Déjà qu’on lui balance des souliers par la tête en fin de mandat, le président George W. Bush ne voulait pas passer à l’histoire comme celui qui a mis la clef dans la porte à Détroit. Et cela, même si une restructuration ordonnée serait sans doute la façon la plus rapide de réduire la taille de ces constructeurs automobiles obèses qui sont aux prises avec des dettes, des usines, des employés et des concessionnaires en trop.
Les 17,4 milliards de dollars que la Maison-Blanche consent à prêter à General Motors et à Chrysler, c’est tout juste assez d’argent pour que ces fabricants passent la période des Fêtes et entament l’année 2009. Ainsi, si la restructuration est évitée à court terme, rien ne dit que les constructeurs ne seront pas contraints de prendre les grands moyens plus tard.
D’ailleurs, l’ultimatum que Washington a fixé, soit que les constructeurs soient viables d’ici trois mois, semble presque impossible à atteindre. Chose certaine, il faudra obtenir des concessions très rapides des créanciers, des syndicats, des fournisseurs et des concessionnaires tout à la fois.
Washington a assorti ses prêts-relais de plusieurs conditions qui vont de soi, comme de limiter la rémunération des hauts dirigeants ou d’interdire le paiement de dividendes aux actionnaires tant que ces prêts n’auront pas été remboursés.
Mais la Maison-Blanche lie aussi son aide à des conditions qui ont hérissé les dirigeants syndicaux des UAW et les démocrates. Ainsi, l’administration Bush réclame que la rémunération des travailleurs de l’auto soit concurrentielle avec celle des salariés à l’emploi des constructeurs asiatiques en Amérique du Nord dès la fin de 2009. Toutefois, ces conditions ne sont pas strictes, dans la mesure où les constructeurs en détresse peuvent se justifier et expliquer pourquoi ils n’ont pas atteint la cible.
Bref, pour ménager la chèvre et le chou, on semble dire une chose et son contraire. Mais cela n’a pas vraiment d’importance, puisque d’ici un mois, ce sera le problème de Barack Obama.