Sophie Cousineau

Vendredi 11 mai 2012 | Mise en ligne à 17h29 | Commenter Commentaires (5)

Alliance Films sur le point d’être vendu

Le distributeur de films montréalais Alliance Films est sur le point d’être vendu. C’est ce qu’affirme le président du conseil et chef de la direction, Victor Loewy, dans une entrevue accordée récemment à ScreenDaily.

Trois sociétés sont en lice pour l’acquérir. La Banque de Montréal soupèse les offres. Une décision sera prise d’ici la fin du mois, ce qui coïncide justement avec le Festival de Cannes.

Cela permettra à la société d’État Investissement Québec, qui contrôle 38,5% de ce distributeur de films, de tourner la page sur ses mésaventures hollywoodiennes. Lire à ce sujet la chronique qui sera publiée dans La Presse demain.

Si le contrôle de ce distributeur de films doit rester canadien, rien n’oblige l’acquéreur à conserver le siège social de Montréal, cependant. Environ 80 des près de 200 employés d’Alliance y travaillent.

Une réalité que Victor Loewy, le cofondateur d’Alliance, a reconnue platement en affirmant que : «tout est possible».

* * * *
Ce blogue fera relâche pendant quelques jours. À bientôt.

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Mercredi 9 mai 2012 | Mise en ligne à 10h44 | Commenter Aucun commentaire

Telus reste pris avec ses deux catégories d’action

Le fonds spéculatif américain Mason a réussi à contrecarrer les plans de Telus. Ce groupe de télécommunications a finalement retiré sa proposition de fusionner ses deux catégories d’action en une seule, à quelques heures du vote qui devait se tenir aujourd’hui à son assemblée annuelle à Edmonton.

Telus n’avait visiblement pas tous les appuis requis. La proposition de convertir toutes les actions non votantes en actions avec droit de vote, selon une proportion d’échange de une contre une, nécessitait l’appui des deux tiers des actionnaires dans chacune des catégories d’action. Or, Mason avait accumulé assez d’actions avec droit de vote et reçu assez d’appuis d’investisseurs institutionnels pour bloquer cette conversion.

Sur le fond, Mason avait raison de mener cette bataille. Les actions avec droit de vote se sont historiquement négociées avec une prime d’environ 5% comparativement aux actions sans droit de vote. Et il y a une bonne raison à cela. Avoir la possibilité d’exercer son influence, cela vaut quelque chose. Aussi, donner ce vote gratuitement aux détenteurs d’actions sans droit de vote revenait à déshabiller Pierre pour habiller Paul.

Mais il y a la manière, comme chantait Jacques Brel. Mason n’était pas autant animé par son sentiment d’iniquité que par sa rapacité. Ce fonds a parié qu’il réussirait à bloquer la conversion en vendant à découvert au moins 21,6 millions d’actions sans droit de vote, selon ses déclarations aux autorités réglementaires. Comme ces actions, qui avaient commencé à combler l’écart de prix historique avec les actions votantes, retomberaient à la suite d’un échec de la conversion, Mason pourra empocher cette différence.

Telus a demandé aux autorités réglementaires d’intervenir, mais la Commission des valeurs mobilières de la Colombie-Britannique a refusé de mettre son nez dans cette histoire. En revanche, elle entend se pencher sur la question plus large des actionnaires qui peuvent exercer une influence démesurée sans avoir un intérêt économique réel dans l’entreprise. Il s’agit d’un enjeu de gouvernance bien réel.

Telus prévoit revenir à la charge, a indiqué son président et chef de la direction, Darren Entwistle. Mais l’entreprise de Vancouver devra mieux faire ses devoirs la prochaine fois.

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Mardi 8 mai 2012 | Mise en ligne à 13h51 | Commenter Commentaires (17)

Yellow Media: entreprise en voie de disparition

Juste au moment où tu te dis que, vraiment, les choses ne pourraient pas aller plus mal, il y a cette nouvelle, en apparence anodine, mais révélatrice de tout le reste.

L’entreprise montréalaise Yellow Media n’a même pas pu tenir son assemblée annuelle aujourd’hui au Musée des Beaux-Arts (on mène encore grand train), parce que l’entreprise n’avait pas atteint son quorum, le minimum de votes d’actionnaires requis par les statuts de l’entreprise pour renouveler son conseil d’administration et choisir son vérificateur externe. Les investisseurs institutionnels ayant abandonné l’entreprise, Yellow Media ne compte plus, pour l’essentiel, que des actionnaires particuliers qui ont mangé leurs bas.

Pour le reste, c’était pas mal du déjà vu. Nouvelle radiation de 2,9 milliards de dollars sur la valeur de son écart d’acquisition et de ses éléments d’actif intangible. Yellow Media en avait annoncé une d’une pareille ampleur en septembre dernier.

C’est la vente des pages jaunes d’AT&T au fonds d’investissement privé Cerberus, annoncée en avril, qui a ouvert les yeux de Yellow Media. Ce géant américain des télécommunications a cédé 53% de cette filiale avec un chiffre d’affaires de 3,3 milliards US en échange de 750 millions en espèces et d’un billet à terme de 200 millions US. En comparaison, les activités de Yellow Media étaient encore une fois surévaluées.

Si l’on fait abstraction de cette charge qui ne représente pas une sortie de fonds, l’entreprise affiche encore un joli profit de 57,5 millions à son premier trimestre. Mais voilà, ce bénéfice net est un recul de 18% par rapport au profit enregistré à pareille date l’an dernier, sur des revenus qui sont eux-mêmes en baisse de 17%, à 289 millions de dollars.

Revenus traditionnels qui baissent (les espaces publicitaires dans les annuaires sont plus petits), cependant que les revenus des services en ligne n’arrivent pas à compenser cette chute : vous connaissez la chanson que Yellow Media fredonne depuis plusieurs années déjà.

Au 31 mars dernier, la dette nette de Yellow Media s’élevait à 1,5 milliard de dollars, ou encore 2,1 milliards si l’on inclut les actions privilégiées et les titres convertibles. Avec des échéances qui s’approchent, l’entreprise n’a plus beaucoup de temps devant elle pour refinancer ses emprunts. En date du 7 mai, l’entreprise disposait de 292 millions en liquidités.

Le conseil d’administration a créé un nouveau comité finances pour renégocier les emprunts de Yellow Media et examiner toute transaction de vente qui faciliterait la restructuration financière de l’entreprise. Mais, Yellow Media a déjà revendu certaines de ses activités les plus prometteuses comme Trader.

Que reste-t-il ?

La réponse du marché est encore une fois lapidaire. Au moment d’écrire ces lignes, les actions de Yellow Media ont perdu 4 cents ou 40% de leur valeur. Elles ne valent plus que 6 cents.

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