Je suis certaine que, si vous êtes restés coincés avec vos bagages dans un aéroport éloigné, sans avion pour vous ramener à la maison, le 11 mars 2005, Jetsgo vous a laissé un souvenir impérissable…
Je vous en parle parce que je n’arrête pas de voir des publicités pour des vols à prix alléchants ces jours-ci – du moins avant la kyrielle de taxes et de frais cachés.
Deux nouveaux transporteurs canadiens rivalisent avec Air Canada sur certaines liaisons au départ de Montréal. La toute jeune Porter Airlines sur Toronto et Halifax. Et la moins jeune Zoom sur Londres et Paris.
La concurrence a des effets bénéfiques sur les vols intérieurs : grâce à Porter (et aussi à WestJet), Air Canada offre maintenant certains vols vers Toronto à des prix inférieurs à ceux de billets de train.
Ce n’est pas encore apparent sur les vols outre-mer, toutefois. Après vérification sur Internet hier, pour un vol aller-retour entre Montréal et Paris du 17 au 24 juin (dates choisies au hasard), vous aviez plus de deux billets chez Zoom pour le prix d’un seul chez Air Canada ! Bref, même à 825,70$ le billet, Zoom est une aubaine.
Trop beau pour être vrai ? Je ne connais strictement rien de la situation financière de Zoom et de Porter. Ces deux entreprises à capital fermé ne dévoilent pas leurs résultats. Peut-être que leurs structures de coûts sont telles qu’elles font de plantureux profits à ces prix. Peut-être que cela n’a rien à voir avec Jetsgo qui soldait des billets à un dollar…
Je sais, en revanche, que les cimetières sont encombrés de compagnies aériennes qui ont fait patate après avoir vendu des vols au-dessous du prix coûtant pour gagner des parts de marché. Aussi, la prudence des voyageurs reste de mise.
Au risque de paraître vieux jeu, achetez donc vos billets par l’entremise d’un agent de voyage. Même si cela coûte un tantinet plus cher. Et même si Zoom incite fortement à l’achat de billets en ligne. Les billets achetés en agence sont assurés au Québec en cas de faillite du transporteur.
Ou bien alors, utilisez une carte de crédit avec une assurance pour une telle éventualité.
Sinon, vous jouez à une variante tordue du jeu de la chaise musicale, que j’appellerais le jeu du siège musical. Le dernier à s’asseoir dans le dernier vol qui quitte Montréal sans en revenir est le gros perdant.
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