Le malheur des gens de Hamilton fait-il le bonheur des gens de Waterloo ? C’est la conclusion trop hâtive à laquelle j’en étais venue en regardant Jim Balsillie, grand patron de Research In Motion (RIM), claquer son fric.
Jim Balsillie, rappelons-le, a offert la mirobolante somme de 238 millions US au propriétaire des Predators, dans le but avoué de déménager l’équipe de hockey de Nashville à Hamilton, dans le sud de l’Ontario. Avant même l’approbation de la Ligue nationale de hockey, il s’était mis à vendre des billets de saison au Copps Coliseum !
C’est ce qu’on appelle vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué. La manœuvre a irrité au plus haut point les dirigeants de la LNH et a vraisemblablement fait avorter la transaction.
Sitôt cet échec, son deuxième avec la LNH (il avait déjà tenté d’acquérir les Penguins de Pittsburgh), Jim Balsillie a donné 17 millions de plus au Centre for International Governance Innovation de Waterloo, un institut de recherche économique à but non lucratif dont il a financé la création, en 2002. Une école plutôt qu’un club de hockey, c’est pas plus mal, me disais-je.
Mais voilà, Jim Balsillie a les moyens d’acheter le Canadien de Montréal, d’éponger les déficits de toutes les universités québécoises et que sais-je encore.
Vous avez vu l’action de RIM ce matin ? Au moment d’écrire ces lignes, le titre du fabricant du Blackberry avait bondi de plus de 21%, à 212$, après la parution de résultats financiers qui surpassent les attentes des analystes. iPhone ? Quel iPhone ?
Jim Balsillie possède moins de 10% du capital de RIM. Mais ses 11,8 millions d’actions valent 2,5 milliards de dollars !
Jim Balsillie n’a peut-être aucun doigté pour acheter une équipe de hockey. Mais il sait comment vendre des téléphones.
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