
photo Bernard Brault
Tous les ans, ça m’agace. Et ça fait longtemps que ça dure. Le prestigieux gala de l’ADISQ se termine toujours en poutte, poutte, poutte ! Le président des Rôtisseries St-Hubert vient remettre en compagnie d’une jolie chanteuse le Félix de l’interprète féminine de l’année. Pourquoi ?
Oui, je sais, c’est le commanditaire. Pis !? C’est pas une raison ! Aux Etats-Unis, paradis du capitalisme et des commanditaires, avez-vous déjà vu l’Oscar McDonald ou le Grammy Wal-Mart ? Jamais. Avez-vous déjà vu la madame de chez Wal-Mart remettre un Grammy à Peter Gabriel ou à Barbra Streisand ? Jamais ! Pourquoi, nous, on va jusque là ?
Un commanditaire présente le spectacle. Un commanditaire ne doit pas ÊTRE le spectacle.

photo Bernard Brault
On a beau faire le plus beau des galas, avec des performances de la crème de nos artistes, avec une animation débridée et intelligente, avec une mise-en-scène imaginative, avec un hommage émouvant, on finit ça comme une remise de prix paroissiale. Le monsieur riche du village va venir donner ses sous. L’ADISQ est une Académie, bon sang ! Ce sont les plus illustres membres de cette Académie qui doivent venir récompenser leurs pairs. Gilles Vigneault, Monique Leyrac, Charlebois, Renée Claude, oui. Pas Monsieur Léger. Je n’ai rien contre lui, c’est sûrement un grand mécène. Mais la grandeur d’un mécène, c’est savoir donner tout en restant discret.

photo Bernard Brault
Un sketch sur St-Hubert joué par l’animateur dans le gala, me semble que c’est ben en masse. Pas besoin d’en rajouter. Au moins les gens de Lise Watier ont laissé des artistes remettre le Félix de l’interprète masculin de l’année. Bien sûr, on aurait pu se passer de la séance de poudrette, mais au moins l’honneur était sauf.
Un peu de classe ! En mémoire de Félix. Et on va manger plus de poulet, promis.
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