surprise, c’est que Susan Kudzman reste à la haute direction. Actuaire de formation et spécialiste en ressources humaines, Susan Kudzman était ultimement responsable de la gestion du risque lorsque la crise du papier commercial a éclaté.

Encore plus étonnant, elle conserve cette responsabilité en devenant «chef de la direction du risque». Mais c’est peut-être un cas de rétrogradation déguisée en promotion. En effet, la Caisse entoure Susan Kudzman d’une vingtaine de cracks de la gestion du risque, qui seront intégrés aux équipes de tous les secteurs d’investissement.

Cette ex-première vice-présidente ne s’occupera plus, par ailleurs, des relations avec les déposants, relations qui ont certainement connu des jours meilleurs. C’est Bernard Morency qui prend le relais en héritant d’un nouveau poste de premier vice-président.

Photo François Roy, La Presse

Lire les commentaires (17)  |  Commenter cet article






lewis1.jpg 

Coup de théâtre : le chef de la direction de la Bank of America, Kenneth Lewis, a perdu la présidence du conseil d’administration à la suite d’un vote des actionnaires qui a été si serré qu’il a nécessité un long recomptage des bulletins.

Ainsi, des actionnaires représentant 50,34% des actions en circulation ont voté pour chasser Kenneth Lewis de cette fonction, en raison du mécontentement que suscitent les acquisitions des firmes Merrill Lynch et Countrywide Financial. Bank of America, rappelons-le, a cautionné le paiement hâtif de plantureuses primes aux employés de Merrill Lynch.

Selon le Wall Street Journal, jamais un président du conseil a été détrôné de la sorte aux États-Unis à la suite d’un vote des actionnaires.

Kenneth Lewis occupait ce poste depuis 2001. Le conseil d’administration a choisi l’administrateur Walter Massey, un universitaire d’Atlanta, pour lui succéder.

Kenneth Lewis reste tout de même administrateur de la banque au terme d’un vote séparé qui l’a reconduit au conseil, en raison, selon certains, de l’appui de fidèles courtiers. À ce sujet, lire le commentaire précédent. 

Kenneth Lewis, dont la légitimité apparaît de plus en plus fragile, aurait laissé savoir aux autres administrateurs qu’il entendait quitter la Bank of America dès que la crise sera passée, dans trois ans au plus tard.

Il n’empêche que les actionnaires viennent de lui envoyer un message percutant. 

Des manifestants protestent en marge de l’assemblée annuelle de la Bank of America, qui s’est étirée pendant quatre heures aujourd’hui à Charlotte, en Caroline du Nord. Photo Reuters.

Lire les commentaires (9)  |  Commenter cet article






Mercredi 29 avril 2009 | Mise en ligne à 10h39 | Commenter Commentaires (6)

Tasse-toi le courtier, on a un putsch à orchestrer

lewis.jpg

Si le grand patron controversé de la Bank of America, Kenneth Lewis, réussit à conserver son poste aujourd’hui, lors de l’assemblée annuelle de cette banque, il devra vraisemblablement sa réélection au vote des courtiers. C’est ce que suppute l’agence de nouvelles Reuters.

En effet, même si de grands investisseurs institutionnels comme Calpers, la caisse de retraite des fonctionnaires de la Californie, refusent de reconduire le mandat des administrateurs de la Bank of America, leur influence reste limitée comparativement à celle des courtiers.

Les courtiers peuvent exercer tous les droits de vote des actions de leurs clients, même si ceux-ci ne donnent aucune instruction à cet effet. Or, comme les courtiers ont tendance à se ranger avec la haute direction des entreprises, les sociétés sur la sellette peuvent toujours compter sur ces alliés.

Toutefois, la Securities & Echange Commission, la police de la Bourse aux États-Unis, serait sur le point de changer cette vieille règle qui remonte à 1937, a révélé le Wall Street Journal le week-end dernier, dans un article qui est passé relativement inaperçu. Les courtiers ne pourraient donc plus voter au nom de leurs clients qui se désintéressent de la conduite des affaires des entreprises dans lesquelles ils ont investi.

Ainsi, les courtiers perdraient leur influence sur ces titres, qui représentent, en moyenne, 30% des actions en circulation d’une entreprise, estime Randall Thomas, professeur de management à l’école de droit de l’Université Vanderbilt, au Tennessee. Dans le cas de la Bank of America, par exemple, on estime à 22% du total des actions l’emprise des courtiers.

Bref, les administrateurs qui sont sur la sellette ne pourront plus s’en tirer aussi facilement. Et les défenseurs des droits des actionnaires auront plus de facilité à orchestrer un putsch.

Viva la revolución !

Lire les commentaires (6)  |  Commenter cet article






publicité

  • Catégories

  • Blogues sur lapresse

    publicité

  • Calendrier

    juillet 2012
    L Ma Me J V S D
    « juin    
     1
    2345678
    9101112131415
    16171819202122
    23242526272829
    3031  
  • Archives

  • publicité