Les analystes sérieux (trop) ont beau critiquer le débat, le mot cacophonique a beau être le mot du jour, le débat d’hier était un maudit bon débat. Un vrai débat. Avez-vous déjà discuté d’un sujet qui vous tient à coeur sans parler en même que votre interlocuteur qui pensait le contraire de vous? Ben non ! C’est ça de l’émotion. L’ère des débats plates est terminé, je ne peux pas croire que certains s’en ennuient.
2 millions de personnes ont regardé le débat! 2 millions, c’est énorme. C’était pas Star Académie ou un match du Canadien. C’était trois chefs qui discutaient. La politique est encore l’un des sports préférés des Québécois, quand il est bien joué. C’était bien meilleur que les débats américains tellement empesés. Obama, qui est un merveilleux orateur, était d’un ennui mortel quand il débattait avec McCain. C’était soporifique. Et on apprenait rien.
Hier on a eu droit à une confrontation virile mais civilisée. Etonnamment d’ailleurs, c’est Pauline qui fut la plus virile.
Et le plus naturel, celui qui jasait vraiment, celui qui récitait le moins des phrases toutes faites était Mario Dumont. La première étoile du match. Des interventions bien dosées. Il a même su reconnaître les bons coups de Charest. Dumont n’a jamais été un aussi bon chef de l’opposition, qu’hier soir.
Stéphan Bureau a fait une belle job. Laissant vivre les moments. Intervenant quand il le fallait. Sa façon cool et sympathique d’arbitrer a aidé a déconstipé l’atmosphère. Bureau est un modérateur parfait.
Il n’y a pas eu de grand perdant hier. Pas de grosse gaffe. Pas de O’Byrne. Mais aujourd’hui, Dumont et Marois doivent être plus satisfaits que Charest.
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