Stéphane Laporte

Archive, novembre 2009

Samedi 28 novembre 2009 | Mise en ligne à 16h26 | Commenter Commentaires (99)

Il était une fois un réalisateur heureux

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Gilles Carle s’est éteint. Les médias nous résument sa vie. On parle beaucoup de La vraie nature de Bernadette et de La mort d’un bucheron. À juste titre, bien sûr, mais pour moi, son plus grand film, c’est Les Plouffe. Il est dans mon top 3 de tous les films québécois confondus.

Les Plouffe est au Québec, ce que Le Parrain est aux États-Unis. C’est l’histoire d’une famille. Une famille qui n’a pas choisi le crime. Une famille qui a choisi la bonté catholique. Il y a moins de morts, mais autant de peines.

Carle réussit à nous rendre attachant chacun des personnages du film, d’Ovide à Stan Labrie, en passant par le curé Folbèche, Rita Toulouse, la mère Joséphine, Napoléon, sa belle Jeanne, Guillaume, le père Théophile, la vieille fille Cécile et son amant chauffeur d’autobus Onésime. Rarement vu au cinéma autant de destins croisés aussi sensiblement racontés. Autant de rôles aussi brillamment interprétés. Rarement vu la vie aussi simplement racontée. Tout le Québec d’avant la révolution tranquille est dans ce film. Avec ses valeurs, ses grandeurs et des petitesses.

Quand Juliette Huot crie à la fin du film: Mon Guillaume qui tue des hommes! C’est toute la foi du Québec qui vient d’être ébranlée. Les soldats québécois se battent contre Hitler. Le Québec n’est plus un enfant gentil. Le Québec est un adulte. Quand ces hommes reviendront de là-bas, ils ne verront plus le monde de la même manière. Et ils voudront changer le leur. Dans les sanglots de Juliette Huot, on comprend tout ça. Le Québec va sortir de sa coquille, tout peut lui arriver. Et tout, c’est souvent le pire.

Tout est simplement bon dans ce film. Le scénario signé Lemelin et Carle, le jeu des acteurs, la photographie, la musique de Stéphane Venne. Si vous ne l’avez pas vu encore, vous êtes chanceux, louez-le ce soir.

Il y a plein de scènes mémorables; la tirade d’Ovide Plouffe, la partie de fers, la visite de Napoléon au sanatorium… Un grand film universel.

Bien sûr, il faut saluer Gilles Carle pour l’ensemble de son oeuvre. Mais je veux le remercier spécialement pour Les Plouffe. Pour avoir aussi bien dépeint et aimé les Québécois.

Il était une fois un réalisateur heureux.

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Samedi 28 novembre 2009 | Mise en ligne à 15h36 | Commenter Commentaires (3)

Ce merveilleux mois de novembre

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Il fait beau. Pas trop froid. Les gens se promènent au centre-ville, la tête au vent, les mains à l’air. Ils commencent leur shopping du temps des fêtes, le sourire aux lèvres. Montréal se prend pour Paris. Montréal se prend pour New York. Et personne ne s’en plaint. Est-ce le vaccin qui a repoussé la vague de froid? Je ne me souviens pas d’un mois de novembre aussi lumineux. Sans gros frissons. On monte dans sa voiture, et on est bien. On en oublie d’allumer la chaufferette. Est-ce la faute du réchauffement de la planète? Espérons que non. Si oui, la fin du monde n’a pas que des désavantages.

Novembre fut le mois de la pandémie, des élections municipales, des scandales dans la construction et du 12ième rang des Canadiens, et pourtant on est tous bienheureux. La raison? Il a fait beau. Rien ne peut assombrir un ciel comme aujourd’hui. Si, quand même. Le départ d’une personne aimée. Toutes mes sympathies à la famille de Gilles Carle.

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Dimanche 22 novembre 2009 | Mise en ligne à 9h35 | Commenter Commentaires (60)

Le Canadien doit avoir un capitaine

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Jacques Martin a déclaré cette semaine, qu’il se pourrait très bien, que tout compte fait, la saison 2009-2010 se déroule sans capitaine pour le Canadien. Ben voyons! L’année dernière en Floride, l’équipe de Jacques Martin n’avait pas de capitaine non plus. C’est quoi cette politique martinesque de préférer les équipes sans capitaines? Sont-elles plus faciles à diriger?

Est-ce parce qu’aucun joueur ne mérite le C? C’est le message envoyé. Et c’est très décourageant, car on est pogné avec cette gang de joueurs pour un maudit bon bout.

Le capitaine est le lien entre les joueurs, le coach et les partisans. À Montréal, on n’en a pas besoin. À Montréal, on vit dans le passé. On met les vieux chandails,  mais on ne joue pas comme les vieilles équipes. On joue comme les Bulldogs d’Hamilton.

Cette équipe n’a pas d’identité au présent, et ce n’est pas en refusant de nommer un capitaine, qu’elle s’en trouvera une.

Au cinéma, le Canadien a un capitaine, Saku Koivu, et il gagne la Coupe Stanley. Dans la vraie vie, le Canadien n’a pas de capitaine, et il ne fera peut-être pas les séries.

Je sais, les 2 meilleurs candidats pour l’obtention du C sont blessés: Gionta et Markov. Pis? Je me souviens d’un Jean Béliveau, en béquilles, qui était allé chercher la Coupe Stanley…

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