Sophie Cousineau

Archive, mai 2008

Mercredi 28 mai 2008 | Mise en ligne à 12h24 | Commenter Commentaires (28)

TMX : Une belle gifle au Québec

J’espère que l’Autorité des marchés financiers (AMF) ne comptait pas trop sur la nomination de Luc Bertrand à la tête du Groupe TMX pour affermir les rares «garanties québécoises» associées à la transaction d’achat de la Bourse de Montréal par la Bourse de Toronto.

Parce que c’est mal barré, s’il faut en croire le quotidien torontois The Globe & Mail, qui rapporte aujourd’hui que le Groupe TMX songe à recruter un Américain pour diriger la grande institution boursière canadienne. Pis, le candidat en question, Bernard Dan, est un spécialiste des produits dérivés, ayant déjà présidé le Chicago Board of Trade.

Tout le monde croyait que le poste reviendrait à Luc Bertrand après la démission surprise de son homologue torontois Richard Nesbitt, qui a écouté le chant des sirènes du courtier CIBC World Markets.

bertrand.jpgOr, non seulement Luc Bertrand échapperait le poste, mais en plus, il risque d’avoir quelqu’un qui le surveille de très près au-dessus de son épaule. Pis, il y a fort à parier que cet Américain voudra reprendre le contrôle de la bourse de produits dérivés BOX, domiciliée à Boston, et piloter toutes les initiatives aux États-Unis, où il a, comme au dit au baseball, l’avantage du terrain.

Cela montre à quel point l’AMF a fait une gaffe monumentale en n’insistant pas pour obtenir, par écrit, la garantie que la filiale Bourse de Montréal serait seule autorisée à développer les produits dérivés, au Canada comme à l’étranger. Les belles paroles de Luc Bertrand, qui affirmait à l’annonce de la transaction que Montréal aurait la main haute sur les dérivés, ne semblent plus tenir à grand-chose.

Quoi qu’on pense du fait que Luc Bertrand ait joué l’opinion, il n’en demeure pas moins que ce poste devrait en toute logique lui revenir.

Luc Bertrand et son équipe ont construit de zéro une belle et très rentable entreprise de produits dérivés. Ils ont aussi développé une technologie intéressante pour soutenir ses activités.

Rappelez-vous tout le scepticisme qui existait à l’endroit du parquet montréalais lorsque les bourses canadiennes ont spécialisé leur vocation en 1999, au terme d’un accord de séparation des champs d’activité. Or, si Toronto a essayé pendant des années de dénigrer le travail de Montréal, son offre d’achat était le plus beau compliment qui soit à l’endroit des compétences développées dans la métropole.

Luc Bertrand a une connaissance intime du marché canadien, une expertise précieuse au moment où des plates-formes de négociation concurrentes émergent. Donner ce poste à un Américain n’est autre chose qu’une gifle. Pour Luc Bertrand et, plus largement, pour le Québec. 

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La société s’appelle Zappos. Elle a élu domicile en banlieue de Las Vegas, au Nevada, mais cela a assez peu d’importance finalement. Zappos vend des paires de souliers par internet. Des tonnes de souliers, faut-il le dire, avec des ventes projetées de 1 milliard de dollars US cette année.

Zappos promet une livraison gratuite en quatre jours, mais la plupart du temps, les souliers arrivent dès le lendemain de la commande. Et si les chaussures ne vous vont pas, vous n’avez qu’à les retourner par la poste, toujours sans frais.

Le succès de ce détaillant repose sur son service à la clientèle, auquel la direction de Zappos voue un culte. Les employés du centre d’appels reçoivent ainsi une formation rémunérée d’un mois. Mais au bout d’une semaine arrive «l’offre» : un chèque de 1000$ en plus du salaire pour la formation reçue si la recrue abandonne son nouveau travail.

C’est un test implacable pour déterminer la loyauté et le dévouement des nouveaux employés à l’entreprise – 10% se sauvent avec le fric. Et c’est un montant archi-bien investi, conclut Bill Taylor, dans un compte rendu fascinant de cette expérience sur le site Harvard Business Publishing.

Imaginez qui ne serait plus votre collègue si votre patron vous avait tous brandi sous le nez un chèque de 1000$ à l’embauche!  

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Mardi 27 mai 2008 | Mise en ligne à 1h14 | Commenter Commentaires (39)

À l’ombre de Julie Couillard

De quoi voulais-je vous parler au juste ?

De la Cour suprême du Canada qui, sans promettre d’entendre la cause de BCE, a déjà fixé la date du 17 juin pour commencer l’audition sur ce conflit qui oppose le conglomérat montréalais à ses détenteurs d’obligations. Bref, de ce filet d’espoir pour les actionnaires de BCE qui se sentent très ordinaires. 

Du fait que, pour la première fois de son histoire, le Canada compte plus de vendeurs de chaussures que d’ouvriers en usine, révèle Statistique Canada. Du constat que les travailleurs ne gagnent pas au change quand on compare les salaires et avantages sociaux entre le commerce de détail et le secteur manufacturier.

De la grande tournée des banques qui dévoilent leurs résultats cette semaine, à commencer aujourd’hui par la Banque de Montréal et la Banque Scotia. Des répercussions de la crise du papier commercial adossé à des actifs, qui continuent de hanter ces institutions financières, à l’exception notable de la Banque Toronto-Dominion.

Mais, je ne me fais aucune illusion. Vous n’en avez que pour cette robe décolletée que «Mad Max», comme le Globe & Mail surnomme Maxime Bernier, a lui-même choisie pour habiller son mannequin lorsqu’il a prêté serment comme ministre des Affaires étrangères.  

Que pour ce micro qui aurait été prétendument dissimulé sous le matelas de Julie Couillard. (Par qui au juste? On préfère peut-être ne pas le savoir.)

Que pour ce passé que Julie Couillard affirme n’avoir jamais caché à son nouvel ami.

Que pour cette liaison sulfureuse qui, pour les apparences, devait durer «au moins un an» selon le barème calculateur du ministre.

Que pour cette relation qui s’est terminée beaucoup plus récemment que Maxime Berner voulait bien nous le faire croire, à preuve les documents top secret abandonnés tout récemment sur la «scène du crime»…

Force au chroniqueur économique de s’incliner bien humblement. L’actualité politique est infiniment plus sexy cette semaine.

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