Stéphane Laporte

Archive, mai 2014

Dimanche 25 mai 2014 | Mise en ligne à 7h28 | Commenter Commentaires (31)

On n’est pas couché

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Ce matin, je suis poqué, c’est la faute à Laurent Ruquier.

Son émission retransmise sur TV5 débute à 23H40 et se termine à 3H du matin. Je comprends que le titre est On n’est pas couché et qu’il faut être concept, mais TV5 pourrait quand même la programmer un peu moins tard. Pourquoi ne pas la débuter à 22H ? Ce serait 100 minutes de gagnées. Ça aiderait sûrement l’audimat.

C’est un talk-show très plaisant, mêlant propos légers et sérieux, à la française. Un heureux mélange de flatteries et de vacheries.

Sur France 2, l’émission est diffusée le samedi à 23H10, c’est déjà 30 minutes moins tard. Pourtant les Français font tout plus tard que nous.

C’est l’une des meilleures émissions de TV5, qui soit dit en passant recèle de bijoux télévisuels: l’événement Apocalypse, bien sûr, mais aussi Des racines et des ailes, Thalassa, Vivement dimanche,  sans oublier l’excellent Journal de France 2.

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Dimanche 18 mai 2014 | Mise en ligne à 14h45 | Commenter Commentaires (102)

Un missile envoyé sur Price

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Si le geste n’était pas prémédité, il fut parfaitement improvisé.

Le Ranger Kreider, en pilote samouraï, a foncé sur Price de tout son corps. En aucun temps, il a tenté de retenir son élan, ni d’éviter le gardien des Canadiens. Il a même levé la jambe pour s’assurer d’un maximum de dommages. Mission accomplie. Price est un cas incertain pour lundi soir. Cheap shot.

Les joueurs des Canadiens n’ont rien fait pour venger leur joueur de concession. Ils ont dû croire que c’était accidentel. Si un Big Bad Bruin avait fait ça, on l’aurait brassé. Mais les Rangers sont tellement fins, propres et gentils.

Méfiez-vous des nice guys. Ce sont souvent les plus sournois. La charge de Kreider sur Price est le coup le plus cochon exécuté contre le tricolore depuis le début des séries. Un coup bas. Une tentative délibérée de sortir le meilleur joueur de l’adversaire.

Les Canadiens avaient l’air absent, samedi après-midi. Sans émotion. Ils n’affrontaient pas les Rangers. Ils patinaient avec eux. Comme dans un match amical. Les Rangers en ont allègrement profité. Peut-être trop d’ailleurs.

Si l’humiliation de la volée 7 à 2 et le missile envoyé sur Price n’ouvrent pas l’oeil du tigre chez le CH, que faut-il de plus ?

Les gars, c’est la guerre ! Pas un camp scout.

Les Rangers peuvent faire plus mal que les Bruins.

Un Ranger est un garde forestier, peut-être qu’un ours fait plus peur, mais si le garde forestier décide de vous tirer dessus, vous allez voir qu’il est plus précis que l’ours.

Y’en aura pas de facile.

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Samedi 17 mai 2014 | Mise en ligne à 11h46 | Commenter Commentaires (23)

La fièvre des séries à l’Urgence

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Ce matin, dans La Presse, je signe une chronique intitulée La fête du hockey. Je souligne la beauté de l’engouement pour les Canadiens en séries. On est heureux ensemble. C’est fort.

Une infirmière m’a écrit pour me raconter la soirée de jeudi dernier à l’Urgence : ” Ça ressemblait à Noël. Nos patients avaient une petite lueur dans les yeux. Quelques uns sont allés regarder le match dans la salle d’attente en attendant la visite du spécialiste. D’autres, qu’on devait garder sous moniteur cardiaque ou oxygène, ont trouvé le moyen de suivre le match à la radio ou sur internet.  Les ambulanciers défilaient dans les rangées pour  dire le score aux patients sur les civières. Tout le monde criait quand les Canadiens comptaient. Le CH, ça sauve pas le monde, ça guérit pas les bobos, mais ça donne le sourire et ça allège les souffrances. Ça change l’ambiance d’une salle d’Urgence !>

C’est très fort.

Voici ma chronique d’aujourd’hui publiée dans La Presse…

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LA FÊTE DU HOCKEY

Il y en a qui disent que c’est le week-end de la fête de la Reine, d’autres que c’est celui de la fête de Dollard, d’autres encore que c’est le week-end de la fête des Patriotes, ils se trompent tous, c’est le week-end de la fête du hockey. Elle rassemble autant ceux qui aiment la reine que ceux qui aiment les Patriotes. Elle rassemble autant ceux qui savent que Dollard des Ormeaux est un militaire de la Nouvelle-France, que ceux qui pensent que c’est le fondateur des Dollarama.

Mercredi, nous étions une douzaine à la maison, à regarder le septième match entre Montréal et Boston. Il y avait des gars, des filles, des enfants. Il y avait des partisans nés avec des patins dans les pieds et d’autres nés au Liban. Il y avait des partisans qui n’ont pas manqué un match depuis
50 ans et d’autres pour qui c’était le premier. Tous ont fêté. Tous ont crié. Tous ont chanté. Tous ont gagné.

Ce que le Canadien de Montréal nous fait vivre depuis le début des séries n’est pas banal. Il nous offre une raison d’être content en même temps. Il y a plein de moments de joie plus grands qu’une victoire au hockey : tomber amoureux, avoir un enfant, vaincre la maladie, réussir dans son métier. Mais ces moments se vivent à deux, à trois, à vingt. La quête de la Coupe Stanley se vit à 8 millions de personnes. Ça fait tellement de bien de ne pas triper tout seul devant son ordi. De triper en gang. De triper en masse. Avec les intimes et les inconnus.

Même ceux qui ont regardé La petite séduction mercredi ne sont pas insensibles à l’euphorie généralisée qui envahit les rues. Tous ces concerts de klaxons spontanés comme si tout le Québec venait d’assister à un mariage. Ça fait sourire. Ce sont des moments « pas supposés », il n’y a rien de plus grisant que les moments « pas supposés ».

Nous sommes bombardés de statistiques sur l’impact économique de la présence soutenue du CH en séries. Ça gonfle le chiffre d’affaires des commerçants. Tant mieux. Mais l’impact le plus important ne se calcule pas. C’est une sensation. Une sensation de légèreté. Il y a tellement de périodes où la vie nous pèse, profitons de celle-ci, alors qu’elle nous soulève.

Ce que le Canadien provoque, c’est dans les yeux des enfants que ça paraît le plus. Pour eux, c’est tout nouveau. Les Glorieux sont leurs premiers héros qui existent réellement. Après Mickey, Buzz L’éclair et les Ninjas, voici Carey. La magie n’est pas seulement dans les DVD. Il y en a aussi dans la vie en 3D, dans la même réalité que celle de l’école ou de la garderie. Ce printemps bleu-blanc-rouge va les marquer pour toujours. C’est dans les joies de son enfance que l’on puise l’amour pour les autres.

Il y a plein d’enfants blancs qui jouent avec une balle dans la rue en se prenant pour P.K. En rêvant d’être comme lui. C’est avec de tels exemples que le racisme pourrait enfin disparaître d’une société. Quand le préjugé n’a même pas la chance de s’immiscer. Quand tout le monde voit ce qui saute aux yeux en premier : quelle belle tête de hockey !

Nous sommes tous en train de capoter sur un jeu d’enfants. Mettre une rondelle dans un filet, c’est assez primaire. Ça ne guérit pas du cancer, mais ça offre des moments de plaisir à des personnes atteintes du cancer. C’est déjà beaucoup.

Certains boudeurs se plaignent qu’une activité aussi futile provoque un tel engouement. Bien oui, on parle plus du Canadien que de l’Ukraine, des viaducs ou de l’environnement. Pas parce qu’on est niaiseux. Ce n’est pas niaiseux de parler de ce qui nous rend heureux. Enlever le f à futile, c’est utile.

Le hockey est une représentation de la vie. On peut y puiser bien des leçons. La plus importante, c’est qu’on ne peut gagner qu’en équipe. Qu’avec les autres. C’est l’addition des gestes de chacun qui permet d’avoir le score le plus élevé. Et tous les gestes comptent. Même les plus humbles. Ainsi, s’il y met l’effort, un Weise peut se rendre plus loin qu’un Crosby. En équipe. Tout est une question de volonté, de vouloir collectif. Pour prendre, il faut donner. L’équipe qui va gagner la Coupe Stanley est celle qui se sera le plus donnée. Apprendre à se donner, c’est ce que des milliers de partisans intègrent actuellement. Ça peut juste nous aider à jouer, nous aussi, tous ensemble dans nos vies.

Les joueurs du Canadien sont dans leur bulle. Concentrés à tout faire pour gagner. Mais la passion qu’ils suscitent remonte sûrement jusqu’à eux. Impossible d’y rester insensible. C’est trop fort. Jeudi matin, tout un peuple s’est levé du bon pied. Et ce n’était pas à cause de la commission Charbonneau ou du rapport Ménard. C’était à cause d’eux. Ce n’est pas rien. La seule autre star capable de faire ça, c’est le soleil. D’ailleurs, il en a profité pour se pointer, question de ne pas être oublié.

Merci Bergevin, Therrien et toute l’équipe, pour tout le bonheur donné. CH signifie cœurs heureux.

En ce week-end de la fête du hockey, il y a deux matchs à célébrer : un dès cet après-midi et l’autre lundi soir. En espérant que le party se poursuive jusqu’à la Saint-Jean. Go Habs Go !

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