Stéphane Laporte

Archive du 13 décembre 2009

Dimanche 13 décembre 2009 | Mise en ligne à 9h10 | Commenter Commentaires (27)

Adieu Cécile…

Je travaillais avec Cécile Leduc, la victime de l’horrible drame de St-Constant. Elle était assistante à la réalisation au Banquier. Je ne la voyais pas beaucoup. Elle s’occupait surtout des Beautés. Elle en était une, elle-même. Sourire en coin, les yeux pétillants, elle était à la fois discrète et taquine. Quand on la croisait, ça faisait toujours du bien. Ça nous égayait. Aaaah Cécile, qu’on disait, tellement on était content de la saluer.

Les assistantes à la réalisation ne font pas les premières pages des journaux. Elles ne sont pas connues comme les animateurs, les comédiens. Ni même comme les auteurs, réalisateurs ou concepteurs. Pourtant leur rôle est vital dans le succès d’une émission. Avec les recherchistes, ce sont souvent celles qui travaillent le plus.

Les assistantes à la réalisation ne font pas les premières pages des journaux, à moins que quelque chose d’épouvantable ne leur arrive. Cécile a été tuée hier, chez elle. Tout laisse croire que son mari lui a tiré dessus. Avant de s’enlever la vie. C’est à la première page du journal, ce matin.

Demain, c’est le dernier enregistrement du Banquier avant les fêtes. Après l’émission, il y aura une petite réception pour les membres de l’équipe. Entre deux gorgées de mousseux, j’aurais sûrement échangé quelques blagues avec Cécile. Elle m’aurait taquiné sur mes Canadiens qui ne vont pas bien. Et tout le monde aurait ri. Et son beau Daniel, le réalisateur du Banquier, aurait dit : < Ah Cécile, qu’est-ce qu’on ferait sans toi?>.

La réponse, on la connaît. On va continuer. La vie continue tout le temps. Mais on va s’ennuyer de toi, Cécile. Tellement.

Durant le temps des fêtes, on prend le temps de dire à nos proches combien on les aime. Faudrait pas oublier de le dire aussi à ceux qui sont moins proches, les compagnons de travail, les connaissances, tous ceux qui font partie de notre quotidien, qu’on ne fait que croiser mais qui sont plus importants que l’on croit à l’équilibre de notre vie. À notre petit bonheur. N’attendons pas qu’il leur arrive quelque chose pour le constater. Pour les pleurer.

À toute la famille de Cécile, à son fils aujourd’hui orphelin, j’offre mes sympathies. Ta mère était quelqu’un de très bien. Que j’appréciais et j’aimais beaucoup, même si je ne lui ai jamais dit.

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