Stéphane Laporte

Archive, février 2008

Lundi 18 février 2008 | Mise en ligne à 9h03 | Commenter Aucun commentaire

L’anglais pour les paresseux

Justin Trudeau a traité cette semaine les unilingues de paresseux qui se tirent dans le pied. Oh boy! Oh garçon! Pour une fois, Just One (Justin) n’insultait pas seulement les Québécois, mais tous les Canadiens, coast to coast, qui ne parlent que l’anglais ou le français, ou le latin ou le dauphin, ou le poulet.

C’est sûr que pour lui, c’est facile de dire ça. It’s easy to say ça. Son père était un francophone et sa mère était une anglophone. Il n’a jamais eu à faire d’efforts pour devenir bilingue. Dès le berceau, il entendait papa dire: Finies les folies! et mommy dire: I can’t get no satisfaction! Les deux langues officielles du plus beautiful pays au monde se téléchargeaient en lui comme par magie. Tout le monde n’a pas cette chance. Pauline Marois n’a pas eu Pierre Elliott et Margaret Trudeau comme parents. Ça paraît. It’s fesse!

On pourrait même dire que Stéphane Dion n’a pas eu Yvon Deschamps et Judy Richards comme parents non plus. Son anglais ressemble à celui d’Elvis Gratton. Est-ce dans le pied de son propre chef que Justin a tiré? Who nose? Qui nez?

Dans le but de propager les langues dans toutes les bouches canadiennes, permettez-moi de vous présenter la nouvelle méthode: L’anglais pour les paresseux. Vous me direz que ça existe déjà sous le nom de L’anglais pour les nuls. Pas si vite, my bonhomme! Un nul et un paresseux, ce n’est pas pareil. It is not the same, twit.

Prenez Kovalev. L’année dernière, c’était un paresseux. Cette année, c’est un champion. Un nul ne peut pas devenir un champion. Un nul est nul. Tandis qu’un paresseux n’est pas nul. C’est juste qu’il ne se force pas. Un nul qui se force reste nul. La preuve, George W. Bush.

Comment alors enseigner une langue à quelqu’un qui ne veut pas se forcer? En la simplifiant, tout simplement. Exemple: pourquoi apprendre le mot Yes, les Anglais disent toujours No. Le paresseux vient de se sauver 50% de la job. À moins que ce soit 51% de la job. Poigne it?

Les chiffres, maintenant. Il y a des chiffres qui ne servent pas, alors pourquoi les apprendre? Thirty-seven, c’est quand la dernière fois que vous avez dit le chiffre 37? Ça doit faire un bout. It must make a boute. C’est la même chose pour 86, 108, 415 ou 773. Au fond, il suffit de n’apprendre que les chiffres ronds: 0, 10, 20, 30, 40, 50, 60, 70, etc. Pour les hommes, ce serait peut-être aussi plaisant d’apprendre sixty-nine. Et pour les femmes, two-eighty-one.

Le verbe être: I am. C’est en masse. Pas besoin d’apprendre you are, he is, she is. Quatre-vingt-dix pour cent du temps, les gens ne parlent que d’eux. Le 10% du temps où vous avez envie de parler de quelqu’un d’autre que vous-même, faites-le en français.

Passons aux questions. How are you? Pas nécessaire d’apprendre ça. Veut-on vraiment savoir comment les autres vont? Non merci. Surtout pas quelqu’un qu’on connaît peu et qui ne parle pas la même langue que nous! De toute façon, tout le monde va toujours bien. C’est quand la dernière fois que vous avez demandé comment ça va à quelqu’un et qu’il vous a répondu ça va mal? À part votre conjointe? Personne.

Un bon raccourci pour apprendre les questions, c’est se servir des chansons. Les paresseux ont juste à se servir des tounes qu’ils connaissent déjà. Do you really want to hurt me? What’s love got to do with it? Who let the dogs out? C’est assez de questions pour tenir une conversation durant plus de 10 minutes. Bien sûr, on dirait des questions posées par un sadomaso à sa maîtresse dominatrice, mais ça peut quand même être pratique. J’espère juste pour vous que le chien n’est pas trop gros.

Le vocabulaire, c’est vraiment pas compliqué. Suffit d’apprendre un mot aux multiples usages. Je ne peux pas l’écrire ici parce que La Presse est un journal trop distingué. Mais disons qu’il commence par F. Et ce n’est pas friend. C’est l’équivalent de notre mot passe-partout à nous qui commence par C. Qui peut à la fois être un nom, comme dans: le p’tit C… Un verbe comme dans: C… moi patience! Ou un adverbe comme dans: Il est beau en C! Le mot F en anglais vous tirera d’embarras aussi aisément. F this! F that! What the F? Who give a F? Pour un C de paresseux, c’est vraiment le mot à connaître.

Le F et le C sont d’ailleurs tellement utilisés par les anglophones et les francophones qu’on pourrait croire que la plupart des gens apprennent les langues en utilisant la méthode pour les paresseux.

Que voulez-vous, comme disait quelqu’un qui parlait aussi mal les deux langues du Canada?! Nous vivons dans un monde de paresseux. Qu’ils soient unilingues, bilingues ou trilingues. Le plus grand effort est souvent de se taire. Ça prend pas la tête à Papineau pour comprendre ça! It’s not take the Papineau head to catch it!

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Samedi 16 février 2008 | Mise en ligne à 1h40 | Commenter Aucun commentaire

Il faut venir en Afrique pour comprendre la musique

Céline Dion débute sa tournée mondiale en Afrique, le continent du rythme. C’est ici que sont nés, à l’état sauvage, le blues, la soul, le rock. Et même le dance, la techno et le disco. Toutes ces musiques qui vous percutent le corps et le cœur.

Et c’est en musique, que l’Afrique a accueilli Céline. Avec le Soweto Gospel Choir, la chorale de la plus pauvre banlieue de Johannesburg. Mais on n’est pas pauvre quand on a la musique. Lors de la conférence de presse, les jeunes ont ému la diva.

En lui chantant les chants des esclaves. Tous ces Africains qui perdirent leur identité, leur appartenance à cause des Blancs, tous ces Africains qu’on avait réduits à rien, tous ces Africains brisés avaient trouvé une façon de rester libres quand même, de rester grands quand même, ils chantaient dans les champs. Ils chantaient en cueillant le coton ou en brisant la pierre, les chaînes aux pieds. Et soudain, plus personne n’avait d’emprise sur eux. Et soudain, ils retrouvaient leurs dignités. Un homme qui chante est un homme libre. La musique c’est la liberté.

Hier la chorale Gospel de Soweto a chanté avec Céline Dion Love can move mountain lors du souper bénéfice de la fondation Nelson Mandela au Coca-Cola Dome de Johannesburg. Ils étaient déchaînés. La chanson de Céline prenait tout son sens. L’amour déplace les montagnes.

Le matin, Céline, René et leur famille ont rencontré le plus grand déplaceur de montagnes de l’Afrique du Sud : Nelson Mandela. Celui qui a mis fin à la soumission. Ils en sont ressortis inspirés.

Quelle bonne idée de commencer ici une tournée de pop star. Ça donne une humanité et une humilité à cette gigantesque machine.

Afrique rime avec musique. Il faut venir en Afrique pour comprendre la musique. La musique, c’est de la souffrance transformée en beauté.

(PS: Avec une équipe de Productions J, nous avons la chance de réaliser un documentaire sur cette formidable course autour du monde qu’entreprend Céline Dion.)

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Avez-vous regardé les Grammy Awards, hier soir ? Un beau party. Où se côtoyaient tous les genres de musique. Ils faisaient même plus que se côtoyer, ils s’amusaient ensemble. C’était beau à voir. Pas de clique. Juste de la musique.

Pourquoi, ce n’est pas comme ça à l’ADISQ ? Pourquoi a-t-on l’impression que tous les artistes qui sont là, n’y sont que pour leurs propres intérêts ? On se mélange juste entre gens de la même gang.

Beyoncé qui chante Proud Mary avec Tina Turner, ça c’est vouloir faire tripper le monde. Elle n’est pas venue chanter son dernier single. Elle est venue jamer avec la Queen. Les artistes des Grammy veulent nous faire vivre de grands moments. Plus que de ploguer leur disque.

C’est ça un gala. Une fête de la musique. Les grands moments de l’ADISQ sont souvent les blagues de l’animateur. C’est bien mais c’est pas assez.

Que Vigneault chante avec Mes Aïeux, que Pierre Lapointe chante avec Éric Lapointe, que Leloup chante avec Charlebois, que Céline chante avec Dufresne.

On sent aux Grammy le profond respect de la nouvelle génération pour celle qui l’a précédée. C’est ce qu’il faudrait sentir à l’ADISQ aussi.

En France aussi, pour une simple émission de variété, les artistes chantent plein de tounes avec plein de monde. Pas juste les leurs.

Ce qu’il faut comprendre, c’est plus qu’un artiste nous fait tripper, plus on va acheter ses CD.

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