Stéphane Laporte

Archive, juin 2007

Dimanche 24 juin 2007 | Mise en ligne à 18h41 | Commenter Aucun commentaire

Montréal est une ville dangereuse

C’est arrivé ce soir, à 20 heures 45. Un de mes amis marchait sur la rue Amherst, entre Sainte-Catherine et De Maisonneuve. Un gars l’a abordé : «Pourquoi tu me suis ?». Mon ami a répondu : «J’te suis pas…».

Deux autres gars se sont ajoutés :
«- Donne-nous ton argent !
- J’ai pas d’argent…
- Donne-nous tes lunettes !
- Lâchez-moi, m’a vous casser la gueule !»
Ils sont partis. Mon chum a eu peur. Il a joué le tough, mais quand on se retrouve un contre trois, c’est jamais agréable. Il n’était pas minuit. Le soleil était à peine couché. C’est fou.

Je sais, ça ne fera pas la première page du Journal de Montréal. Il ne s’est rien passé. C’est juste que les rues ne sont plus ce qu’elles étaient. Il y a pire que les nids-de-poule, il y a les nids de coqs, les nids de voyous. Ça se sent que Montréal n’est plus la ville paisible d’antan.
Il y a deux semaines, le frère d’une de mes amies s’est fait taxer sur la rue Laurier. La très chic rue Laurier. Ils lui ont foutu une raclée et piqué sa montre. Rien de grave. Mais assez pour casser le party.

Il y a les gros crimes qui font les manchettes, mais il y a aussi tous ces harcèlements qui deviennent de plus en plus fréquents, toute cette tension qui devient de plus en plus palpable.
Il faudrait peut-être faire quelque chose, avant que la peur s’installe en chacun de nous. Avant que la peur prenne le contrôle de Montréal.

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Vendredi 22 juin 2007 | Mise en ligne à 18h07 | Commenter Aucun commentaire

Adieu monsieur et madame le professeur !

C’est cette semaine qu’étudiants et profs se séparent. Et c’est sûrement la plus joyeuse des séparations. D’un côté comme de l’autre, on est content ! Libéré.

Pourtant, le dernier cours de l’année est souvent émouvant. Pourtant, le dernier cours de l’année est souvent le meilleur. Comme si profs et étudiants se découvraient enfin. Comme si on mettait fin au jeu de rôles et qu’on se parlait pour vrai. Pourquoi cette humanisation des relations profs-étudiants n’arrive pas plus tôt ? Toutes ces classes impersonnelles deviendraient la société des poètes disparus. Drôlement plus stimulantes.

Les profs dans notre société sont souvent critiqués. On trouve qu’ils ont une belle job. Deux mois de vacances par année. C’est vrai que leur job est belle. Pas parce qu’elle est facile. Au contraire. Donner le goût d’apprendre à 30 têtes à claques en puissance, c’est pas évident. Mais c’est beau. Et combien important !

En cette dernière semaine de cours dans les écoles du Québec, je voudrais dire à tous les bons profs, merci. Merci d’être là. Et à tous les mauvais profs, allez donc ailleurs. Cette job là est trop importante pour ne pas être faite avec le cœur.

Alors, comment s’est passé votre dernier cours ?

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Jeudi 21 juin 2007 | Mise en ligne à 16h07 | Commenter Aucun commentaire

Aimer la vie comme lui

Des vedettes de l’ère disco au Québec, il n’y en a pas eu beaucoup. Pendant qu’aux Etats-Unis, Donna Summer les Bee Gees, les Jackson 5, Earth Wind & Fire mettaient en feu les planchers de danse, ici au Québec, il n’y avait pas beaucoup d’artistes pour nous faire danser dans notre langue.

Il y avait Nanette, Toulouse et Boule Noire. Surtout Boule Noire. C’était lui le fabricant de hits. Aimer d’amour, Aimes-tu la vie ?, Emmène-moi loin de la ville, des tounes qui donnaient envie de groover. Sans lui, toute une époque de la musique pop aurait été unilingue.

Certains diront que la musique disco était aussi kitsch que les boules miroirs. Ben voyons. Pourquoi faut-il toujours que la musique qui rend heureux soit snobée ? Pouvons-nous écouter Superfreak de Rick James et trouver ça bon. Point. Parce que ce l’est.

Avec sa coupe afro, ses pantalons larges et ses grosses lunettes fumées, Boule Noire détonnait entre Pierre Flynn et Jim Corcoran, mais le riff d’Aimer d’amour est un bon rift qui nous restera en tête durant des années encore. La musique, c’est pas juste fait pour s’ouvrir les veines. Ça peut-être fait pour s’amuser aussi. Comme une journée de beau temps.

Grâce à Boule Noire, on pourra dire que les Québécois savaient danser. Pas juste des danses carrées.

L’annonce de sa mort ce matin a été un choc. Pourtant il en avait tellement parlé. Justement. Il en parlait avec tellement de candeur qu’on avait l’impression que ça ne lui arriverait pas. En tout cas, pas tout de suite. Il avait l’air trop bien dans sa peau, trop bien en dedans de lui, pour croire qu’en dedans de lui, justement, le mal le rongeait.

Boule Noire ne s’est pas caché pour mourir. Il a vécu à fond chaque seconde qu’il lui restait de vie.

Et la prochaine fois qu’on l’entendra chanter Aimes-tu la vie comme moi ?, il nous faudra être très heureux pour être capable de répondre oui. Il nous faudra être très en paix avec nous-même.

La vie vient de perdre un de ses meilleurs chums.

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