Stéphane Laporte

Archive, août 2012

Mercredi 29 août 2012 | Mise en ligne à 9h58 | Commenter Commentaires (62)

Cet ennuyant conflit de travail de millionnaires

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Les conflits de travail ont souvent une portée sociale.

Pas celui de la LNH.

C’est une gang de millionnaires qui doivent s’entendre sur le partage du cash qu’ils font avec le monde. Avec nous.

Arrangez-vous !

Quand vous serez prêts à nous présenter votre show, on ira le voir.

D’ici là, le show des négos ne nous intéresse pas.

Personne ne nous fera pleurer.

On veut pas savoir comment le producteur de Batman a partagé le budget entre tous les artisans du film. On veut voir Batman.

Nous, on veut voir du hockey.

C’est tout.

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Lundi 27 août 2012 | Mise en ligne à 20h00 | Commenter Commentaires (34)

Photos de campagne

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La Presse Canadienne a pris LA photo de la journée, hier.

Pauline Marois sortant de chez un résident du comté de Gouin, qui s’affiche clairement pour Françoise David.

Dans Le Soleil (noir et blanc), le cliché semble être pris un peu avant celui paru dans La Presse.

Il est encore plus révélateur.

Madame Marois semble un peu secoué. Le candidat Nicolas Girard est inquiet. Ça va pas bien.

Puis un flash plus tard, Madame Marois a retrouvé son sourire.

Un peu forcé, mais quand même…

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Dimanche 26 août 2012 | Mise en ligne à 7h52 | Commenter Commentaires (31)

Un petit pas

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Il est 20H, il faut rentrer. Tous nos matchs de baseball dans la ruelle se terminent à 20H. Finis, pas finis, c’est ainsi. Un règlement émis par nos mères. Je monte l’escalier et je m’en vais prendre mon bain. Puis je me mets en pyjama. Normalement, j’irais me coucher. Pas ce soir. Ce soir, c’est Noël en juillet, l’Homme va marcher sur la lune.

Toute la famille est devant la télévision. Mon père, ma mère, mon frère de 15 ans, ma sœur de 12 ans, moi et mes 8 ans. Mon frère a installé devant lui la grosse recherche qu’il a faite sur la NASA. Il n’a pas fait ça pour l’école. Il a fait ça pour lui. Un gros dossier d’une centaine de pages à trois trous sur la conquête spatiale. Moi, j’ai apporté mon Tintin, On a marché sur la lune. Au cas, si jamais le film est moins bon que le livre. Ma sœur a préparé un punch spécialement pour la soirée avec du Ginger Ale et du jus de fruit. C’est la première fois que je bois du punch. C’est bon.

Personne ne parle. Dans le salon, il règne un silence solennel. Presque funéraire. Comme lorsqu’on regarde un funambule marcher sur un fil de fer. On retient notre souffle. On l’admire tout en craignant le pire. C’est pas comme une finale de hockey ou les Olympiques. Ce n’est pas un jeu. C’est sérieux. C’est l’évolution. La grande marche de l’Histoire qui vient d’atteindre un nouveau plateau.

On est captivé, les yeux rivés sur notre vieille Electrohome. Jamais notre téléviseur noir et blanc n’a eu l’air aussi dépassé. Il y a un tel décalage entre ce vieux meuble années 50 et les images qu’il nous montre. Comme si le monde avait progressé trop vite. La veille, on écoutait un film de Fernandel sur notre télé, et ce soir, on regarde l’homme sur la lune. L’instant d’une nuit, les habitants de la planète Terre ne sont plus en 1969, ils sont en 2001, l’odyssée de l’espace.

La porte du LEM vient de s’ouvrir. L’astronaute Armstrong en descend. J’imaginais une sortie triomphante. Comme lorsque les présidents, le pape ou les Beatles sortent d’un jet. De face, sourire aux lèvres, ils envoient la main et descendent l’escalier comme Shirley MacLaine dans une comédie musicale. Ben non ! Armstrong descend de dos. Comme on descend dans une piscine quand on a peur de l’eau. C’est pas Hollywood. C’est la réalité. Faut surtout pas tomber.

Son pied se pose au sol. Il rebondit et dit : “Un petit pas pour l’homme, un bon de géant pour l’Humanité.” Wow ! Cette phrase tout le monde va en parler. Tout le monde va la répéter, sans cesse durant tout l’été. Elle fait la une des journaux, la manchette des bulletins de nouvelles. Pour moi, c’est une révélation. Je viens de saisir le pouvoir des mots. Comment une toute petite phrase peut contenir le rêve et le travail de milliers d’humains.

Sans ces mots, on était témoin d’une grosse botte qui foulait de la poussière. Sans ces mots, ce n’était qu’un petit pas. Grâce à ces mots, c’est bond de géant.

Cette phrase de Neil Armstrong a changé ma vie. Cette phrase de Neil Armstrong m’a donné le goût d’écrire. De saisir la vie, ses joies, ses peines, ses triomphes et ses défaites avec des mots. De rendre le temps inoubliable. Pour plusieurs, l’Homme sur la lune est un exploit scientifique, pour moi, c’est un exploit littéraire.

Plus que le drapeau américain, plus que le paysage lunaire, plus que les petits sauts des astronautes, ce qui passera à l’histoire c’est : “Un petit pas pour l’homme, un bon de géant pour l’humanité.” La mémoire a besoin des mots pour classer ses images. Pour leur donner un sens.

Mon père hoche la tête en disant : “Ça s’peut-tu ?”. Il va le dire au moins trois fois durant la soirée. Sans jamais s’expliquer. On ne sait pas s’il veut dire ça s’peut-tu comme dans c’est incroyable, c’est formidable ! L’homme vient d’accomplir quelque chose de surhumain. Ou ça s’peut-tu comme dans ça s’peut-tu dépenser des millions pour mettre le pied sur un terrain vague plein de trous pendant que des enfants meurent de faim. Ou ça s’peut-tu comme dans c’est impossible, c’est une arnaque, tout ça est fabriqué en studio. Si je me fie au regard triste qui accompagne son commentaire, je pense qu’il veut dire, ça s’peut-tu qu’on en soit rendu là. Mon père se sent dépassé, autant que sa vieille télé.

Le monde vient de changer d’angle. Depuis la préhistoire, les hommes lèvent la tête pour regarder les astres. Ce soir, pour la première fois, deux hommes sur un astre, lèvent la tête pour regarder la Terre. Et du coup ce sont tous les point de vues qui changent.

C’est fini. Armstrong et Aldrin sont retournés dans le L.E.M se reposer. Dans 7 heures, ils iront rejoindre Collins dans la capsule. Sur Terre aussi, c’est l’heure d’aller se coucher. Quelle drôle de nuit ! J’ai beau avoir 8 ans, je sais déjà que je vais m’en rappeler encore dans 40 ans. Je n’ai pas sommeil. Mon frère a caché une radio sous ses draps, il continue d’écouter les reportages. Je m’étire le cou vers la fenêtre. J’essaie de trouver la lune mais je ne la vois pas. L’homme vient de la décrocher. Alors je regarde mes pieds. Un petit pas pour l’homme…

(chronique du 18 juillet 2009)

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