Stéphane Laporte

Stéphane Laporte - Auteur
  • Stéphane Laporte, collaboration spéciale

    Concepteur, auteur et réalisateur, Stéphane Laporte a collaboré aux succès de plusieurs émissions de télévision qui ont marqué le petit écran par leur qualité et leur originalité.
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    Mercredi 9 janvier 2013 | Mise en ligne à 8h09 | Commenter Commentaires (44)

    Une pensée pour Monsieur Richard Garneau

    rgarneau.jpg

    Aux dernières nouvelles, Monsieur Richard Garneau était toujours aux soins intensifs.

    Je suis de tout coeur avec mon idole et sa famille durant ces heures difficiles.

    Courage, Monsieur Richard.

    Permettez-moi d’envoyer ces ondes positives; une chronique à propos de la grande carrière de Richard Garneau, publiée lors des Jeux Olympiques d’été de 2004.

    Le héros des Jeux

    Où sont les héros ? Ian Thorpe ? Il est incroyable. Michael Phelps ? Génial ! Carly Patterson ? Quelle souplesse ! Karen Cockburn ? Elle rebondit bien. Ce sont tous de grands athlètes. Mais des héros ? Pas sûr. Est-ce la dope ? Est-ce l’argent ? Est-ce cette attitude de ne faire ça que pour eux ? Toujours est-il que je regarde les Jeux, depuis presque dix jours, et je ne me suis toujours pas trouvé de héros. Non, c’est faux. J’en ai un. On l’a vu lors des cérémonies d’ouverture, mais pas depuis. J’étais en train de m’impatienter. Presqu’à me désintéresser. Il était temps que l’athlétisme commence.

    Car ce n’est que lorsque mon héros est là, qu’on a vraiment l’impression de regarder les Jeux Olympiques. Sans lui, on dirait qu’on est pris dans un trop long commercial de Volkswagen. Cette année, il va être le meilleur. Encore une fois. Il a triomphé à Sydney. À Barcelone. À Séoul. Et aussi à Montréal, à Mexico et à Rome. Oui, c’est un vieil athlète. Très vieil athlète. Mais il ne lâche pas. Et ce n’est pas grâce à la drogue. C’est grâce à son cœur. Un cœur de gentilhomme. Mon héros, c’est Richard Garneau.

    C’est un être humain exceptionnel. Chaque fois que je le vois, je me dis que j’aimerais être comme lui. Il est grand. Il est beau. Cultivé, intelligent. Il a le sens de l’humour. Et il est modeste. Je crois que c’est la qualité la plus importante des héros. La modestie. C’est pour ça qu’il n’y en a plus. Tous les champions, toutes les vedettes d’aujourd’hui crient qu’ils sont les meilleurs, les numéros uns. Ils s’auto-suffisent tellement qu’ils n’ont plus besoin de fans. Qu’ils n’ont plus besoin de nous. Pas Richard Garneau. En entrevue, il ne parle pas de ses exploits, il parle de la chance qu’il a eu d’être là, au bon moment. Et il le croit. C’est le plus grand commenteur sportif de la télévision québécoise. Au Panthéon, il est à côté de René Lecavalier, c’est sûr. Mais il n’a pas la grosse tête. Juste des grandes jambes.
    Il décrit l’athlétisme à Athènes en équipe. Avec ses acolytes, Quenneville, Baert et Surin. Et chacun a sa place. Et chacun tire son épingle du jeu. Car comme tous les grands, Garneau fait bien paraître ceux qui l’entourent. Il ne les écrase pas. Au contraire. Il les met en valeur. Il aide les débutants. Collabore avec ses dauphins. Et lorsqu’il est en compagnie d’autres géants, il est même prêt à prendre le rôle de straight man. Comme avec Lebigot. Tout pour que le show soit bon. Il ne tire jamais la couverture. Il n’en a pas besoin. Il ne dort pas.

    Si j’aime les Olympiques, c’est grâce à lui. Avant, j’étais comme tous les Québécois, j’en avais que pour le hockey. Que pour le Canadien. Même que le grand Garneau m’agaçait un peu à La Soirée du hockey. Je ne le trouvais pas assez partisan. Il s’enflammait autant en racontant les exploits de Bobby Orr qu’en décrivant ceux de Guy Lafleur. J’aimais pas ça. Bien sûr, il avait raison. J’étais épais. Il m’a aidé à l’être un peu moins.

    En juillet1976, mon père a acheté notre première télé-couleur en l’honneur des jeux de Montréal. Et je me suis installé devant le petit écran, du matin jusqu’au soir. Je n’ai rien manqué. Ce n’est pas une figure de style. Je n’ai vraiment rien manqué, de la première seconde que Radio-Canada entrait en ondes jusqu’au Ô Canada, j’ai tout vu. Et grâce à Richard Garneau, j’ai découvert, la course , le saut, le lancer. J’ai découvert des hommes, des femmes et des pays. La Polonaise Irena Szewinska, le Cubain Alberto Juantorena, le Hongrois Miklos Németh. Garneau les aimait autant que s’ils étaient Canadiens. Garneau m’a appris l’olympisme. Garneau m’a appris l’humanisme. Lui et son analyste Jo Malléjac s’extasiaient tellement sur les performances des athlètes, qu’on ne pouvait pas ne pas les aimer. Autant que des joueurs de hockey. Il m’a donné la piqûre. Pas de stéroïdes. D’émerveillement sportif.

    Depuis, je ne manque pas un rendez-vous olympique. Et c’est presque toujours un rendez-vous avec lui. Entre deux jeux, je l’écoute à la radio, je le vois parfois à la télé. Et bien sûr, je remarque toujours sa prestance, sa vigueur, sa voix posée, son articulation parfaite, ses connaissances inépuisables, mais ce qui me frappe toujours le plus, c’est combien il est fin. Oui, fin. C’est une qualité qui se perd. La finesse. Garneau l’a. Dans les yeux. Dans le sourire. Dans le ton. Dans le propos. Richard Garneau est toujours fin. Et ça fait tellement de bien. La paix règne autour de lui. Pourquoi n’est-il pas président des Etats-Unis ?!
    Bon, faut que je vous laisse. Mon héros doit être en direct du stade d’Athènes, en ce moment. Il va passer la journée à regarder les athlètes courir après la gloire. Ça fait 50 ans qu’il fait ça. Dès fois, je me dis que si une journée, on inversait les rôles, qu’au lieu que ce soit qui Garneau observe les athlètes, que ce soit les athlètes qui observent Garneau, on aurait plus de héros.

    En tout cas, moi, quand je serai grand, je veux être Richard Garneau.


    • Monsieur Garneau fait parti de la même lignée que les Lionel Duval et René Lecavalier de grand commentateur sportif et surtout des communicateurs hors pair comme il ne s’en fait plus avec un français parler irrréprochable,ce genre de personnages de cette stature manque cruellement de nos jours a la TV Québécoise aujourd’hui il y a trop d’humoristes avec un niveau de français médiocre.

    • Très bel article Stéphane.

      Souvent nos héros ont des qualités qui sont là en nous qui ne demandent qu’à s’extérioriser. J’ai toujours apprécié l’humanité de Richard Garneau et je sens cette qualité de coeur en vous aussi Stéphane. Bonne année!

    • Je suis d`accord avec votre point de vue au sujet de monsieur Garneau et de son oeuvre même malheureusement on devrait plutot déplorer qu`on donne 100 fois plus de place à des Ron Fournier la vedette,des Michel Villeneuve le prétentieux,des Renaud Lavoie qui ont toujours le scoop alors que monsieur Garneau bien humblement fait le travail par amour du métier sans vouloir flasher.

      Au dela de tout cela toutefois monsieur Garneau brille par sa compétence et ses connaissances. Parle à la majorité des commentateurs sportifs et en dehors des nouvelles sur le canadien de Montréal, ils sont perdus et incompétents. Chaque bulletin de nouvelle que monsieur Garneau livre est garanti de t`apprendre quelque chose. De sa part tu n`entendra pas le traditionnel ¨on sait que¨ parce qu`il respecte beaucoup plus son auditoire pour lui offrir du remâché.

    • merci mille fois de nous rappeler ce que l on a tendance à oublier. Et tout comme Bailly,Lecavallier,Normandin et autres on comprenait ce qu ils nous expliquaient.Quelle belle langue que le français quand elle est parlée par des gens qui la comprennent et qui sont capables de nous la transmettre.Je ne peux que lui souhaiter de revenir rapidement pour l entendre le samedi matin avec Joel Le Bigot qui lui aussi connaît la langue française.
      Bon rétablissement!!!

    • Je suis triste. Un très grand monsieur …

    • @ kanaille : Lionel Duval était compétent et très sympa. Mais quand même pas au même niveau que Garneau et Lecavalier. Quand même !

    • Les grands se reconnaissent et vous en faites partie M. Laporte.
      Merci de nous parler de M. Garneau…et de nous offrir un suivi
      prochain. Mes meilleures pensées de rétablissement sont au
      rendez-vous !

    • C’est fou comme il a fait bien paraître Duval et Tremblay (pas Mario, l’autre) à leur début. C’est vrai que cet homme a de la classe à revendre. Un produit radio-canadien comme on n’en voit plus. Je l’écoutais également avec grand intérêt lors des comptions d’athlétisme (Son sport) et des compétitions de patinage artistique.

    • Monsieur Garneau est une sorte d’athléte, disons à la fois du saut en longueur et du patinage artistique: 82 ans, couverture de 23 Jeux Olympiques et, toujours, avec une modeste et impressionnante élégance. Il est au bout de la piste d’envol de 40 mètres, il prépare son troisième saut en longueur, il ne faut pas qu’il morde. Vas-y Richard! Vas-y!!!

    • Merci M. Laporte pour cet hommage magnifique. Vous avez su dire ce que nous sommes des centaines de milliers de Québécois à penser au sujet de M. Garneau. S’il vous plaît, faites-nous connaître l’évolution de son état. Je souhaite de tout coeur qu’on le dise hors de danger sans tarder. Mes meilleures pensées l’accompagnent.

    • Quand j’entends ces commentateurs qui massacrent le Français et se permettent même de sacrer à l’occasion…Je m’ennuie beaucoup de Monsieur Garneau!

    • Richard Garneau est un trésor national. Pour ma part, j’apprécie le lien suave, taquin tout en étant respectueux, avec son fils Stéphane à la radio le samedi matin.Bon courage à sa famille.

    • C’est bien beau d’avoir une pensée pour R. Garneau, mais je vais garder les miennes pour les gens qui meurent dans l’anonymat et qui ne font pas l’objet d’éloges dans les blogues.

      Occupons-nous davantage de nos familles et de nos amis, ces gens beaucoup plus importants et plus significatifs dans nos vies que ceux qu’on ne connaît que parce qu’ils passent à la télé.

    • très vrai ce que vous dites, je suis seulement désolé qu’il soit très malade pour que l’on parle de lui, un homme fantastique qui aime ce qu’il fait, celà donne toujours un merveilleux résultat, comme vous, cet homme m’a fait aimer et regarder les j.o. je me souviendrai toujours de ses descriptions des compétitions d’athlétisme, avec jo malléjac et jean-paul baert, du pur bonheur, je me considère privilégié d’avoir connu ce temps!

    • @cad3

      Un n’empêche pas l’autre, vous savez.

      Je ne vois pas ce qui vous fait dire que les intervenants ci-haut n’ont pas de pensées pour les gens qui meurent dans l’anonymat et qui ne font pas l’objet d’éloges dans les blogues, ainsi que kleurs familles et leurs amis.

      Étrange, comme commentaire…

    • @ cad3…l’un n’empêche pas l’autre… Un homme de la trempe de M. Richard Garneau est un exemple pour tous les journalistes, animateurs, et autres du même métier. Son excellent français, sa diction, sa très grande distinction, son raffinement, c’est ce qui manque le plus à la radio et à la télé. Sa belle complicité avec son fils Stéphane le rend encore plus près de nous.
      Prenez bien soin de vous M. Richard, nos coeurs sont tournés vers le vôtre pour lui donner la force nécessaire dont il a besoin pour continuer votre route…vous êtes si jeune !

    • Monsieur Stéphane
      Votre écriture est à la hauteur du beau langage parlé de Monsieur Garneau.
      Je trouve juste un peu triste qu’on parle de Monsieur Garneau au passé; il ne doit pas mourir

    • Stéphane, j’ai pleuré en vous lisant. Tout ce que vous écrivez est si vrai et si bellement exprimé.
      Richard Garneau ,que j’ai eu le bonheur de croiser qu’un instant dans ma vie, est tout cela et j’en garde un souvenir infini. Quel gentilhomme! Depuis que je le sais malade,je pense à lui tous les jours en souhaitant sa sortie de l’hôpital bientôt.

    • C’est fait.

      Merci Stéphane de nous y faire penser.

    • Je ferais une prière talmudique pour M. Garneau.

    • Quel grand homme, autant au propre qu’au figuré! J’ai eu la chance de passer deux heures à l’aéroport de MTl en 2002 en sa compagnie alors qu’il partait avec Chantal Machabée pour se rendre à Salt Lake City. Quel gentilhomme et quelle culture! Aucune prétention.

    • @ rigaudien

      Ce que je dis, c’est que le Québécois moyen tend à béatifier systématiquement toute personne ayant comme seul mérite d’avoir eu sa tête à la télé. Certains artistes ainsi vantés à leur décès étaient, en vérité, des batteurs de femmes ou des ivrognes dans leur vie personnelle (aucune référence ici à R. Garneau).

    • Il avait tellement d’habileté lorsqu’il s’agissait de faire rayonner Montréal au plan international. On aurait dit que le Québec en entier disparaissait derrière la ville lumière. Vive Montréal.

    • Vous avez écrit une très beau texte venant du fond du coeur. Merci Stéphane et je me joins à vous pour souhaiter un prompt rétablissement à un homme remarquable, Richard Garneau.

      “À toi, Richard”… quand vous serez prêt. Nous vous attendrons.

    • Je me paie, actuellement, mes 78 ans et j’ai l’impression que j’ai toujours eu le plaisir de voir
      et d’entendre ce grand monsieur qu’est RiCHARD GARNEAU.

      J’ai été désolé d’apprendre que «monsieur sports» est au plus mal.

      Bon courage monsieur, nous sommes tous avec vous.

      Réjean Grenier

    • On a tous nous bons souvenirs de lui et franchement dans nos têtes il a encore 52 ou 62 ans, pas 82 ans…wow le temps file file il me semble. C’ était hier qu’on l’entendait, non???

      Allez M. Garneau, un p’tit effort, pensez-y : il faut que vous alliez à Sotchi!!!

    • On pense à Jean Béliveau quand on pense à Richard Garneau. Un gentilhomme. Il faut que les jeunes consultent ce mot dans le dictionnaire. Un autre qui me fait penser à lui et que l’on ne voit plus c’est Monsieur Raymond Lebrun. Un homme cultivé, avec un français impeccable et un excellent sens de l’humour. Je souhaite prompt rétablissement à Monsieur Garneau.

    • Tres beau texte qui représente bien le talent et la personnalité de M. Garneau. On a hâte de vous revoir et de vous entendre le samedi matin. Prompt rétablissement à M. Garneau et merci à Stéphane de nous faire partager de si beaux souvenirs.

    • J’aimerais offrir mes voeux de prompt rétablissement pour M.Richard Garneau, et beaucoup de soutien à toute sa famille. En tant que journaliste et commentateur sportif, il est vraiment dans une classe à part, à côté de René Lecavalier, Gilles Tremblay et Jacques Doucet. Qu’ont-ils en commun? Ce sont tous des communicateurs sportifs qui ont ou avaient (pour ceux qui sont décédés) une capacité d’analyse supérieure, une diction propre (pas le joual parlé tout croche…), une connaissance de la langue française et de la grammaire impeccable, ainsi qu’un niveau intellectuel très élevé. Le tout jumelé à une capacité de vulgarisation incroyable. Toutes des choses qui font défaut à la très grande majorité des journalistes/chroniqueurs sportifs d’aujourd’hui que je ne suis pas capable de supporter parce qu’ils massacrent le français ou qui ont un vocabulaire assez pauvre (le mononcle Ron à la radio, Rodger B. au baseball, Mario Tremblay, Bergeron le Tigre, etc). Pour un amateur de sport qui a passé des heures à écouter son sport préféré à la télé ou à la radio et qui aime la langue française, cela est d’une importance capitale! Merci M.Garneau et encore une fois, prompt rétablissement!

    • Un très beau texte. J’ai une grande admiration pour Richard Garneau, un homme d’une grande culture, un modèle . Prompt rétablissement M Garneau !

    • Je m’en rappelle comme si c’était hier. Moi, le jeune freluquet fraîchement arrivé au prestigieux Service des sports de Radio-Canada, à qui l’on demande de remplacer Lionel Duval à La Soirée du Hockey radio, un samedi, pour un match au Forum de Montréal. Je n’ai pas dormi, la nuit précédente. Littéralement surexcité, je vais enfin réaliser le rêve de ma ‘’jeune vie’’ (je n’ai que 29 ans) : commenter les entractes d’un match du Canadien de Montréal, en compagnie de nul autre que Claude Quenneville.

      Archi-nerveux, j’arrive au Temple et monte rapidement à la galerie de presse, tout en croisant Pierre Bouchard, qui me serre la main, sourire en coin (il devine mon appréhension) et me souhaite la bienvenue. Puis je pénètre dans l’antichambre de la galerie, sorte de pièce où l’on sert des repas aux journalistes affectés à la couverture du match. C’est à cet instant précis que je l’aperçois, lui, mon idole de toujours, mon alma mater, patriarche en titre de l’ensemble des journalistes et commentateurs de sport depuis les départs de René Lecavalier et Jean-Maurice Bailly, modèle de culture, d’éloquence, de rigueur et d’objectivité, que je n’avais pas encore eu la chance de rencontrer, alors qu’à cette époque, il ne mettait plus les pieds à la SRC, sa seule affectation (au demeurant) étant celle de commentateur des matches du CH à la télé.

      Seul à une table, il est en train de prendre son repas. Soudain, il lève la tête, m’aperçoit, et avec un faciès de glace (??), me toise des pieds à la tête durant quelques secondes… puis replonge dans son assiette, comme si je n’existais tout simplement pas ! Ça y est, me dis-je, il ne me croit pas à la hauteur… et il a décidé de m’ignorer. Ma (courte) carrière est terminée ! Quel ‘’con’, tu fais … Toi qui croyais être en mesure de lui succéder, un de ces jours… Pauvre prétentieux !

      Pétrifié, je dois tout de même me diriger dans sa direction, pour accéder à la galerie. Il faut que je le salue, que je me présente, je n’ai pas le choix… c’est Richard Garneau ! Mais… je n’y arrive pas ! Paralysé par la gêne (ou la honte, je ne sais trop), je passe derrière lui en coup de vent, incapable de demeurer plus longtemps en sa présence.

      Puis, alors que je suis affairé à écouter les instructions du réalisateur avant le début du match, on me tape sur l’épaule. Je me retourne, et il est là, du haut de ses presque 2 mètres de haut, arborant un large sourire de moqueur : ‘’ Bonsoir, Gordon. Bienvenue à La Soirée du Hockey ! (rires). Surtout, n’oublie pas de venir t’asseoir avec Gilles (Tremblay) et moi durant les périodes (dans le poste des commentateurs télé). On va t’initier avec plaisir. Et ne t’en fais pas. Ça va bien se passer, tu verras. Allez, à tantôt ! N’oublie pas : tu DOIS venir nous rejoindre…’’

      ‘’Euh… d’accord, monsieur Garneau…merci !’’
      ‘’Comment… monsieur ? Richard… OK ( en fait, il disait OKAI ) ?’’
      ‘’Oui…euh, oui, oui…’’

      Quelques années plus tard, alors que j’étais toujours incapable de l’interpeller par son prénom, et que son départ (définitif) de la SRC m’avait permis de lui succéder à titre de commentateur des épreuves masculines de ski alpin aux Jeux Olympiques, je le rencontrai par hasard.

      Il me dit : ‘’ Tu sais, Gordon, il y a quelque chose que je n’avais pas saisi. Comme toi, j’aurais dû laisser parler davantage mon analyste durant les épreuves (de ski). C’était LA chose à faire, mais j’ai toujours eu tendance à trop parler. Tu m’as vraiment surpassé à ce chapitre… Mais comment donc as-tu réussi ? (rires).

      Mais non, monsieur Garneau. N’ayez crainte, personne ne s’est jamais lassé de vous entendre, bien au contraire. Encore aujourd’hui, vos millions de fans, passés et actuels, en redemandent. Vous, monsieur Garneau, celui qui me fit l’insigne honneur, un certain samedi soir au Forum, de m’accepter à titre de ‘’collègue’’.

      Vous, Richard Garneau.
      Vous, le plus grand commentateur de tous les temps.

      Gordon Sawyer
      Montréal

    • Vous me ramenez de beaux souvenirs pour les jeux de 1976; moi aussi j’ai suivi du matin jusqu’au soir pendant toute la période des olympiques. Et c’est vrai que M Garneau savait apporté de l’enthousiome dans ses descriptions de l’athlétisme…
      Cependant, j’ai beaucoup plus en mémoire Messieurs Jean-Maurice Bailly à l’analyse résumé du soir rené Lecavalier comme chef d’antenne.

    • @gordonsawyer

      9 janvier 2013
      21h04

      J’ai hautement apprécié votre témoignage….Bravo!

      Quel homme extraordinaire ce monsieur Garneau!

    • Que de beaux souvenirs ces soirées à écouter Richard Garneau,René Lecavalier,Lionel Duval,Robert Pépin,Gilles Tremblay et Paul Larivée. Aujourd’hui quel beau gachis avec les Ron Fournier,Tremblay,Carbonneau,Jean-Charles Lajoie ,Michel Villeneuve,Houde,Brunet,Langlois,Morissette et Cie.Merci pour tout Monsieur Garneau et prompt rétablissement.

    • Richard Garneau est au journalisme sportif ce que Jean Béliveau est au hockey. Deux hommes d’une même génération et d’une même grande classe…

    • Bon rétablissement pour monsieur Garneau.Mais,faire de son état de santé une nouvelle a RadCan????

    • Il était aussi grand (physiquement), il avait aussi une belle apparence,il était aux sports à la SRC, il a côtoyé M. Richard Garneau de qui il n’a pas su retenir l’humilité, et il est disparu dans les vapeurs d’un Grand Cycliste.
      Le plus Grand est celui que nous décrit Stéphane Laporte.

    • Je l’aime bien car lui au moins il parle bien français.Il dit toujours encore une partie de hockey ou autre au lieu de ce foutu ”match” anglicisant.En plus il disait encore Toile ou Internet à la place de ce foutu ”web” qui à l’air d’une marque de gomme baloune.
      Bon rétablissement et revenez-nous aussi francophile.

    • Lors des jeux de Grenoble en 1968, la presse française avait loué la qualité de la langue de René Lecavalier et de Richard Garneau. Deux hommes qui pouvaient parler sport dans un français impeccable. Ils ont enrichi la terminologie sportive. Prompt rétablissement, Monsieur Garneau.

    • Pour Lise Payette, qui je crois, l’a élue le plus bel homme du Canada (à l’époque où nous étions Canadien et fier de l’être). Celui-ci était…La Cadillac des beaux hommes!

      P.S: À l’émission “Appelez-moi Lise”

    • Monsieur Stéphane

      Je vous trouve très humain, surtout d’avoir pensé à ce grand Monsieur Richard Garneau. Je seconde tout ce qui a été dit. Je fais part à Monsieur Richard un prompt rétablissement et qu’il compte sur mes pensées positives face à la maladie.
      Nicole Bourbonnais

    • RÉTABLIS-TOI VITE, GRAND PRINCE.

      Merci Stéphane.

      Francine Dozois, Lachine

    • Stéphane, je reviens dans l’espoir que vous aurez obtenu des nouvelles de M. Garneau. J’ignore si la famille l’interdit mais je ne vois pas le mal de faire savoir comment il va, sans entrer dans les détails. Merci d’avance de ce que vous pourrez faire éventuellement.

    • Merci Stéphane,

      C’est un bon texte qui fait appel à l’excellence: Le langage, l’esprit, l’humanisme et surtout à la finesse des propos de Monsieur Garneau et à l’élégance du discours. Ce qui manque tellement dans tous les domaines. Quand nous entendons ces humoristes et ces farces de bas niveau, à ces moqueries que l’on fait de ceux qui savent nous représenter de si belles façons comme Léo Bureau Blouin ou Alexandre Despatie et que l’on se permet de se moquer avec de basses grossièretés comme au ByeBye… Oubliant et même rabaissant ces deux personnages qui nous représentent dans ce que nous avons de beau et de bien. Cela est si triste de nous voir ainsi reduit. Je trouve que certains auteurs devraient s’inspirer de personnages tel que Monsieur Garneau pour élever un peu leur niveau d’observation pour acquérir un peu de finesse dans leur esprit et ensuite dans leur propos. Perdre un personnage qui avait une telle maturité et un tel humanisme laisse un grand vide dans toute notre société qui en a grand besoin. Donc, encore une fois merci Stéphane de nous le rappeler. Et de suggérer que des personnes qui ont atteint un tel degré de finesse nous inspirent.

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