
photo Bernard Brault
Si Évangeline est devenue la chanson de l’année 2006, c’est avant tout grâce à Julie Snyder. Julie est la plus grande amoureuse d’Évangeline sur la planète. Cette chanson-là, la fait pleurer immanquablement.
Julie le bulldozer devient Julie au cœur tendre dès les premiers accords. Le classique acadien de l’auteur-compositeur Michel Conte, la rejoint dans toute sa vulnérabilité.

photo Bernard Brault
Déjà lors du spectacle de Star Académie, en 2003, elle avait eu le flash que Wilfred l’interprète en duo avec Marie-Élaine. Puis après avoir vu Annie Blanchard la chanter avec tant d’émotions aux auditions pour la cuvée 2006, une chose était certaine pour Julie, c’était cette chanson qu’Annie allait défendre sur l’album. Parole de Snyder !

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Bill St-George, le producteur exécutif de l’album, Antoine Sicotte, le réalisateur et moi, le directeur artistique, n’étions pas, il faut l’avouer, très enthousiastes. On avait bien apprécié l’audition d’Annie, mais on trouvait la toune un peu longue. 5 minutes 39 secondes. On était certain que ça ne tournerait jamais à la radio. Pauvre nous, avec nos cœurs d’hommes insensibles !
Notre défi, c’était comment la faire ? Cette chanson existe depuis plus de 30 ans. Et plusieurs interprètes l’ont marquée dont Isabelle Pierre et Marie-Jo Thério. Comment la revisiter ? J’ai eu l’idée qu’Antoine la réalise comme une musique de film. Puisque le génie de cette chanson est de raconter une histoire d’amour sur fond de drame historique. Comme une vue. C’est le Titanic acadien. My heart will go on. Le cœur d’Évangeline ne cessant de battre, envers et contre tous, pour son beau Gabriel. Malgré les Anglais, malgré la déportation, malgré la distance et le temps.

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Antoine Sicotte et son complice Carol Bergeron se sont surpassés, arrangeant la chanson de façon magistrale. Toutes les sonorités trouvées nous font défiler l’histoire comme si elle se passait sous nos… oreilles. De la grande réalisation.
Puis Annie Blanchard est entrée en studio. Et la magie a opéré. Comme elle possédait bien la chanson, elle a été la première à enregistrer sa pièce, dès son arrivée à l’Académie de Ste-Adèle. Une prise et c’était en boîte. Annie chante cette chanson avec la douceur et l’humilité d’Évangeline. Cette toune est dans ses gênes. Elle a même réussi à faire craquer nos cœurs de gars, nos cœurs de rockers.

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Et le public a fait le reste. C’est le monde qui a insisté pour qu’elle passe à la radio. C’est le monde qui en a fait un numéro un. Et c’est le monde qui en fait la chanson de l’année à l’ADISQ.
Ce que les femmes peuvent faire quand elles aiment.
Bravo à Michel Conte ! C’est à lui que revient tout cet amour.
Le grand retour triomphal d’Évangéline, c’est la victoire des Annie, Julie et de tous ceux et de toutes celles qui, encore en 2006, rêvent en secret au grand amour.
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