Stéphane Laporte

Archive, juin 2011

Samedi 25 juin 2011 | Mise en ligne à 8h18 | Commenter Commentaires (67)

Qui a tué Columbo?

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Columbo est mort. Normalement, l’épisode commencerait comme ça.

On verrait l’assassin commettre son crime, et on passerait le reste de l’émission à essayer de savoir comment le lieutenant va le piéger.

Mais pour Peter Falk, ce n’est pas le début, c’est la fin. La fin de la série.

Qui a tué Columbo? Le plus grand des meurtriers: le temps.

La série Columbo fut une petite révolution dans le monde de la télévision.

Elle mettait en vedette le premier anti-héros. Un inspecteur pas beau, petit, à l’oeil de vitre, à l’imper fripé et au volant d’une minoune. On était loin de Roger Moore dans Le Saint. Mais le charisme de Peter Falk a permis de séduire des millions d’accros aux quatre coins de la planète.

Columbo est aussi une des premières émissions qui prenaient des allures de film. Un épisode de Columbo durait 90 minutes.

J’ai passé plusieurs soirs d’été de ma pré-adolescence à regarder des Columbo à Radio-Canada, avec papa et maman. Chaque fois, dans la maison, c’était un événement. Youppi, y’a un Columbo, ce soir!

Pour toutes ces heures de petit bonheur, merci Peter Falk!

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Vendredi 24 juin 2011 | Mise en ligne à 16h00 | Commenter Commentaires (74)

1 x 5 en 2011, ce serait qui?

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J’y étais en 1975, sur la montagne, quand Vigneault, Ferland, Léveillée, Charlebois et Deschamps se sont réunis pour donner le plus mémorable des spectacles de la St-Jean. 5 monuments en même temps. 5 génies, une fois. En réalité deux fois, car ils avaient donné le même spectacle la veille à Québec.

Refaire le coup en 2011, ce serait qui?

Ce serait encore eux. Avec Léveillée sur un nuage.

Mais si on se dit qu’il faut en trouver cinq nouveaux, ce serait qui?

En excluant les groupes et les interprètes, c’est qui les 5 auteurs-compositeurs qui pourraient donner un spectacle dont on parlerait encore 40 ans plus tard?

Dubois, Rivard, Piché, Bélanger, Leloup ?

Et Desjardins, qu’est-ce qu’on en fait?

Et si on remplaçait l’un d’eux par un humoriste, ce serait qui?

Guy A. ? Huard?

Ce serait quoi le 1×5 que vous rêvez de voir, ce soir?

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Mercredi 22 juin 2011 | Mise en ligne à 23h47 | Commenter Commentaires (154)

Le Québec est (toujours) un Tanguy

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Voici pour débuter les festivités de la Saint-Jean, une chronique vieille de 5 ans, toujours d’actualité.

LE QUÉBEC EST UN TANGUY

C’est le week-end de la Fête nationale du Québec. Mais est-ce vraiment la Fête nationale du Québec? Parce qu’une fête nationale, normalement, c’est la fête d’un pays. Et le Québec n’est pas un pays. Ben non. Pas encore, disent ceux qui fêtent le plus la fête nationale du pays qui n’en est pas un encore.

Nous sommes les seuls, les Québécois, à fêter avant le temps, avant l’événement. Comme si les Français avait fêté le 14 juillet avant de prendre la Bastille. Comme si les Américains fêtaient le 4 juillet avant d’être devenus indépendants.

On appelle ça mettre la charrue devant les boeufs. Ou, en langage de 24 juin, mettre le char allégorique avant les polices. Le problème avec le fait de fêter une fête nationale avant d’avoir fait les gestes qui permettent de devenir un pays, c’est que tu n’as plus vraiment envie de les faire. On est bien. On peut agiter notre drapeau. Chanter Gens du pays. Crier que le Québec est un pays. On se croit entre nous autres. Pas besoin de faire de sacrifice. Aucune tête n’a roulé comme durant la Révolution française. Aucun soldat mort au combat comme durant la Révolution américaine. Même pas besoin d’avoir vécu les soubresauts économiques qu’entraîneraient un oui au référendum. On peut continuer à voter non et fêter notre pays le Québec à la Saint-Jean. C’est formidable!

Qu’est-ce qu’on a fait pour mériter de célébrer une fête nationale? Absolument rien! Plus québécois que ça, tu meurs! On a juste eu besoin qu’un gouvernement déclare que dorénavant le 24 juin n’est plus la fête des Canadiens français, c’est désormais la Fête nationale du Québec. Voilà. C’est tout. Pas plus compliqué que ça. Ça fait pas mal. Bien sûr, le gouvernement qui a voté cette loi est un gouvernement provincial. Donc régional. Mais ça ne fait rien. Il peut décider que c’est une fête nationale quand même. Comme il peut décider de la couleur du beurre est rose. Suffit que monde embarque. Et le monde embarque.

Je n’ai jamais compris pourquoi le PQ agit comme ça chaque fois qu’il prend le pouvoir. En faisant des gestes comme si on était déjà un pays. Au lieu de nous attiser en disant: ” Un jour, nous aurons notre Fête nationale! Un jour, nous pourrons fêter notre pays! “, ils font comme si c’était fait. Mais en agissant ainsi, ça ne se fera jamais. Le 24 juin n’est pas vraiment une fête nationale. La ville de Québec n’est pas vraiment une capitale nationale. L’Assemblée nationale n’est pas vraiment une assemblée nationale. Pas encore. Le Québec n’a aucun statut particulier. Le Québec est une province. Si vous voulez que ça change, votez oui.

Parce que la vérité, c’est que le Québec habite encore chez ses parents. Le Québec n’est pas autonome. On peut bien se faire croire qu’on est chez nous, que c’est notre télé, notre poêle, notre frigidaire, notre chambre. Mais en réalité, tout ça appartient à popa et moman. On est chez popa et moman. Notre Fête nationale, c’est le 1er juillet. Notre capitale nationale, c’est Ottawa. En se faisant croire qu’on est chez nous, on va coller là tout le temps. Comme Tanguy. Pourquoi s’en aller si on peut faire tout ce qu’on veut?

On est bien: quand on veut de l’argent, on en demande. Quand y nous en donnent pas assez, on braille. Quand ça va mal, on dit que c’est la faute du fédéral. On n’a pas besoin d’être responsables. Ça nous donne plus de temps pour fêter. Parce que c’est ça qu’on aime. On tient plus au party qu’au pays. Tant que nos parents vont nous laisser mettre la musique fort et nous coucher tard, pourquoi on serrerait notre budget pour vivre en appartement? C’est full pas rap, man!

Les Saint-Jean les plus nationalistes, les plus inspirantes ont eu lieu avant que le 24 juin devienne la Fête nationale. Quand c’était encore un combat. Un but. On sentait un mouvement. Une montée. Depuis que le 24 juin est devenu la fête du pays sans qu’on ait eu besoin de sortir de notre buisson, ça tourne en rond. Tout le monde parle comme si c’était fait, des beaux discours mythomanes. On ne crée un peuple indépendant en lui donnant tout, tout cuit dans le bec.

Que les chefs du PQ cessent de se prendre pour des présidents de la France dès qu’ils sont élus. Qu’ils vivent leur petite vie de premiers ministres provinciaux et qu’ils incitent la population à vouloir plus. On ne boit pas dans la Coupe Stanley avant le début du dernier match. On boit après. Quand on l’a gagnée.

Bien sûr, si votre pays est le Canada, tout est correct. Vous vivez dans la réalité. Et vous avez raison de fêter le 1er juillet. On célèbre l’anniversaire de la confédération. Un événement qui a eu lieu il y a 140 ans. Saint Jean-Baptiste vivait en Galilée. Il n’a pas libéré le Québec. Alors si votre pays est le Québec, il est temps de réaliser que c’est toujours un rêve. Qu’un rêve.

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