Sophie Cousineau

Archive, octobre 2008

Vendredi 31 octobre 2008 | Mise en ligne à 21h02 | Commenter Commentaires (8)

Ted Rogers hospitalisé

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Un des plus grands hommes d’affaires canadien, Ted Rogers, qui a bâti de lui-même Rogers Communications, un géant des médias et des télécoms, vient d’être hospitalisé en raison d’ennuis cardiaques. Le fondateur de Rogers, âgé de 75 ans, laisse la direction de l’entreprise à son associé de longue date, Alan Horn, l’actuel président du conseil.

L’empire Rogers, qui s’étend du magazine L’actualité à l’équipe de baseball des Blue Jays de Toronto en passant par Rogers Sans-fil, le joyau de la couronne, a une valeur de 18,3 milliards de dollars, rapporte le Globe & Mail.

Ces ennuis de santé surviennent alors que Ted Rogers se trouve en quelque sorte au sommet de sa gloire. Personne ne donnait cher de Rogers il y a quelques années, alors que l’entreprise semblait crouler sous ses dettes. Mais Ted Rogers a réussi à démontrer que sa stratégie d’affaires était futée.

On se souviendra toutefois qu’il avait échoué à acquérir Vidéotron, le câblodistributeur de la famille Chagnon que lui avait raflé Quebecor.

Son hospitalisation signale vraisemblablement le début de sa course à sa succession.

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Vendredi 31 octobre 2008 | Mise en ligne à 0h57 | Commenter Commentaires (25)

Journalisme : métier en voie de compression

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Désolée de l’interlude, je rentre d’un voyage éclair en Ontario pour un reportage que vous lirez bientôt. Entre-temps, je me suis bien amusée de vos témoignages sur la propreté des bureaux, surtout ceux qui vivent l’expérience des escouades 5S. Fabuleux ! Non, il n’y a pas de petits sujets.

Mais revenons aux grands sujets, puisqu’ils abondent, de la mission avortée de Jean Charest en Chine, une gaffe diplomatique, du publi-reportage télévisé d’Obama, au nouveau cabinet Harper, grâce auquel la région de Montréal est maintenant représentée par le député de Mégantic !

Déformation professionnelle, j’ai été frappée par la coupe à vif de 10% de l’effectif des rédactions des journaux Gannett, il y en a 84 en tout, le plus connu étant le USA Today. Cela pourrait se traduire par la mise à pied de jusqu’à 3000 journalistes.

Ceci explique cela : les dernières données du Audit Bureau of Circulation, qui fait autorité, font montre d’une autre baisse du tirage des journaux américains. Il a reculé de 3,6% pour les six mois terminés à la fin de mars 2008 comparativement à la même période de l’année précédente.

Pis, si la fusion des motoristes General Motors et Chrysler se concrétise, les quotidiens vont perdre l’un de leurs plus grands annonceurs. Bref, ils risquent tous d’y goûter.

Le journal ne cesse de rapetisser.

Quand je suis arrivée dans le métier, au début des années 90, les jeunes journalistes qui voulaient se tailler une place en arrachaient. Puis, petit à petit, de nombreux postes se sont créés, avec l’arrivée des chaînes d’information continue et la création des sites de nouvelles internet. De sorte que les jeunes (hum!) et un peu moins jeunes journalistes d’aujourd’hui n’ont jamais connu de vagues de compressions.

Cette menace n’est pas seulement cyclique mais structurelle. Le métier tel qu’on le connaissait est en train de disparaître. Il renaît autrement, sur internet. Parfois, ce n’est pas pour le mieux, surtout que les sites ont rarement les ressources et la rigueur des médias traditionnels.

Dans le contexte, j’ai apprécié cet article du Globe & Mail, qui explique le modèle d’affaires du site américain Politico. Ce jeune site jouit d’un grand respect, grâce à ses reporters chevronnés et à ses enquêtes.  À la faveur d’une course électorale palpitante, la fréquentation de ce site a d’ailleurs décollé en flèche. 

Notons, toutefois, que c’est encore avec sa version papier, distribuée à Washington, que Politico fait son fric !

La petite question : ce site très ciblé survivra-t-il à la baisse d’intérêt envers la Maison-Blanche qui suivra inélucablement l’élection d’un nouveau président, le 4 novembre ?  

La grande question : sur quels supports et avec quels moyens est-ce que les journalistes travailleront demain ?

Photo Pierre Côté, La Presse

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Mardi 28 octobre 2008 | Mise en ligne à 12h09 | Commenter Commentaires (84)

La police de la propreté des bureaux

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Heureusement que je ne travaille pas chez Kyocera, un fabricant de panneaux solaires, de photocopieurs et de couteaux de céramique.  Parce que j’échouerais à l’inspection !

À la demande de sa société mère du Japon, qui est entichée des préceptes du «lean manufacturing», cette entreprise de San Diego a instauré une patrouille pour surveiller la propreté des bureaux. Pas de blague.

Ce sont des «inspecteurs 5S», pour les cinq commandements de la netteté: sort, straighten, shine, standardize, sustain. (En français: trier, remettre en ordre, astiquer, standardiser, garder propre.)

Chez Kyocera, les surfaces de travail doivent évidemment être libres de documents et d’objets encombrants. Mais l’expérience va beaucoup plus loin, comme le raconte le Wall Street Journal.

Les employés n’ont pas le droit d’accrocher leur veste ou leur pull au dossier de leur chaise. Pas plus qu’ils n’ont la permission de remiser des objets personnels sous leur bureau, même dans une boîte. Il va sans dire qu’aucune décoration n’est tolérée, à part la plaque affichant son nom.

L’entreprise mesure ainsi sa propreté en se donnant un score sur 100, explique Dan Brown, un employé de Kyocera qui a la sympathique tâche d’inspecter les pupitres de ses collègues. Le bureau de San Diego a ainsi obtenu une note de 88,9% !

Ce n’est pas la seule entreprise qui ait appliqué cette méthode forte. Un centre médical de Seattle a tenté l’expérience, tout comme le fabricant de tondeuses Toro, au Minnesota.

Le totalitarisme au service de l’efficacité ? Je ne suis pas loin de le penser. Chose certaine, Scott Adams, le génial créateur de Dilbert, trouverait ici de quoi l’inspirer pour des planches et des planches de bandes dessinées.

Mon bureau, comme vous diraient mes voisins, est une ode au désordre créatif. Bien sûr, il m’arrive de perdre une petite minute pour retrouver un document. Mais sans cette liberté dans ce petit espace où je passe le plus clair de mes journées, je m’étiolerais comme une fleur privée de lumière.

Comme partout ailleurs en entreprise, la salle de rédaction de La Presse se divise en deux. Il y a les bureaux des reporters rangés et ceux des reporters bordéliques, dont celui-ci d’un collègue dont je protège l’identité.  Photo Martin Tremblay, La Presse.

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