
J’arrive du Centre Bell. Câline de Blues, y’aurait fallu qui jousent… tout le match. Le Canadien a débuté la partie en troisième. Avant ça, c’était plate comme la palette de Red Berenson.
Mais on a eu droit à une bonne fin de match, à une prolongation et même à une fusillade.
Ce que je ne comprends pas, ce fut de voir, tout juste avant que s’arme la fusillade, au moins une douzaine de personnes, dans ma section, se lever et s’en aller !? C’est 3 à 3, on va savoir dans quelques secondes qui va gagner le match, et monsieur et madame s’en vont.
Pourquoi aller au hockey, si l’issue du match ne nous intéresse pas ? Pour avoir une chance de gagner le Bec-O-Rama de Dentyne Ice ? Pour manger des pointes de pizza ? Bien sûr, les gens quittent pour éviter les bouchons dans les stationnements, mais il y a une bonne façon d’arriver tôt à la maison : regarder le match à la télévision.
Il y a des gens au Centre Bell qui devraient donner leurs billets aux vrais fans.
MÊME MON AMI DANIEL !
J’étais en Afrique lors de la fameuse remontée du Canadien contre les Rangers. J’avais donné ma paire de billets à Daniel Rancourt (le réalisateur du Banquier). Il y est allé avec sa blonde. Quand c’était 5 à 2, ils ont décidé de retourner à la maison. Ils travaillaient tôt le lendemain. En démarrant la voiture, c’était 5 à 3. Le temps de sortir du parking, c’était 5 à 4. Arrivés à leur demeure, c’était 6 à 5. Pour nous.
Le Canadien venait de réussir la remontée du siècle. Ils furent 2000 infidèles à faire comme Dan. À manquer un rendez-vous avec l’histoire. Pas fort !
Rancourt est pourtant un maniaque de hockey. Mais il va payer pour sa turpitude. Je vais la lui rappeler pendant au moins 100 ans.
Ne jamais oublier la première règle de tous les sports : c’est pas fini avant que ce soit fini.
Quitter à 5 à 2, c’est de l’impatience. Quitter à 3 à 3, c’est ce qu’il y a de pire, c’est de l’indifférence.