Sophie Cousineau

Archive du 1 août 2007

Mercredi 1 août 2007 | Mise en ligne à 11h40 | Commenter Commentaires (12)

Murdoch : Qui a peur du grand méchant loup ?

Après trois mois de manœuvres, le magnat australien Rupert Murdoch a finalement mis la main sur la société Dow Jones, qui publie le très influent Wall Street Journal, la référence du journalisme d’affaires – et du journalisme tout court.

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Il s’agit d’une transaction brillante pour News Corp., l’empire médiatique de Rupert Murdoch, dont la valeur boursière frise les 72 milliards de dollars américains. Sa filiale américaine Fox prévoit lancer cette année une chaîne télé spécialisée dans les informations financières. Dow Jones, qui est aussi propriétaire de l’hebdomadaire Barron’s et du site Marketwatch, donnera beaucoup de crédibilité à Fox, une chaîne qui verse dans le trash

Après beaucoup de déchirements, la famille Bancroft, qui contrôle Dow Jones au moyen d’actions à droit de vote multiple, se sera laissée séduire par l’offre de 60$ par action. Celle-ci représente une prime de 65% sur le cours du titre avant l’annonce de l’offre d’achat non sollicitée.

Il n’empêche que les plus de 30 membres de la famille Bancroft, propriétaire de Dow Jones depuis 1902, sont très ambivalents sur cette vente. Ils ont toujours tenu mordicus à l’indépendance éditoriale de Dow Jones.

Or, Rupert Murdoch, qui adore jouer les «kingmaker», ne se gêne jamais pour utiliser ses médias pour faire élire des politiciens dont les vues concordent avec les siennes. C’est pourquoi cet homme d’affaires de 76 ans, qui fait frémir les élus, est le plus souvent dépeint comme le grand méchant loup.

Rupert Murdoch est farouchement anti-syndical et résolument pour la libre entreprise. Et il appuie aujourd’hui encore l’intervention américaine en Irak. Toutefois, contrairement à ce qu’on pourrait penser, il n’a jamais été proche de George Bush, père et fils.

Rupert Murdoch a même organisé l’an dernier un déjeuner pour lever des fonds pour la sénatrice Hillary Clinton. Ce qui a créé toute une commotion dans les cercles politiques américains, démocrates comme républicains. Le réseau Fox avait fait ses choux gras de l’affaire Monica Lewinski et le New York Post avait lapidé le «premier couple» durant la présidence Clinton.

En fait, Rupert Murdoch n’est membre d’aucun parti en Angleterre, en Australie ou aux Etats-Unis. Ses alliances sont toujours circonstancielles et mouvantes, comme en témoignent deux excellents (et longs) portraits, l’un publié dans le New York Times, l’autre dans le New Yorker. À lire pour mieux cerner le bonhomme.

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