
Une autre magnifique photo de sport signée Bernard Brault.
J’arrive du match opposant les Raptors de Toronto aux Knicks de New York, présenté ce soir au Centre Bell. L’amphithéâtre était plein. Et bruyant. Un bon show.
Ce qui m’a surpris du basketball, c’est la proximité. OK, j’avais des bons billets qui me permettaientt d’avoir les 2 pieds sur la surface de jeu, de quoi se prendre pour Jack Nicholson.

Non, ce n'est pas le grand Bernard Brault qui a pris cette photo...
Mais pas besoin d’être assis sur la première rangée pour sentir cette proximité. Elle se sent de partout.
Le basketball est un sport de rue. Et ce soir, il y avait 22 000 personnes à un coin de rues pour voir des gars jouer.
Les joueurs ne sont pas masqués, rembourrés, armés, comme au hockey. Ils sont en camisole et en shorts. On voit leurs muscles, leurs yeux, leur effort. Le contact se fait.
Les spectateurs doivent parfois ramasser leur ballon quand ils l’échappent hors des limites du terrain, comme on le fait pour des jeunes qui jouent dans la ruelle. L’ambiance fait très universitaire. Des meneuses de claques, des mascottes et des concours pour lesquels on amène des spectateurs sur le court, entre deux arrêts de jeu.
Le basket, c’est cool. Personne ne semble vouloir se tuer. Le jeu est très physique mais respectueux. Ce sont de bons géants.
Vous me direz qu’il y a trop de points, le match s’est terminé 108 à 103 pour Toronto, c’est vrai. Quand c’est 10 à 4, on ne capote pas. Mais tout est dans la manière. On ne se pâme pas pour chaque panier, seulement pour ceux réussis avec le plus de génie. C’est un sport d’artistes. Les joueurs de basket font des figures comme les patineurs artistiques. Ils sont des marcheurs artistiques. Il y a bien eu ce soir une dizaine de paniers qui méritaient un dix.
Il fut un temps à Montréal où on avait le droit de rêver. Aujourd’hui, on n’ose plus. Mais ce serait quand même bien un club de la NBA sur la rue des Canadiens.